le Front de Gauche n’existe plus et personne ne m’aurait rien dit ? #dep2015

CaptureLe site l’Important, duquel est tiré la capture d’écran qui illustre ce billet, a cru bon d ‘instrumentaliser ma voix par la mise en relief,  aujourd’hui, de mon billet d’hier à propos de Pierre Laurent, sans savoir que je n’étais ni au PG, ni au PCF, mais à Ensemble. Et donc non représentatif de la totalité du spectre gauchiste, qui déborde d’ailleurs le front de gauche. Une subtilité qui nécessitait de savoir de quoi on parle, ce qui n’est manifestement pas le cas de l’animateur de ce site, qui a cru bon par là-même de prendre un lieu commun du journalisme de salon (c’est à dire  d’essence néo-libérale)  pour sa réalité. Avant de prendre une voix militante isolée comme la mienne pour le reflet de tout un mouvement, on se renseigne, ça lui apprendra. Dans ce dernier billet, Pierre Laurent s’exprimait dans Mots croisés au nom du front de gauche, d’où ma colère. De quel droit ? Qui l’a mandaté ? Voilà qui constitue l’exemple type et le genre de positions fâcheuses qui nous dessert, puisque dans cette émission le secrétaire général du PCF défendait une position qui n’était pas celle du front de gauche, mais de son parti, comme cela arrive malheureusement trop souvent. L’un des points fondamentaux de mon analyse personnelle sur la situation actuelle du Front de Gauche s’en trouve d’autant plus renforcée, hélas. Elle a consisté jusqu’à présent à simplement  déplorer le manque d’organisation et d’unité qui fragilise et décrédibilise notre mouvement,  à travers le simple exemple du problème que posent nos porte-parole. En effet, cela m’apparait comme un gros handicap de ne voir exister aucune prise de position publique collective forte et unifiée, qui soit validée par les représentants de l’ensemble des structures politiques qui le composent. Définir une orientation commune, quel que soit le sujet, me semble en effet un impératif de cohérence minimale pour la pérennité du front de gauche et sa crédibilité. Pourtant, et je m’adresse en particulier à ceux qui doutaient encore de la validité de mon analyse et ont préféré m’agresser ou m’insulter que de tenter de comprendre ma logique, ces départementales viennent encore tristement illustrer ce constat objectif. C’est le bordel chez nous, et je suis le premier à le regretter.  Après ce premier tour des élections départementales, je suis ainsi vraiment déçu de constater la totale incohérence qui règne en nos rangs en matière de stratégie à adopter lors du second tour, notamment face au front national. je ne tiens pas là à affirmer que telle ou telle position est la meilleure et à la défendre, mon opinion personnelle n’a pas à entrer en ligne de compte dans ce propos. Ceci d’autant plus que je ne suis personnellement pas concerné puisque sur ma circo, il s ‘agit d’une liste commune PS, front de gauche, EELV, radicaux de gauche, qui a failli l’emporter de peu dès le premier tour, donc… Mais voir définie une position collective en haut lieu m’aurait semblé fort utile, pour tous. Or, je constate que les consignes de vote en la matière, si tant est que l’on puisse les distinguer clairement (j’ai essayé, en vain…)  diffèrent significativement, et cela m’apparait dommageable à notre visibilité commune. Le PCF et la GU appelleraient à se joindre au PS pour battre la droite et le FN (d’où mon coup de gueule d’hier, car on ne peut pas rejoindre aujourd’hui ce que l’on a détesté hier, mais cela est caractéristique de la schizophrénie habituelle du PCF depuis longtemps), le PG et Ensemble ne donneraient pas de consigne de vote, laissant chaque citoyen avec sa conscience, d’après ce que j’ai cru comprendre. Mais cela diffère significativement en fonction des enjeux locaux et de la nature des qualifiés pour le second tour localement.  J’ai ainsi vu le front de gauche je ne sais plus où en France appeler à voter blanc… Autrement dit, c’est le bordel. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Faut que ça change. J’aurais à titre personnel pu concevoir qu’il y ait eu une consigne commune  consistant à ne pas donner de consigne, pourquoi pas. Mais qu’on le dise !  Que les « états-majors » le fassent savoir, et portent une voix unique, plutôt que de voir tel ou tel représentant auto-proclamé du FDG tirer la couverture à lui, en laissant croire que ce serait la position de tous  les partis de notre mouvement, ce qui m’insupporte au plus haut point. Me répondre à cela que je serais d’un anti-communisme primaire patenté ne correspond ni à la réalité, ni  à ma pensée, ni à mes préoccupations ou à mes desseins. C’est juste une excuse facile pour se planquer la tête sous le sable. Pareil pour ceux qui laissent à penser afin de me décrédibiliser que je serais un traître à la (vraie) gauche parce que je ne soutiens pas Mélenchon. Yen a marre de ces querelles de clocher ridicules, sans aucune correspondance avec la gravité des enjeux et de la situation de notre société qui appellent à une autre hauteur de vue.  Je suis front de gauchiste, militant des causes environnementales, soutenant le M6R, et antifasciste, point barre.  Aussi, face à une telle Bérézina politique, qualificatif non usurpé au vu de nos maigres résultats du premier tour malgré l’écran de fumée constitué par les petites tricheries du ministère de l’intérieur, je pose et repose, encore,  et encore, la question : le front de gauche existe-t-il toujours oui ou non ? Si non, qu’on me le dise, et j’arrêterai de me battre et d’user sang et eau pour des cacahuètes… Car pour l’instant, la situation de ma famille politique m’apparait bien confuse. Cochon qui s’en dédit. N’attendons pas 2017 pour crever l’abcès, et choisir une ligne plus claire, et efficace. J’attends…