Encore un sondage à la con pour manipuler l’opinion #Odoxa

sondagesPour ceux qui me lisent attentivement et depuis longtemps, vous savez ce que je pense des sondages : le plus grand mal. A mon sens, ils sont nuisibles à la qualité et à l’efficacité de la vie politique (on a bien vu leur niveau d’efficience en 2002), ils contribuent à fausser les débats, et ils polluent l’espace médiatique  par leur profusion et leur inutilité générale. De plus, leur méthodologie – quand on se penche de plus près que la seule prétendue vérité indubitable, unique et universelle,  de leurs titres racoleurs – est loin d’être indiscutable… Ainsi, ce matin, j’ai failli m’étrangler en lisant que les français souhaiteraient en majorité passer leur réveillon du nouvel an avec… Sarkozy et Le Pen. Pour peu, si j’avais foncé tête baissée comme un taureau vers la muleta, j’aurais pu en déduire que les français sont vraiment des abrutis finis à l’urine de chacal… et titrer ce billet d’un rageur « les français sont des imbéciles » conforme à ma réputation de gros con de gauche.  Mais le hasard a voulu qu’un utilisateur de twitter balance dans mon fil de discussion ce lien vers un billet de Bembelly, à propos d’un institut de sondage  dont la déontologie laissait à désirer : Odoxa. Il se trouve que c’est le même qui a réalisé l’enquête incriminée, qui  a failli me faire vomir mon pain au chocolat… Et comme dans le sujet étudié par mon cher confrère, en effet, il y a de quoi être méfiant. Car on sait ce qu’il convient de penser de la fiabilité des sondages internet : elle est quasi nulle, selon les spécialistes des enquêtes d’opinion. Ce qui n’empêchera pas Le Parisien, iTélé et bien d’autres suivistes de faire leurs choux gras du jour avec cette pitoyable supercherie, dont on jurerait qu’elle a été spécialement fabriquée pour conditionner les esprits à se préparer au pire… Mais pour ma part, je n’y suis pas résolu. 2017 est encore loin, et tous les dés ne sont pas encore jetés. De plus, c’est sans compter sur les réactions spontanées des électeurs, et leur niveau d’exaspération et de volonté de changement. Ce qu’ils veulent surtout, c’est changer de personnel politique. Ils en ont marre des affaires, et de ces professionnels qui les représentent si peu. Donc moi je dis :  Vivement la 6ème !

post-scriptum : la co-directrice de cet institut de sondage s’est donnée la peine de me répondre en personne à ce sujet sur twitter, c’est dire à quel point elle s’est sentie visée !

CaptureBien essayé… Sauf que. Voilà quoi… désolé, petite madame de casser votre petite affaire… qui ne connait pas la crise !

P.S. 2 … et comme vous n’êtes pas obligés de me croire sur parole, peut-être ferez-vous davantage confiance à

Alexandre Dézé (Maître de conférences en science politique à l’Université Montpellier 1); qui nous fait part de ses nombreuses réserves sur ce sondage, qui rejoignent les miennes, dans Le Monde.