#Tsipras a parlé : le peuple plutôt que les créanciers #OXI

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De cette crise grecque, on retiendra dans tous les cas une évidence indiscutable : cet incroyable exercice de propagande éhontée, de manipulation mentale des masses laborieuses, auquel se sont livrés à la fois les personnalités politiques européennes et les médias main stream. De toute ma vie, je n’ai jamais vu un tel déluge d’informations contradictoires et d’hypothèses toutes plus farfelues les unes que les autres… Appel à la démission de Tsipras, négociations secrètes sur un plan d’aide avec la Russie, référendum illégal et donc probablement supprimé… La plupart des discours et des propos étaient empreints d’une telle idéologie libérale dominante (pourtant à bout de course et donc chacun(e) peut voir les limites), si suffisante, si sûre de son bon droit,  si méprisante envers la Grèce, quand ce n’est pas purement et simplement raciste, que je n’en croyais pas mes yeux et mes oreilles.  Du pur aveuglement idéologique dans son jus. Tous les moyens sont bons pour soumettre les grecs,  et faire taire le premier d’entre eux, en le faisant si possible passer pour un fou ou un incompétent. Moi, j’admire franchement ce gars là, qui placé dans une telle situation continue de garder son sang froid, reste droit dans ses bottes, et défend les intérêts du peuple grec jusqu’au bout du bout, ce pour quoi il a été élu rappelons le, bec et ongles. Bravo. Un exemple pour tous les dirigeants européens, et notamment pour le nôtre qui, à rebours de ses promesses (« mon adversaire, c’est la finance »… Mouarfff !) ,  s’est couché et s’est soumis aux diktats d’eurocrates non élus, est -il utile de le souligner. Et des gens de surcroit qui ne brillent pas par leur profonde moralité, notamment Juncker et son luxleaks dont il se sort si incroyablement bien… sans la moindre sanction ! Des nombreuses réactions politiques, il me suffira d’en signaler quelques unes pour illustrer le degré de crédibilité de tous ces gens… Tout d’abord, ce journal, Star Press, en version grecque, signalé par  ‏(et dire qu’il cherche du boulot…), qui n’a pas hésité à truquer une image pour dramatiser le sort des grecs afin de stigmatiser le méchant Tsipras qui les fait inutilement souffrir…

CaptureEnsuite, cette déclaration péremptoire de Sarkozy qui prétend que la Grèce est sortie de la zone euro (raté, Pinocchio !) , ou celle du grotesque Hollande qui somme la Grèce d’accepter un accord (« l’accord, c’est tout de suite !), et perçoit le référendum comme un oui ou un non à la sortie de la zone euro, alors qu’il n’en a jamais été question dans l’esprit de Tsipras, qui a toujours été très clair sur le sujet. Et enfin, la pieuse explication de notre brave ministre de l’économie  reprenant médiocrement des bruits de couloir bruxellois à propos de la responsabilité de la rupture des négociations, imputée selon lui non pas au FMI, mais à certains pays ayant bénéficié de son aide, et qui pourraient donc y voir ombrage, comme le Brésil ou l’Argentine… Le Monde Diplomatique nous révèle que c’est simplement un mensonge.

Aussi, comme beaucoup, j’attendais avec impatience la déclaration du premier ministre grec, que plusieurs médias nous annonçaient comme imminente depuis… plus de 2 heures. Heureusement que le ridicule ne tue pas, beaucoup de pseudo-journalistes seraient déjà morts aujourd’hui, tant ils se sont pris les pieds dans le tapis… Ce qu’il y a à retenir d’essentiel, le même olivier Drot nous le livre en quelques tweets :

Capture1 Capture2Capture3 Capture4 Capture5 Capture6Capture7 J’en connais plus d’un(e) qui après ce discours, qui confirme donc le maintien du référendum, qui ont l’air vraiment très très cons… Feraient mieux de tourner 7 fois leur langue dans leur bouche avant de déblatérer pour annoncer un tel ramassis de bêtises qui ne se produiront pas. Cela en dit long sur le niveau de notre presse et son degré d’exigence, ainsi que de la pluralité d’opinions qui y règne… Minable. La réalité est bien cruelle pour les gens dont je parle.

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Post-scriptum : et dire que j’ai failli passer à côté de ce petit bijou, qui illustre pourtant si finement mon propos sur une certaine propagande idéologique….

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4 réflexions sur “#Tsipras a parlé : le peuple plutôt que les créanciers #OXI

  1. « Ces derniers jours et ces dernières heures on a enregistré un déluge d’ingérences grossières dans le processus démocratique du référendum, proclamé pour la première fois en 41 ans depuis la fin de la dictature des colonels, à l’instigation du Premier ministre, puis sur proposition du gouvernement et décision du Parlement.

