le monde de l’information, colporteur de la peste ou acteur d’un monde meilleur ?

ACRu5ClLe droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre (Charte d’éthique professionnelle des journalistes)

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Contrairement à beaucoup de mes concitoyens, j’ai une haute opinion du journalisme et de l’information. Du moins, quand ils sont traités conformément à la charte de déontologie du journalisme, et non comme le font de plus en plus de journaux et de sites d’infos, exclusivement soucieux de rentabilité à court terme, de buzz facile, sans aucune investigation, en se contentant simplement de servir de courroie de transmission aux dépêches de l’AFP, de Reuters, quand ce n’est pas de simples rumeurs, en boucle, à la manière des chaînes d’information en continu, qui abêtissent les téléspectateurs. Le bon journalisme nécessite du recul et une distance critique que la plupart des journaux n’ont plus. Non pas la faute aux seuls journalistes (faut bien qu’ils vivent…), mais également à un système économique d’essence capitalistique dont on connait les quelques propriétaires monopilisants,  qui les formatent et ne leur laisse guère le temps de travailler mieux. Ce cadre posé, j’estime cependant que le système médiatique a une forte responsabilité dans la crise politique qui est en train de se jouer sous nos yeux écœurés, et dont on ne cesse de nous dire qu’il conduit invariablement au pire : l’accès au pouvoir du FN. Pourtant, comment les médiacrates peuvent ils s’abstraire si facilement, à moins que cela ne les dérange pas outre mesure, de la plus grande visibilité des personnalités et des idées d’extrême droite auxquelles ils sont en train de donner en ce moment tant de crédit ? Comment expliquent-ils que l’on invite sur les plateaux de télé et de radio toujours les mêmes, aux saillies prétendument politiquement incorrectes sous le prétexte fallacieux de liberté d’expression, alors qu’ils  répandent les pires insanités mensongères à fort contenu discriminatoire,  sans rougir, et sans être davantage inquiétés  ? Quelle autre raison que de faire de l’audience ? Alors qu’à côté de cela, on voit si peu de personnalités qui expriment une vision politique un peu plus alternative que cette sorte de consensus un peu crasse, fait de racisme et de libéralisme bon teint qu’on voit se pavaner un peu partout malgré la profusion des chaînes et des sources d’information … Cela explique probablement la grande méfiance du grand public envers les médias traditionnels et le pouvoir de nuisance des sites et des personnalités confusionnistes et conspirationnistes sur les esprits simples ou égarés. Peut-on toutefois leur en vouloir de rechercher un autre projet de société  que celui qu’on est en train de leur vendre en ce moment, si peu enthousiasmant, fait d’austérité et de renoncement pour les uns, et d’enrichissement personnel maximal pour les autres ?

J’aimerais qu’enfin le monde du journalisme et de l’information se reprenne en main, ne se laisse pas aller à une production de si mauvaise qualité et si peu diversifiée. Nous méritons mieux. Et il serait bon que ce prétendu 4ème pouvoir le reprenne vraiment et s’engage dans une démarche véritablement novatrice qui consisterait à se montrer un peu plus soucieuse de pédagogie de l’information qu’elle transmet, en s’adressant davantage à l’intelligence des citoyens que nous sommes ou pourrions être si on nous présentait des informations sous un angle un peu plus propice à développer notre esprit critique. Plutôt que de nous donner à manger tant de merde, dans l’exacte logique de la célèbre citation de l’ancien président de TF1 selon laquelle il faut exploiter au maximum du temps de cerveau disponible. Bien qu’elle s’appliquait à la publicité, il serait peut être temps de nous démontrer que l’info d’aujourd’hui ne se limite pas à cela, ce simple instrument de propagande au service d’une minorité idéologique et financière dominante. Et qu’elle peut éclairer davantage le peuple qu’elle n’en obscurcit tant le jugement aujourd’hui, en le conduisant si massivement vers le néant des extrémismes de tous poils. je ne les laisserai alors jamais dire qu’ils ne savaient pas. Qu’ils assument. Et avancent.