le journalisme politique français malade du #FN

trombinoscope

source : BFNTV

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#trombinoscope (re) : les journalistes punis par là où ils ont pêché…

je vous ai déjà évoqué l’affaire mardi, et le scandale qu’il y avait pour notre république à distinguer un élu FN, aux convictions anti-républicaines. Mais si j’y reviens, c’est tout d’abord pour réparer un oubli. Ce que je ne vous ai pas dit alors, c’est comment Steeve Briois a été désigné « élu local de l’année ». Et comme certains de mes lecteurs m’ont questionné sur le sujet, je leur devais cette réponse.  Le palmarès annuel du Trombinoscope est établi par un jury de sept « journalistes politiques expérimentés » présidé par Arlette Chabot. A la faveur de ce que j’ai pu lire ici et là, je n’en connais que quelques uns (en plus de la présidente bien sûr)  :  Bruno Dive, éditorialiste à Sud-Ouest,  Gilles Leclerc, de Public Sénat, qui a été chargé de remettre ce prix (ce qu’il a fait du bout des lèvres..), et Laurent Joffrin, qui dit avoir été absent lors de la réunion du jury… Voilà qui tombe bien.  Ce sont donc ces journalistes là qui ont décidé d’honorer un élu du FN. On comprend mieux dès lors comment l’entreprise de banalisation des médias envers ce parti (ce que nous dénonçons depuis des années) s’opère peu à peu, renoncement après renoncement, banalisation après banalisation.. Une belle reconnaissance qui a d’ailleurs surpris jusqu’au FN, qui n’en demandait pas tant… Cependant, depuis, la présidente dudit  jury a un peu de mal à assumer ses responsabilités dans l’histoire. Et donc, comme cet élu, David Noël, membre du PCF de la cité minière, je m’interroge :  « Le jury du Trombinoscope était-il en état d’ébriété ? ».

Mais ce qui est encore plus intéressant dans l’histoire (beaucoup n’auraient jamais entendu parler de ce trombinoscope sans  cela, il convient d’en relativiser l’importance. Surtout quand on sait qu’ils ont eu e nez fin d’honorer en 2011…. Jérôme Cahuzac !), c’est l’attitude du FN lors de la cérémonie à l’Hôtel de Lassay, que nous décrit Daniel Schneidermann, le fondateur d’@rrêt sur images, dans cet article :

Fendant la petite foule qui se presse sous les lambris, Marion Maréchal-Le Pen se précipite vers Gilles Leclerc. « Vous avez été vraiment minable. On va vous avoir. Et quand ça va arriver, ça va vraiment vous faire mal. Des fois on a un petit coup de mou, mais quand on a ça, on est vraiment motivés. Vraiment », lance la députée FN au président de Public Sénat. Et Gilbert Collard, au même Leclerc : « Fallait mettre un préservatif pour venir. »

 Une députée d’une (autrefois ?) république se permet donc de menacer directement, devant des caméras, un journaliste de télévision officielle, et personne n’y trouverait rien à redire ? On devrait trouver ce parti normal ? Ses agissements conformes à l’idée que nous nous faisons des valeurs républicaines ? Le président (UMP) du Sénat,  Gérard Larcher, a ensuite beau jeu de dénoncer  le boycott par Claude Bartolone, de cette remise de prix (pour cause de « non-pactisation » avec l’ennemi, rappelons-le, ce que non seulement j’approuve, mais applaudis), alors qu’il en est lui-même l’un des récipiendaires… comme meilleur sénateur de l’année. Et après, ce bon Monsieur va s’émouvoir d’une émission qui, diffusée hier soir, pourrait fort bien, selon lui, nourrir l’anti-parlementarismeIl le fait très bien tout seul, avec de tels comportements pas vraiment vierges de tout reproche. On eu aimé qu’il s’indigne davantage de l’attitude et des menaces du FN, sur lesquels on ne l’a pas beaucoup entendu… On a les indignations qu’on mérite. La 6ème république se fera sans vous.