    Les représentants d’hier, les co-responsables de la destruction du pays et du peuple, et leurs partenaires nationaux et étrangers, ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour empêcher l’expression de la volonté populaire. Pour empêcher ou annuler le référendum.

    Et maintenant, puisqu’ils ont échoué dans cette tentative, ils font tout ce qu’ils peuvent pour en modifier le résultat, rendre floue et dénaturer la question très claire, en adressant au peuple un nouveau chantage :

    Que soi-disant, si les citoyens disent « non », nous devrons quitter l’Union Européenne ou la zone euro

    Que s’ils disent « non », il n’y aura aucune nouvelle négociation

    Que si ils disent « non », cela signifiera qu’ils « ne veulent pas d’aide ».

    Certains, chefs d’État mais aussi représentants de la Commission et d’autres institutions et organismes, n’hésitent pas à interférer grossièrement dans les affaires internes du pays et à suggérer au peuple ce qu’il doit voter au référendum, en modifiant la vraie question.

    Ce qui est important c’est non seulement ce qu’ils disent, mais qui le dit.

    Le disent les représentants des gouvernements qui se sont alliés aux gouvernements qui ont détruit le pays et ont fait des échanges avec eux.

    Le disent les représentants d’organisations internationales qui ont participé à des programmes catastrophiques qui ont décomposé la société et causé d’ indicibles malheurs.

    Le disent des dignitaires, qui ont admis s’être trompés dans le cas de la Grèce, encore et encore.

    Mais le disent aussi les représentants du système politique corrompu des anciens partis, de la corruption et des combines, ceux qui ont créé une dette illégale, honteuse et insoutenable et qui veulent la mettre sur le dos du peuple, de la jeunesse et des générations futures, sans rendre de comptes.

    Le oui ne signifie pas oui à l’Europe.

    Il signifie oui à l’ultimatum adressé par la Troïka au gouvernement grec.

    Le oui signifie oui aux mémorandums, à la soumission et à la servitude.

    Oui à des diminutions supplémentaires des salaires et des retraites,

    Oui au chômage et à la précarité de l’emploi,

    Il signifie oui à l’abandon de la souveraineté et de la démocratie, au bradage des biens publics, à de lourds impôts sans fin.

    Il signifie aussi oui à la dégradation de la Grèce de pays membre à part égale de l’UE en pays paria et en colonie de la dette.

    Le non signifie non aux tactiques et pratiques antidémocratiques

    Non aux chantages anti-européens et aux ultimatums

    Non aux blocages artificiels

    Non à l’asphyxie du peuple, avec les banques fermées

    Non à l’asservissement d’États-membres par d’autres États-membres

    Non à la soumission économique et politique.

    Le Gouvernement s’est redressé. Il n’a pas cédé, il n’a pas capitulé en trahissant la confiance des citoyens.

    Le Parlement en 2015 a été à sa hauteur. Il n’a pas fait loi d’État les mesures qui ont condamné de nombreuses générations à un esclavage mémorandaire.

    Pour la première fois le peuple peut réellement décider de son avenir. Pour la première fois il peut repousser lui-même, par son vote, le dernier chantage. Pour la première fois, le peuple peut lever la tête et avec son vote, avec le non, secouer le joug des mémorandums.

    Qu’il vote et se batte pour sa dignité et son avenir.

    Et qu’il défende le seul gouvernement qui lui a fait confiance et lui a rendu le pouvoir qui lui appartient et qu’il défende le Parlement qu’il a lui-même élu et qui lui a rendu le pouvoir qu’il en tire et exerce en sa faveur.

    Qu’il ne permette pas le renversement du gouvernement par ceux qui, depuis des mois élaborent des scénarios de déstabilisation et de détournement, pour remettre le pays et le peuple aux forces de la corruption, des combines et de la tromperie, qui ont tirer profit des mémorandums sur le dos de la société.

    Et qu’il envoie le message retentissant et optimiste aussi aux autres peuples d’Europe, que la démocratie est l’affaire des hommes et des peuples, non des banques, des banquiers et des marchés.

    Les « non » du peuple grec ont, dans l’Histoire, rendus fiers non seulement les Grecs, mais l’humanité toute entière.

    Un tel « non » rendra fières les générations futures et défendra la véritable âme de l’Europe, qui ne se base pas sur des ultimatums et des chantages, mais sur une coexistence égalitaire, la démocratie et la solidarité. »

    Zoé Konstantopoulou, présidente du Parlement Grec, le 1er juillet 2015.

    http://www.bastamag.net/Un-non-rendra-fieres-les-generations-futures-et-defendra-la-veritable-ame-de-l

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