#diesirae : colère de « dieu », justice des hommes… Entre les deux, du journalisme #antifa

53118079Heureusement que lorsque le journalisme n’a pas de mémoire (hélas l’un des nombreux symptômes dont il souffre)  la justice est là pour la lui faire retrouver…

Perso, je n’aurais pas prêté attention à cette information si Nico ne m’avait pas mis sur la piste. A l’époque (en 2010), j’étais passé à côté…. Il s’agit d’une enquête de l’émission Les Infiltrés, sur France 2,   diffusée le 2 avril.  Elle portait entre autres sur un « groupuscule » d’extrême droite bordelais Dies Irae, et de ses liens avec l’église Saint-Eloi . je viens de la visionner. Édifiant, en effet. L’émission avait pour mérite de montrer au grand jour l’écart entre le discours très policé de ces gens là, avec des références humanistes et de grande culture classique, et la réalité : des méthodes para-militaires et une stratégie ayant pour but avoué de viser à la destruction du système démocratique par tous les moyens. Et une admiration pour le nazisme assumée. Dans une période où l’ennemi intérieur est plus volontiers étranger, il est bon pour l’intérêt public et populaire  d’attirer l’attention des bons français sur ce danger là également, n’est-ce pas ?

Nico ne nous a pas balancé ce vieux truc par hasard.  Vous allez comprendre pourquoi. Suite à la diffusion de ce reportage, des catholiques traditionalistes avaient en effet intenté un procès en diffamation contre les responsables de ce reportage en caméra cachée. En voici les dignes représentants, accompagnés de leur avocat :

Capture

source

L’émission faisait le lien entre le groupuscule d’extrême droite Dies Irae et l’Institut du Bon pasteur, dirigé par l’abbé Philippe Laguérie (au centre sur la photo), ancien curé de l’église traditionaliste parisienne Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Cet institut disposait alors d’un lieu de culte – l’église Saint-Eloi (Yannick Vella , à gauche sur la photo, en est le curé) située en centre-ville de Bordeaux – et un de ses proches gérait l’école privée hors contrat Saint-Projet. Son collège a été fermé suite à cette émission par le rectorat pour les raisons citées dans ce lien. Seule l’école primaire demeure. La justice avait en outre ouvert une enquête portant sur les milieux d’extrême droite catholiques traditionalistes bordelais, le parquet estimant alors que ce reportage était « révélateur d’agissements susceptibles d’incriminations pénales« . C’est le moins qu’on puisse dire… A l’époque, et je le souligne afin de ne pas amalgamer tous  les chrétiens comme certains bons français peuvent le faire des musulmans, ce qui serait tout aussi condamnable, l’archevêché de Bordeaux avait condamné dans un communiqué « toutes formes d’antisémitisme, de racisme, de haine ou de violence », en référence à des propos tenus dans ce reportage de France 2. Et un site catholique avait tenu à diffuser le reportage, ironie du sort, d’ailleurs plus complet que le lien que je vous ai donné en début de billet… Gloire à eux !

Et donc, me direz-vous, pourquoi diable déterrer cette vieille histoire ? Tout simplement parce qu’hier, les intégristes qui  ont porté plainte contre David Pujadas et Hervé Chabalier, le producteur de l’agence Cappa, à l’origine de ce reportage, ont perdu leur procès.

Pour ne pas alourdir le billet, je vous parlerai un autre jour des liens entre dies irae et la manif pour tous, le FN, égalité et réconciliation et le mouvement de Soral, en passant par Civitas…  Je dois en effet creuser une piste qui me mène à Jean-Claude Philipot, ex-commissaire général de l’armée de terre, promu n°2 de Civitas en 2012. je ne sais pas si cette information est encore vraie.   Il  y a quelques années, il était en effet délégué général de Dies Irae (source) Alors, Dies Irae, un groupuscule, vraiment  ?  Ou un réseau plus étendu ? D’étranges personnalités de premier plan s’y croisent… avec en commun une farouche opposition au mariage homosexuel. Ce qu’il me faudra démontrer également.

 

6 commentaires

  1. Petite question, le Jean-claude philipot que tu mentionne, il y a un lien avec Florian Philipot du FN et son frère Damien, directeur des études politique à l’institut de sondage Ifop ?

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  2. Il y a une kyrielle de petits groupes comme ça. C’est même une caractéristique de l’extrême-droite. Et ils ont toujours eu l’envie de la prise du pouvoir du pouvoir par la force, la tentation de la violence, les stages de combat, etc.

    On tend à oublier que les guerres intestines entre fractions ont souvent eu pour débouché l’assassinat de meneurs de fraction adverse. Les morts de Yann Piat ou François Duprat, parmi d’autres, n’ont jamais été élucidées.

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  3. Sur le sujet, instructif (et effrayant) à lire : « Voyage au coeur d’une France fasciste et catholique intégriste.  » de Matthieu Maye et Rémy Langeux

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