le blues du blogueur de fond

pauleta-merciVous en connaissez beaucoup, vous, des fonctions comme celles là, qui nécessitent tant de dévouement à la cause, même quand on est bénévole ? je ne suis pas payé, et pourtant je m’auto-exploite depuis maintenant près de 6 ans. Ce blog fêtera en effet son anniversaire en novembre. 4152 articles…. Une paille dans l’océan. Tous les jours, je m’oblige à scruter attentivement les fils d’informations dans des sources  diverses et variées. Tous les jours, je tente de faire le tri entre ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas, et je sélectionne les sujets qui soit sortent de l’ordinaire, soit sont présentés sous un angle plus éclairant que d’autres. Tous les jours, je tente avec plus ou moins de succès de trouver le bon angle de prise de vue pour tel ou tel thème. Tous les jours,  je m’astreins à répondre sans m’énerver à des cons qui m’agressent sans raison, alors qu’ils ne me connaissent pas, simplement parce qu’ils ne sont pas d’accord avec mes idées… Comme s’ils ne pouvaient pas exprimer un désaccord sans violence, raillerie, mépris ou condescendance, et ainsi faire preuve de davantage de maturité. Tous les jours, j’essaie de corriger mes erreurs, d’éviter mes tournures de phrases habituelles, un peu trop répétitives, d’affiner mes idées, de les coordonner de la manière la plus harmonieuse et cohérente possible, en reliant tel sujet avec tel autre que j’ai déjà abordé dans le passé, parce que cela me semble intéressant de tisser de tels liens intellectuels pour l’édification des masses laborieuses… Effort surhumain compte tenu de ma mémoire si perfectible. Pour exemple, tous les jours, j’essaie de me souvenir que cela s’écrit sans accent sur le a, et déjà, avec un accent. Mais tous les jours, j’oublie. Mémoire de poisson rouge, vous dis-je… Tous les jours, je m’agace de n’avoir pas accès à tel ou tel site payant d’information, puisque je ne peux m’abonner à tous, que mes moyens financiers sont comptés, et que je dois faire attention à mon petit budget car je suis au chômage et que je ne sais pas quand, enfin, je retrouverai un emploi. Alors, presque tous les jours, je lance un appel sur les réseaux sociaux, pour avoir accès à tel ou tel article qui me semble particulièrement intéressant, comme celui-ci,  sans trop abuser de la générosité des gens, mais parce que ma curiosité intellectuelle m’y pousse… Au début, cela marchait, mais j’ai de moins en moins de réponses. C’est comme ça…

Alors, en ce moment, oui, je l’avoue, je fatigue, j’ai une panne. Aucun sujet ne me motive plus. Pas envie de parler de l’ignoble, insupportable, et anti-humaniste Zemmour, dont on parle trop, et dont  je m’étonne que ni la justice ni la psychiatrie ne s’intéressent davantage à son cas. Pas envie de me pencher de nouveau, comme chaque année, sur le futur budget de l’état, qui tapera encore et toujours sur les mêmes, en épargnant les autres, voir en leur déroulant des tapis rouges, comme il y a peu notre si de gauche premier ministre à la City… ¨Pas envie non plus de crier ma colère face à une ministre de l’écologie qui se couche comme cela était si prévisible avec un tel gouvernement (si peu courageux) devant les lobbies de transporteurs routiers. Mais qui dans le même temps fait flipper les chômeurs et les désignent à la mode sarkozyste comme des boucs émissaires faciles. Marre. Marre de constater que des billets faciles qui m’ont pris 5 minutes entraînent des centaines de visites quand d’autres billets,  écrits avec soin, dans la durée, et avec une certaine richesse d’arguments, dans lesquels il y a du fond, comme celui d ‘hier, sont si peu lus, et provoquent si peu de commentaires, alors que je sais qu’ils sont bons.   Besoin d’encouragements. Aucun âne n’avance sans carotte. Besoin de savoir que ça sert à quelque chose, tout ça…