#feminisme : encore Bouvet, cette fois en son trouble d’insécurité sexuelle.

CaptureQuand des hommes se mettent à réfléchir et à dénoncer l’injustice systémique que les femmes subissent depuis des millénaires, ils déclenchent généralement la colère d’autres hommes qui ne supportent pas d’être ainsi trahis (Patrick Jean)

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Après avoir écrit tout le mal que je pensais de ses concepts d’autant plus fumeux qu’ils sont indéfinis, contraires à nos valeurs de gauche, et de surcroit volontiers réutilisés par l’extrême droite et une certaine autre  « gauche » minoritaire à dominante vallsienne, me voilà contraint d’y revenir encore, sur le Bouvet. Ce gauchiste  de droite, ce branleur de pseudo-concepts, ce surfeur sur la vague du zemmourisme ambiant… Ce commercial des idées, qui ne répugne jamais devant aucune provocation, qu’aucune compromission avec les idées de l’en nemi politique ne révulse… Il vient de pondre une autre déjection de la pensée (dans un journal de droite qui plus est) qui,  au sens de beaucoup dans ma famille politique, se révèle typiquement réactionnaire. Esprit militant oblige, il me fallait donc y répondre. C’est ce billet de Patrick Jean, partie intégrante d’un échange avec d’autres sur twitter qui, attirant par hasard mon attention, m y’ a fortement incité. Ce dernier,  militant féministe et pour l’égalité des droits,  ce que je respecte éminemment, m’est  apparu d’emblée éminemment sympathique, et comme je fonctionne au feeling, et que Monsieur Bouvet a commis l’erreur liminaire impardonnable de me prendre pour une merde dès notre premier rapport,  je prends parti, comme à mon habitude : en taillant dans le vif.  je laisse à d’aucuns le pouvoir du jugement impérieux et volontiers moralisateur,  supérieur, dont un certain Romain Pigenel qui a cru bon de me cantonner à d’avantage de mesure (mais de quel droit ?) quant à ce qu’il qualifie pour sa part d’attaques ad hominem,  et que je définirai quant à moi, connaissant mieux l’histoire de nos relations avec le promoteur d’un mouvement prétendûment populaire,  de réponse du berger à la bergère… A moins que ce ne soit l’inverse.  je n’ai pas quant à moi pas de problème avec ma féminité… Monsieur Bouvet ne se gêne pas pour inonder celui qui se risque à le contrarier, comme je l’ai fait, à mon détriment, de sa condescendance, d’ailleurs assez visible ici :

«La célèbre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été votée en 1789 par des députés qui étaient tous des hommes, et au seul bénéfice des hommes: elle ne s’appliquait ni aux femmes ni aux esclaves». Zéromacho adapte l’image et le texte à la mixité afin de promouvoir l’égalité des droits. Que cela vous inspire-t-il?

D’abord un sourire… puis très vite, tout de même, qu’il est décidément étrange de prétendre promouvoir l’égalité des droits en changeant les termes d’un texte fondateur de deux siècles d’histoire contemporaine, partie intégrante de notre bloc de constitutionnalité qui plus est.

Là, déjà, on signe l’instant réac, de sa patte la plus pataude. Cela me fait penser à tous ceux qui justifient  leur attachement à la tradition (parmi les plus nationalistes dont je me flatte de ne pas être ) par le fait de chanter » ce sang impur qui abreuve nos sillons« …  Tout ce à quoi je répugne, mon sens critique n’étant pas fort heureusement éteint par cette flamme là. Tout un programme d’un racisme sans nom. Sans parler du mépris sous-jacent de l’auteur un peu trop sûr de lui. Chacun sait en effet que le combat dont il s’agit, le féminisme, n’a pas du tout été réglé par cette tradition qu’il invoque, qui n’a rien de supérieure malgré les progrès sociétaux certains qu’elle a introduit. Ne s ‘est elle pas montrée depuis  éminemment perfectible, au regard de l’obtention des droits qui ont suivi ?  Exercice d’une profession sans l’autorisation du mari., suppression de la notion de « salaire féminin », vote des femmes, divorce, droit à ‘l’avortement, etc etc etc

Outre le ridicule et la naïveté presque touchante dont témoigne une telle démarche, il y a, derrière une telle initiative, l’idée très répandue aujourd’hui chez certains militants politiques et associatifs, que l’on ne peut lutter contre les inégalités et contre les discriminations qu’en mettant en avant les identités «minorées» ou «dominées» dans l’espace public.

