la ligne de fracture du parfait petit gauchiste

images3A mes yeux, la totalité de ce que l’on a coutume de nommer « la gauche » n’est pas un continent mythique aux frontières immuablement prédéfinies  par je ne sais quel créateur de l’univers de manière immuable. Nous le voyons bien aujourd’hui, ce continent politique là est parcouru par de puissantes secousses, et une ligne de fracture est en train d’y apparaître depuis quelques années,  de plus en plus béante, de plus en plus visible, de plus en plus médiatisée depuis l’épisode des frondeurs, qui n’est à mon sens qu’un épiphénomène, une faible secousse de bien négligeable intensité sismique sur l’échelle de Marx/Jaurès. D’un côté, ceux qui s ‘accommodent fort bien d’un capitalisme financier prédateur, qui ne respecte aucune autre loi (sociale, morale, environnementale, juridique, fiscale…) que son seul profit, et les autres, qui se préoccupent bien davantage de l’intérêt de leurs concitoyens, de défense de l’environnement, de lutte contre les discriminations, de santé publique, et de combats contre la pauvreté, la précarité, les injustices de tous ordres dont d’autres s’accommodent plus volontiers qu’eux.  Le type de libéralisme particulier qui sous-tend les tenants du camp Hollande, et dans une encore bien pire mesure Valls et son petit copain Macron constitue la matière toxique qui provoque cette ligne de fracture, qui traverse tout le PS, EELV, et dans une moindre mesure le Front de Gauche, certains de ces éléments étant encore dans une logique de pactiser avec l’adversaire politique pour des raisons de stratégie électorale, et donc de profits personnels, matériels ou honorifiques à court terme. C’est de moins en moins vrai, les vieux dinosaures communistes orthodoxes disparaissant, comme on peut le constater à l’occasion de ces élections départementales 2015, où un nombre sans précédent de listes sont  composées de différentes personnes provenant de différents partis et mouvements de la gauche d’opposition, toutes tendances politiques confondues. Et j’aime ça. ça me plait. Aussi, quand je vois apparaître ici et là de temps à autre une petite tête plus ou moins sympathique de cette vieille manière de faire de la politique, des (toujours bien, avez-vous remarqué ?)  Placé, de Rugy, Hue ou Pompili, je souris. Tous ces gens qui ne se préoccupent aucunement de convictions (qu’elles soient écologistes ou authentiquement communistes)  mais davantage de faire carrière, et donc de plaire à une certaine majorité pourtant si minoritaire dans les consciences, mais pourtant hélas bien présente aux postes clés de par son parisianisme égo-centré. Ce ne sont que d’inconscients témoins d’un passé politique appelé à s’estomper, des scories qui bientôt disparaitront dans le mouvement d’affaissement de leur bien fragile péninsule, destinée à s’enfoncer dans leur océan de platitude et de confort. Ils ne veulent, eux, surtout rien changer. Mais nous sommes les 99 %.