défenseurs de l’environnement contre intérêts dominants : l’illustration d’un déficit démocratique important

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Quand la démocratie représentative ne représente plus grand chose qu’elle-même, c’est à dire la seule volonté d’une élite plus prompte à défendre les intérêts de certaines classes sociales dominantes que ceux de toute une population, elle en appelle à la dénonciation calomnieuse des mouvements sociaux qui la mettent en difficulté par le biais d’un système de communication aux ordres de ces mêmes intérêts. On voit très clairement ce jeu là se poursuivre à l’occasion de chaque manifestation ayant trait à la protection de l’environnement où, comme dans le dernier épisode de cette lutte des classes moderne,  quelques vitrines cassées ont plus d’impact sur l’opinion collective que la mort d’un homme, pourtant pacifiste et n’ayant commis d’autre crime que de défendre ses convictions. Que retiendra le téléspectateur lambda de tout cela  ?  Les mots « guérillas urbaines », « exactions,  débordements inacceptables » (Cazeneuve),  » violences délibérées des groupes radicaux qui n’ont qu’un adversaire, la démocratie » (Ayrault), « l’impunité des groupes de casseurs d’extrême gauche » (MLP) (source), justifiant ainsi très largement les propos inacceptables de la FNSEA qui a qualifié ces mouvements de protestation pourtant légitimes de « djihadisme vert« , comme si tous ceux qui soutiennent la protection de l’environnement plutôt que sa destruction systématique (sans autre conviction que la rentabilité immédiate) avaient déjà coupé des têtes… Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage… A mon sens, tenter de disqualifier un mouvement de rébellion qui tente de dénoncer des intérêts divergents sur la base de valeurs qui le sont tout autant, par le recours à l’argument des casseurs, qui ne sont que quelques individus sur des centaines, quand ce ne sont pas des milliers, c’est du même acabit que de dénoncer l’ensemble de la classe politique dont on voit bien à quel point en ce moment elle n’est pas irréprochable, en se focalisant sur quelques brebis galeuses porteuses de la maladie qu’est la corruption et les conflits d’intérêts. Alors, politiques tous pourris ? Défenseurs de l’environnement, tous casseurs ou terroristes ? je le pense très clairement : la lutte des classes est en train de se poursuivre, contrairement à ce que d’aucuns pensaient en l’ayant prématurément enterrée, et ce ne sont pas celles, dominantes et financièrement sur dotées,  qui tentent de museler l’opinion,  qui sont en train de la gagner. Ne sous-estimons pas le phénomène, nous sommes en train d’assister là à une véritable guerre idéologique où les mots, les idées et les slogans ont plus d’impact que celui des balles…  sur l’opinion générale. La question du retour d’une véritable démocratie, non confisquée, comme c’est le cas en ce moment quand on analyse les processus de décision à l’œuvre dans le cas de tous ces GP2i, est en train de ressurgir, et nos politiques traditionnels, quels qu’ils soient, n’ont plus guère de prise sur ces mouvements souterrains là, qui portent l’énergie et la colère du peuple. Et son renouveau : un  avenir à défendre. C’est probablement pourquoi ils tentent si désespérément de museler internet… En vain.

Post-scriptum : sur la justification technique du barrage du Testet, voir ici en quoi elle est fausse, et que des alternatives plus soucieuses de l’environnement existent.