Comme je l’écrivais à mes interlocuteurs sur twitter, voilà qui m’apparait comme un argument bien étrange… Mais néanmoins constitutif de la logique à l’œuvre dans son livre sur l’insécurité culturelle. Entendre minorer une part de la population qui représente tout de même, excusez moi du peu, 54 % des français,  en l’occurrence françaises, voilà qui n’est pas très rationnel, comme démarche… Les femmes, une minorité ? Peux mieux faire.

La critique de l’universalisme républicain s’est développée ces quarante dernières années autour de l’idée qu’il ne serait qu’une construction voulue par une partie seulement de la population (blanche, masculine, hétérosexuelle…) afin de «dominer» les autres.

Prétendre nier la réalité contextuelle et historique de l’époque qui a vu naître la déclaration des droits de l’Homme, qui ne s’appelle ainsi qu’en France exclusivement, alors que partout ailleurs on préfère évoquer le concept de droits humains pour ne pas établir une réelle discrimination, voilà un autre marque d’une certaine forme de machisme qui ne s’avoue pas. Ridicule dites vous ? Voilà qui ressemble fort au combat d’arrière garde d’une certaine masculinité qui se sent en difficulté, et qui tente de braver l’interdit dans l’hémicycle, montant sur ses ergots ridicules, à ses risques et périls…  Attitude typiquement sexiste s’il en est.  Mais continuons… De la suite, je ne fournirai pas d’extrait plus ample, qui alourdirait inutilement le billet. Ce n’est quidéalisation d’une époque voltairienne, des lumières, dont on connait historiquement les travers, que notre auguste auteur s’obstine à nier, en qualifiant de surcroît ceux qui à juste tire tentent de faire évoluer utilement les mentalités, de révisionnisme historique… Ils osent tout, c’est à ça qu’on les reconnait.  j’ai appris avec l’expérience qu’il était assez remarquable de constater que nos adversaires idéologiques nous affublaient assez souvent de leurs propres travers, dans une forme de projection mentale… Car enfin, penser que le droit des femmes était déjà présent à l’instant de la rédaction de la déclaration des droits de l’Homme (et non de la Femme, quand bien même il y aurait un H majuscule qui n’excuse rien), ne serait-ce pas là, pour répondre à l’envoyeur, du révisionnisme historique en effet ? Dire qu’il n’y aurait aucunement matière à changer la formulation de cette référence constitutionnelle, et à en faire le toilettage,  comme a tenté de le faire le blog zéro macho avec sa Déclaration des droits humains des citoyennes et des citoyens, ne serait pas de l’autoritarisme stalinien et du refus de débat caractérisé ? Pour ma part, tenter d’établir un pontage intéressant entre le texte d’Olympe de Gouges et celui plus traditionnel que nous connaissons , voilà qui ne me semble pas prêter à la moquerie. Et je prends donc ombrage des ricanements de hyène de ce directeur de l’Observatoire de la vie politique à la Fondation Jean-Jaurès qui n’a pas l’heur d’apprécier la contradiction, pour la deuxième fois qu’il me le démontre factuellement. Qu’il aille au diable en lequel je ne crois pas. C’est à dire dans sa vacuité.

Post-scriptum : cette nuit, on a parlé à mon petit doigt qui m’a retransmis à l’instant cette anecdote selon laquelle un certain Laurent Bouvet, jeune cadre socialiste, se plaignait de la parité imposée, déjà… Ce Monsieur serait donc allergique depuis fort longtemps aux droits des femmes, ce ne serait pas les effets de l’âge ?

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