Contre les murs

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A contre-temps de ces blogueurs du dimanche qui ont décidé comme ça, seuls dans leur coin, de faire de cette journée un temps sacré  (ça tombe mal : je suis athée) de la blogosphère en ne publiant que des billets légers, voire récréatifs, je vais m’atteler quant à moi à un thème plus lourd, en béton armé. Non par pure méchanceté ou misanthropie (je suis gentil, et j’aime les gens, contrairement aux apparences que l’on peut donner ici, pur rôle de composition), mais parce que le sujet que je viens de trouver sur Big browser m’a tout simplement donné envie d’écrire. Parlons des murs. Non de ceux là, généralement bien gentils, qui vous emmitouflent l’hiver en vous protégeant de la morsure du froid, ou ailleurs de celle du soleil, mais de ceux qui vous privent de la liberté d’aller et venir dans ce beau et vaste monde qui ne demande qu’à être visité, contemplé, admiré, et parcouru de toutes parts. MAIS. Et oui, il y en a souvent un, chez moi… Début de la pensée critique oblige. Il semble qu’il n’y avait pas assez de frontières naturelles, de barrières infranchissables, d’étendues d’eau suffisamment profondes pour noyer les impudents qui tenteraient de les franchir sur des embarcations de fortune… Il a fallu que la pire race qui soit sur terre, la plus carnassière, la plus malfaisante, la plus sournoise et la plus inventive lorsqu’il s’agit de nuire à son prochain, se mette à inventer d’autres obstacles à notre soif de liberté : les murs. Que dis-je…  Des murailles ! Que notre civilisation dite moderne soit la plus prompte à en ériger un peu partout dans le monde en dit long sur notre degré d’évolution mentale… Comme cet enfant qui ferme l’entrée de sa chambre à clé pour qu’on ne vienne pas lui piquer ses jouets et constelle sa porte de nombreuses interdictions d’entrée assorties de têtes de mort et d’avertissements menaçant de peine de mort tout audacieux qui oserait braver l’interdit formel simplement pour aller chercher une paire de ciseaux…. A l’échelon d’un pays, de plus intelligents, plus grands, plus forts que nous décident donc dans leur splendeur et leur majesté de construire  des murs…. lorsqu’ils sont à court d’arguments. A l’heure où l’on célèbre la chute du mur de Berlin, qui en effet n’a pas servi d’exemple, et comme cela m’attriste, là où il y en avait alors « seulement » 11 (c’est encore 11 de trop), il y en a une cinquantaine aujourd’hui. Belle évolution de notre humanité commune. Au risque de l’utopie, ne peut-on pas rêver d’un monde plus ouvert, débarrassé de ses frontières autres que naturelles, amplement suffisantes ? C’est peut-être un lieu commun que de dire que malheureusement les capitaux voyagent plus vite et plus librement que les être humains… Mais c’est cependant une bien triste réalité, contre laquelle je me dois de combattre, malgré la modestie de mes moyens : mes mains et un clavier, avec un (petit) cerveau derrière… Voilà, c’est fait. C’est dit, et écrit. Je hais les murs. je ne cesserai de me cogner contre jusqu’à mon dernier souffle dans l’espoir insensé de faire un trou dans la (pourtant épaisse) muraille. Question de liberté fondamentale et impérieuse, qui dépasse ma petite personne. je ne suis définitivement pas, en pensant avec tendresse à Ponge, de la race des murs mais de celle des portes…