quand Aubry invite au débat, moi j’aime ça

indexÀ gauche, nous aimons le débat, mais lorsque nous sommes au pouvoir, on l’oublie. Le débat n’est pas synonyme de fragilité, mais de vitalité. Le temps qu’on y consacre sera du temps gagné sur l’avenir.

Vous critiquez la politique menée, mais quelle autre politique prônez-vous?
Je propose de mieux cibler les aides aux entreprises sur celles qui sont exposées à la concurrence internationale et sur celles qui investissent et embauchent. Le Medef n’a pas négocié les contreparties promises ; dès lors, plus de la moitié de ces moyens ne vont pas aux entreprises qui en ont besoin, se perdent dans les dividendes et les hautes rémunérations. Réservons donc les baisses d’impôt sur les sociétés aux entreprises qui réinvestissent.

Aujourd’hui, les multinationales imposent leur loi aux États. Contre cela, seuls, nous ne pouvons rien, ensemble, en Europe et dans le monde, il faut nous organiser et protéger les biens communs universels.

Emmanuel Macron a annoncé qu’il légiférerait sur le travail du dimanche, est-ce une bonne idée?
Croire qu’il y a là des gisements d’emplois est un mirage. Le pouvoir d’achat ne va pas s’accroître par miracle parce que l’on consomme un jour de plus.

Et puis surtout, pour moi, il s’agit de choisir dans quelle société nous voulons vivre. La consommation doit-elle être l’alpha et l’oméga de notre vie?

Le marché a tout envahi. On spécule sur tout, y compris les aliments. Tout se marchande, jusqu’à nos corps. C’est le règne du chacun pour soi. Il faut remettre des règles qui défendent la coopération avant la compétition, le bien-être avant le « tout avoir », la préservation de l’avenir avant le profit immédiat.

« Ne perdons pas notre temps dans des débats du passé sans cesse remis sur la table par le Medef : le repos dominical, c’était il y a un siècle, l’assurance chômage, soixante ans, les lois Auroux et les seuils sociaux, trente ans, les 35 heures, seize ans. Les remettre en question aujourd’hui (…) ne créera pas d’emplois »
(extraits de l’interview donnée par Martine Aubry au JDD, dimanche 19 octobre 2014)

Voilà, ça fait plaisir d’entendre et de lire cela. Le débat est posé. C’est exactement ça dont il faut qu’on cause, ensemble, à gauche. Mais depuis deux ans, aucune discussion n’est possible. Bien qu’il fasse fausse route, et que son positionnement (et surtout celui de Valls…)  soit de plus en plus minoritaire à gauche, le chef a toujours raison, et tous ceux qui le contredisent sont des ennemis de la gauche, et de notre pays. Quand ils ne sont pas rejetés purement et simplement dans le même sac que le FN.  La ligne suivie est purement libérale, ce n’est que de cela dont il s’agit dans le fond,  et quand Mélenchon désigne du doigt le banquier Macron, il ne parle de rien d’autre. Pourtant, les fauscialistes refusent de se remettre en  cause malgré l’échec patent de l’avis des tous, et nous montrent du doigt, quand nous montrons la lune… J’aimerais que le débat que tente d’introduire Aubry, même si certains de ses aspects, comme sur le pacte de responsabilité, ne me satisfont pas pleinement, soit enfin possible,  et rendu public, que tous les citoyens y soient associés d’une manière ou d’une autre. Un peu de démocratie ne nuirait certainement pas au parti dit socialiste qui se montre de plus en plus dangereusement autoritaire, et dont le gouvernement se replie tellement sur lui-même qu’il en est réduit à tenter de trouver des appuis à droite, et au Medef. Qu’Aubry tente de donner un coup de barre à gauche m’apparait donc hautement nécessaire et salutaire. Et donne enfin un peu d’espoir, malgré la trop grande pusillanimité de ces « frondeurs » que j’ai maintes fois dénoncée.