Loi Big Brother : fustigeons comme il se doit l’hypothèse bidon de Daniel Schneidermann #LPJRenseignement

CaptureDans un article un peu (beaucoup) creux publié ce matin, ledit fondateur d’@si tente de nous expliquer, à propos de la Loi renseignement,  « pourquoi Big Brother ne fait pas (vraiment) peur« … Inutile de vous dire que je suis resté sur ma faim, et que ma frustration devait trouver une réponse par ce genre de billets spontanés (et volontiers emportés, je le reconnais)  dont j’ai le secret… Le pédant aurait en effet fort bien pu s’en passer tant il a déçu ma curiosité. Tenez vous bien, la réponse, inutile de faire durer le suspense pour si peu est celle-ci :

Avançons une hypothèse : la peur de l’Etat, en ce début de XXIe siècle, est une valeur en baisse. Sur fond de mondialisation et de maxi-évasion fiscale, c’est plutôt une demande d’Etat qui monte. D’Etat protecteur des emplois (Alcatel-Nokia), d’Etat arbitre entre les communautés et les communautarismes belligènes, d’Etat surveillant, aussi, contre la menace djihadiste aussi bien que contre l’impunité, fiscale par exemple, des géants du Net.

Ce n’est qu’une hypothèse.

Une hypothèse à la con, et je vais vous le démontrer. Tout d’abord, ce qui m’a fait bouillir les sangs, c’est qu’il faut vraiment avoir une bien piètre opinion de la populace pour énoncer de pareilles sottises. Ils n’auraient donc pas compris, ces cancrelats, alors qu’ils ne cessent tous de râler (surtout en ce moment !) sur le montant des ponctions diverses et variées que subissent leurs (souvent maigres) revenus, que plus d’Etat, c’est plus d’impôts et taxes en tous genres. C’est ça, Daniel, prends les pour des imbéciles. Ensuite, à moins que la fraction libérale, si visible et volontiers médiatisée de ce pays ne fasse pas partie des français, il me semble que l’air ambiant n’est certainement pas à plus d’Etat si j’en juge par le résultat des dernières élections où la droite (et l’extrême-droite, qui l’est tout autant, malgré la vitrine) est sortie gagnante. Et on ne peut pas dire que ce soit là leur orientation politique, bien au contraire, ce n’est pas le Medef et les fauxcialistes qui me contrediront. En outre, comme il est écrit dans cet article, il y a fort à parier que les acteurs du numérique risquent d’avoir bien plus de poids sur le sujet, comme un précédent mouvement des pigeons l’a clairement prouvé, que l’avis des français « moyens ». Ce n’est pas le comportement du gouvernement sur la loi Macron qui me contredira, puisqu’on s’est clairement passé de l’avis de leurs représentants sur la question. Et l’on s ‘étonne de l’abstention… Enfin, l’hypothèse bien plus probable est peut-être (mais je ne voudrais pas faire injure à l’intelligence supérieure de Monsieur Schneidermann) que les français, dans leur grande majorité, sont totalement désabusés face aux errements d’un pouvoir quel qu’il soit qui les ignore si superbement. Qui brille tant par son absence de solutions aux problèmes majeurs de notre époque. Qui est le dernier à se rendre compte de l’ampleur du déficit démocratique en France. Que les français ont d’autres préoccupations, comme leur emploi, ou plutôt la fin de leur chômage.pour une part de plus en plus importante à laquelle on ne donne pas franchement d’espoir et d’alternatives… hormis un contrôle accru confinant là aussi au flicage généralisé. Sans parler de cette moitié de la population, côté sombre de la force populaire, qui ne s’exprime jamais dans le cadre des consultations dites démocratiques. Il n’est pas certain que cette partie là adhère franchement aux analyses brillantes de Monsieur le fondateur d’@si. Car plutôt que de le lire, elle préfère probablement aller à la pêche, cultiver son jardin, où se rendre sur internet pour consulter des médias quelque peu plus alternatifs et éclairants qu’@si, à présent déserté. L’absence de culture politique de Monsieur Schneiderman  ne lui fait manifestement guère prendre conscience que quand on parle d’Etat, on parle de politique… Et je le prouve, au vu des prolongements inattendus de son hypothèse idiote sur mon écran d’ordinateur. Désolé pour la longueur du billet, fallait que je vide mon sac.