Valls lâche un gros paquet, bien libéral. #ToutPourlEmploi

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Voir cette déclaration d’intention ce matin en écrivant mon précédent billet m’a presque laissé croire un instant  qu’on allait enfin assister à un événement historique. Serait-ce enfin le jour du grand soir tant attendu par ces millions de français qui espèrent (ou plus…) trouver de la lumière au bout de leur tunnel ? Que nenni ! Au lieu de cela, rien qu’un paquet de mesurettes ridicules, absolument pas à la hauteur de l’enjeu important qu’est la nécessité de lutter contre la massification du chômage. Pire, ce gouvernement donne de nouveau, comme invariablement depuis 2012, l’impression insupportable qu’il est davantage l’ami des entreprises que le soutien des salariés. Trois de ces mesures notamment cristallisent l’attention de l’observateur. Tout d’abord, l’employeur se voit offrir la possibilité de proposer 3 CDD consécutifs au lieu de deux actuellement. (renouvellement de CDD deux fois au lieu d’une seule). Ce qui vient à renforcer la précarisation de l’emploi, gardant en outre  à l’esprit le fait que plus de 80 % des emplois se font actuellement en CDD. De plus, j’ai pu observer sur les réseaux sociaux à quel point cette mesure a été particulièrement raillée car de nombreux jeunes (et pas que) sont les innocentes victimes de plusieurs dizaines de CDD consécutifs, dans l’illégalité la plus complète. L’etat lui-même est particulièrement concerné. C’est en outre un pas de plus dans l’entreprise libéérale d’émiettement du code du travail.  Ensuite, la prime  de 4.000 euros créée pour l’embauche d’un 1er salarié n’a rien de révolutionnaire. C‘est le genre de mesures qui réapparaissent régulièrement de gouvernement en gouvernement, sans effets significatifs sur l’emploi, si ce n’est ce que l’on nomme précisément un effet d’aubaine, à juste titre. Enfin, le fait que les indemnités aux prud’hommes pour licenciement abusif vont être plafonnées pour les PME m’apparait comme un scandale et une honte pour un gouvernement socialiste. Comment justifier dans un état de droit, si la justice de ce pays est libre, qu’on déconnecte le préjudice subi par le salarié de la responsabilité de l’employeur, en le protégeant davantage qu’on ne protège le salarié ? Cela contribuera donc à  banaliser les licenciements abusifs. Et pendant ce temps là, on ne voit guère plafonner les rémunérations abusives des chefs d’entreprise… Deux poids, deux mesures. Le sentiment d’injustice sociale se voit de nouveau renforcé. Et ça se dit socialiste…