journalisme debout ou démocratie couchée ? Un choix de société…

journalisme-censure-L-_GnJFvProfondément convaincu qu’un journalisme de qualité devrait être au cœur de l’idéal démocratique tant il a un rôle important à jouer, surtout dans le contexte actuel, je ne pouvais qu’être interpellé par ces deux publications. La première, c’est celle du SNJ, sous la forme d’une lettre en date du 10 novembre 2014 au Président de la République. Elle demande une chose pourtant simple :

Les journalistes et leurs organisations syndicales sont mécontents; ils sont en attente depuis des mois de la nouvelle loi sur la protection des sources des journalistes, une des promesses du candidat François Hollande lors de sa campagne électorale. Un projet, élaboré après plusieurs mois de travail avec les professionnels afin de compléter les dispositions de la loi votée sous le quinquennat précédent,  demeure enfoui sur une étagère de l’Assemblée nationale.
Le courrier insiste également sur d’autres points qui viennent affaiblir la qualité du journalisme français, comme celui, sur lequel il convient d’être particulièrement vigilant, du  pluralisme de la presse :
La question vaut d’être posée car aujourd’hui rien n’a été fait pour sérieusement réformer le système des aides à la presse afin de garantir et préserver le pluralisme
Et c’est là où intervient ma deuxième source : le Monde Diplomatique, sous la plume (ou le clavier ?) de Serge Halimi qui évoque le scandale (c’en est un en effet) des aides à la presse, et de leurs critères pour le moins douteux :
Fin 2013, les chiffres publiés par le ministère de la culture et de la communication ont signalé que le magazine Closer avait, l’année précédente, reçu une aide publique trois fois supérieure à celle du Monde diplomatique.
L’injustice parut sans doute insoutenable puisque l’année suivante, tandis que Closer progressait de trois places… Le Monde diplomatique disparut du classement
La question a été posée dans l’hémicycle le 27 mai dernier par « le député socialiste d’Ille-et-Vilaine Marcel Rougemont, qui s’est étonné que Closer ait reçu « une aide publique en 2012 d’un montant de 558 619 euros, contre seulement 188 339 euros pour Le Monde diplomatique  ». Et il a estimé qu’il convenait d’« interroger la cohérence d’une telle disparité ». Enfin, il a relevé que « la situation semble s’être aggravée puisque Le Monde diplomatique a tout simplement disparu du tableau des deux cents titres les plus aidés selon les chiffres 2013 publiés en avril 2014. Ce constat renforce la nécessité d’une véritable réforme des aides à la presse, aujourd’hui trop dispersées. Les aides publiques doivent servir, selon la volonté du législateur, à soutenir les publications concourant au débat public ».
Je vous invite à lire la totalité de cet article qui comporte la réponse de la ministre de la culture d’alors, bien prudente cela va de soi, et la logique totalement absurde à l’œuvre dans ce domaine  qui va à l’encontre du journalisme que nous souhaitons puisque plus un journal a de lecteurs, moins il a de contenu et plus il a de publicité, plus il est aidé par le contribuable, ce qui est profondément insupportable. Mais la connivence, voire la promiscuité si ce n’est la grande perméabilité entre les journalistes et la politique est telle, au vu de tous, dans notre pays, que je doute fortement que nos dirigeants prennent un jour le taureau par les cornes… Trop d’intérêts financiers sont en jeux, auquel ce gouvernement plus qu’un autre encore ne souhaite manifestement pas se confronter, ayant manifestement choisi la règle du zéro emmerdement (et même là, c’est raté) plutôt que celle de l’intérêt collectif, qui pour être préservé nécessite un peu plus de courage. Et encore je suis gentil. C’est la journée…
Tant que ce système de journalisme, prétendument d « information »,  nécrosé par les intérêts financiers privés perdurera, nous ne serons pas en démocratie. Point barre.