ces salauds d’enfants de pauvres qui tirent l’enseignement vers le bas

CapturePendant que les belles âmes ergotent sur la réforme du collège en se lamentant de l’éventuelle disparition du grec et du latin (et autres billevesées d’une droite de plus en plus folle), des enfants dans notre pays dit civilisé  vivent dans des conditions d’existence d’une telle précarité que l’enseignement devient particulièrement secondaire en regard de la simple satisfaction de leurs besoins fondamentaux. J’avais déjà entendu ce genre d’histoires de la part d’enseignants autour de moi, mais il a fallu paradoxalement que ce soit un journal de droite réac (aurait-il donc une âme ?), le Figaro, qui officialise cette misérable actualité. Il nous apprend également l’existence d’un rapport  sur la «grande pauvreté et réussite scolaire» publié ce mardi. Il s’agit d’ une enquête menée dans dix académies par Jean-Paul Delahaye, l’ancien directeur général de l’enseignement scolaire. Extraits choisis :

Des enfants sans chaussettes et parfois sans chaussures

«pour un enfant, une matinée le ventre vide jusqu’à 12h30, c’est long et cela peut compromettre l’investissement de l’élève dans son travail scolaire ; malgré le coût des repas réduits, pour certaines familles, c’est encore trop, les enfants ne mangent pas à la cantine mais ne mangent pas correctement chez eux»

«des enfants ont faim et l’expriment spontanément ou se manifestent par des vols réguliers de goûters. Certains énoncent spontanément le fait de ne pas avoir déjeuné le matin. »

« Dans une cité scolaire de Metz, les impayés de cantine se montent à 15 000 euros pour plusieurs dizaines de familles et le nombre, dit un proviseur, a triplé en 10 ans. Les enseignants d’une école de la Somme en éducation prioritaire remarquent que «les régimes «mono-aliment» sont souvent révélateurs d’un grand état de pauvreté. »

« certains élèves prennent beaucoup de pain à la cantine le vendredi, afin de faire des réserves pour le week-end ». «des repas copieux avec féculents sont servis le lundi car beaucoup d’élèves ne prennent pas de repas structuré le week-end et le jeudi car l’existence d’un forfait 4 jours fait que certains élèves n’ont pas de repas structuré du mardi midi au jeudi midi. Les rations servies ces jours sont importantes et il n’y a guère de restes».

« Actuellement certains de nos élèves vivent dans des squats sans eau, sans électricité ; une autre partie de la population vit dans des logements insalubres. La destruction du foyer Sonacotra et l’arrivée massive dans des squats de familles non francophones nous a fait perdre certains élèves issus d’une immigration traditionnelle remplacée par une immigration clandestine et l’arrivée d’immigrés issus de pays européens en crise».

Dans une ville de Seine-Saint-Denis, les enseignants observent comme indices de pauvreté: «les adresses communes à plusieurs familles, les factures de cantine, l’absence de papiers, des difficultés à se tenir aux horaires de rentrée. On trouve des situations irrégulières (squat de marchands de sommeil, sous location, locaux insalubres…).

Dans un collège de Thionville, «plusieurs familles qui sont originaires d’un même pays résident à la même adresse,jusqu’à 22 personnes dans un F2».

Des témoignages qui nous amènent à cette question plus prosaïque que les préoccupations politiciennes d’une droite perdue pour l’humanité, et d’une pseudo-gauche de plus en plus éloignée de ce genre de réalités populaires  : « Comment un enfant peut-il bien apprendre à l’école quand il est hébergé à l’hôtel avec 6 personnes de sa famille dans une pièce de 15m2? […] dans 21 % des cas, il n’est pas possible de cuisiner ni dans les parties privatives ni dans les parties collectives de l’hébergement. Quelque 41 % de ces enfants doivent partager le même lit qu’un de leur parent.

Et l’on voudrait que je sois fier d’être français ? Que je respecte encore une telle classe politique ? Que je soutienne un gouvernement prétendûment socialiste qui se montre si impuissant voire défaillant devant une misère d’autant plus insupportable qu’elle touche des enfants ?

je doute fort en outre que les préconisations de l’auteur de ce rapport, aussi louables soient-elles, ne constituent rien de plus qu’un cataplasme sur une jambe de bois. La crise est là, et seuls nos politiques ne le savent pas. Et continuent de professer qu’il n’y a pas d’austérité en France…