Malik Oussekine : ni oubli, ni pardon #Pasqua

CaptureBien sûr, on n’est jamais aussi grand que mort. Mais la fin de la présence de ce malfrat dans le paysage politique français ne pouvait me laisser de glace. Son ombre malfaisante a en effet plané sur 50 ans de mon existence… Et depuis l’éveil de ma conscience politique, cet homme était  l’ennemi. Car pour moi, Pasqua, c’est surtout l’homme du SAC, une officine criminelle dont il a été l’un des fondateurs, sorte de police secrète au service du parti gaulliste et du pouvoir de droite, qui regroupait à la fois non seulement des militants gaullistes inconditionnels, mais également d’ anciens policiers, gendarmes ou militaires, mêlés à des truands de la pègre de l’époque, dont des criminels notoires, qui avait pour spécialité de casser de l’arabe et du gauchiste.  Cette sympathique association a commis d’innombrables actions violentes, allant jusqu’au meurtre. La liste de ses exactions est si longue qu’elle alourdirait considérablement ce billet. Pour les plus curieux, allez donc voir la fiche wikipédia. Hallucinant. Cette association (de malfaiteurs) assurait en outre le service d’ordre et la surveillance du parti gaulliste, l’ancêtre de l’UMP (et donc du parti dit « Les républicains »..), le RPR, par le biais « d’individus aux franges du renseignement, du banditisme et de l’extrême droite (voire des trois), utilisés pour des « coups » peu recommandables« .

Pasqua, c’est aussi l’homme aux multiples condamnations : condamné à une année de prison avec sursis dans l’affaire de la Sofremi, et condamné à 18 mois de prison avec sursis dans Affaire du casino d’Annemasse, pour « faux, financement illégal de campagne et abus de confiance ». il a  été impliqué également à divers titres dans l’ Affaire Pétrole contre nourriture (volet français), l’Affaire de la Fondation Hamon, l’ Affaire des ventes d’armes à l’Angola, et enfin, l’ Affaire Robert Boulin.

Dans le cadre de l’affaire de la fondation Hamon, le tribunal correctionnel de Versailles a condamné, le 21 janvier 2013, Charles Pasqua à deux ans de prison avec sursis, à une amende de 150 000 euros et à deux ans d’inéligibilité. Un jugement qui n’a pu être définitif, puisque Charles Pasqua est décédé avant que la décision en appel ne soit rendue…

Pasqua, c’est aussi pour moi, encore et surtout aussi, enfin, ce ministre de l’intérieur responsable de la mort de Malik Oussekine, en 1986, et celui qui a craché sur son cadavre innocent. précisons le contexte. Fin 1986, étudiants et lycéens ¹ manifestent en masse contre le projet Devaquet. Voici les faits, seulement les faits :

En arrivant dans le Quartier latin, les voltigeurs prennent en chasse les jeunes présumés « casseurs » qu’ils croisent. À minuit, Malik Oussekine sort d’un club de jazz. Des voltigeurs le remarquent et se lancent à sa poursuite. Malik Oussekine tente de s’enfuir. Il croise un homme qui rentre chez lui. Celui-ci, fonctionnaire des finances, laisse l’étudiant entrer dans le hall de son immeuble, mais les policiers entrent à leur tour. Selon le fonctionnaire des finances, seul témoin des faits, les voltigeurs « se sont précipités sur le type réfugié au fond et l’ont frappé avec une violence incroyable. Il est tombé, ils ont continué à frapper à coups de matraque et de pieds dans le ventre et dans le dos »5.

Le SAMU, arrivé sur place peu de temps après, apporte les premiers soins à Malik Oussekine et le transporte en réanimation aux urgences chirurgie à l’hôpital Cochin, où il est déclaré officiellement décédé à 3h20. Mais il était déjà bel et bien mort dans le hall de l’immeuble comme le révèle le rapport du médecin régulateur du SAMU, le jeune homme ayant été malgré tout transporté à l’hôpital pour éviter tout incident6. Selon les médecins, l’étudiant souffrait d’insuffisance rénale qui induisait une certaine faiblesse physique7.

