le journalisme atteint par ebola

cornu

source

Il n’y a pas qu’une crise du politique, dans notre pays. On pourrait aussi multiplier à l’infini les exemples d’irresponsabilité du système d’information français (presse papier, sites d’information sur internet, autres médias) dont je relevais hier les méfaits à propos de la banalisation de la parole raciste, islamophobe, xénophobe et homophobe. Pour faire court, la surmédiatisation des discours d’extrême-droite, pourtant si marginaux dans la diversité des opinions politiques et sociales, mais qui prend tant de place en ce moment  sur les plateaux de télé et dans les journaux, avec des Unes si ignoblement racoleuses. Un autre exemple nous est encore aujourd’hui donné par la manière dont on communique dans notre pays sur ebola. Hier, on lançait l’alerte à tout va sur une suspicion de cas à Cergy. C’était un faux. Aujourd’hui, c’est au tour de l’hôpital Bichat… Quelques heures plus tard, on apprend que c’est encore une fausse alerte… La déontologie journalistique ne voudrait-elle pas qu’on attende que les cas soient confirmés, avant d’alarmer inutilement le pays ? Et de créer ainsi des mouvements de panique, justement dénoncés par Patrick Pelloux, l’urgentiste bien connu et néanmoins judicieux ?

Patrick Pelloux

C »est une question de respect de l’intérêt collectif, que les différents organes de presse et d’information bien français me semblent avoir un peu trop oublié. On nage en pleine pagaille, sans contrôle, sans règles, sans conscience globale des intérêts en jeu, ni de la moindre notion des conséquences de ses actes… c’est grave. Très. Une preuve encore de l’immaturité de notre système d’information français, qu’on ne peut guère sans le trahir qualifier de journalisme, tant le recul, la distance et l’analyse nécessaire au métier sont devenus quasi inexistants…. au plus grand détriment de tous. Et après, les journalistes viendront se plaindre qu’on ne les respecte plus….. Ne récoltent-ils pas ce qu’ils sèment ?