Le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et le ministre délégué chargé de la Sécurité Robert Pandraud suscitent alors une controverse en ne condamnant pas l’action de la police. Dans un entretien au journal Le Monde, Robert Pandraud déclare : « si j’avais un fils sous dialyse je l’empêcherais de faire le con dans la nuit. […] Ce n’était pas le héros des étudiants français qu’on a dit »8. Réaction de l’extrême droite : « Des Français comme les Oussekine, on peut s’en passer […]. On se souvient de la mort du petit casseur gauchiste nommé Malik Oussekine. Malgré son état de santé lamentable, il n’avait pas hésité à attaquer en pleine nuit les forces de police chargées du maintien de l’ordre » (extrait du journal du Front national varois, 20 janvier 1988).

A quelques mois près, Malik avait le même âge que moi. 22 ans au moment des faits… Mais moi, j’ai survécu. Et je ne laisserai jamais personne dire ou écrire que Pasqua était un homme admirable. C’était l’homme de la convergence et de la confusion d’intérêts entre le milieu du grand banditisme, des petites frappes, de la droite traditionnelle, dure, et de l’extrême droite, avec laquelle il a tenté plusieurs rapprochements politiques pendant sa (trop longue) carrière. Et c’est aussi, ne l’oublions pas, celui qui a formé… Sarkozy.  Et la boucle de la filiation malfaisante est bouclée…  CQFD.

¹  » On les taxait de  » bof génération « . On a même écrit d’eux qu’ils étaient atteints de  » sida mental «  (Louis Pauwels, dans le Figaro).   » Ils n’ont pas vingt ans, et on dirait des vieux.  » Oui, mais nous sommes en 1986. Et la bof génération se réveille, au mois de novembre. Dans toute la France, lycéens et étudiants descendent dans la rue. La droite est au pouvoir. C’est l’époque des lois Pasqua et de la loi Devaquet, que la jeunesse va réussir à remiser au placard. » (source)

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4 réflexions sur “Malik Oussekine : ni oubli, ni pardon #Pasqua

  1. je suis désolé, Ludovic, mais ton commentaire est contraire à la charte d’utilisation de ce blog. Les appels à la violence sont un délit.

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  2. Quand je pense à tous ces hypocrites qui ont salué la mémoire de ce salaud de Pasqua et pleuré sa disparition !!
    Ce mec, c’était le chantre de la mafia républicaine. Balkany et Sarkozy sont ses enfants spirituels.
    Je n’ai aucune peine en ce jour et je salue au contraire cet article à la mémoire de Malik qui a trouvé la mort à une époque où, déjà, la droite commençait à être gangrenée par l’idéologie de la haine.

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  3. Je titrerais : MORT D’UN POURRI :
    J’ai toujours été en colère contre Pasqua depuiss l’assassinat de Malik Oussékine, mes proppos n’était pas un appel à la violence mais un constat, c’est vrai qu’il s’est tiré en douce mais ceux de sa génération comme Pandreau (peut-être déjà mort lui) toute cette vague de jeunes de l’époque gaulienne vont vers des âges canoniques et un cezrtain nombre ont un pied dans la

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  4. Je disais qu’un certain nombre des contemporains de Pasqua son octo voire nonagénaire et la majorité ont un pied dans la tombe et l’autre sur une savonette… Ces gens-là s’en vont, bon vent mais comme il est dit que souvent que l’élève dépasse le maître, nous l’avons constaté avec les Sarkozy, Balkani, Copé, Hotefeux, Pécresse, Morano, NKM…..Le combat idéologique contre ceux qui se font appelés républicains et qui ne font que la salire autant que le Front National.
    Le combat de la vrai Gauche encore appelée Gauche de Combat sont contre le FN, la droite gauliste et la droite libérale… nous connaissons nos ennemis idéologiques aussi il faudra y rajouter ceux qui ont trahis les classes populaires, appauvri les classes moyennes; ceux qui se disent socialistes et qui ne le sont pas et quelque soit les cas, toutes les combines qui seront dévoilées montrées au grand jour comme tout ce qui été abrité sous le secrêt-défense.

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