#SLATE, immonde tissu de désinformation et de propagande libérale, et Monsieur Le Boucher, un imposteur.

Le Boucher

Oui, comme Mélenchon, j’attaque la presse, et les journalistes… Mais seulement quand ils sont (très) mauvais… (et qu’ils ne sont de surcroît pas n’importe lequel d ‘entre eux…)

Qu’un « journaliste » qui se nomme Le Boucher puisse commenter la sortie malheureuse du ministre de l’économie à propos des salariées d’un abattoir ne manque pas de sel. Mais je vais tenter de m’abstraire pour une fois de ma fâcheuse tendance aux attaques ad hominem. C’est pas bien. Mon propos est un peu plus sérieux cette fois. Le monsieur s’offusque donc dans son (très mauvais) article que vous pouvez trouver là (attention, gauchistes, vous allez frémir…) de ce que l’on ne puisse appeler un chat un chat et une salariée de Gad une illettrée, ou un chercheur d ’emploi un fraudeur. J’ai réagi ici sur les deux événements qu’il évoque. Et je pense que cet éminent journaliste devrait franchement se cantonner aux sujets dans lesquels il excelle peut-être davantage, à savoir d’après sa bio ci-dessus, l’économie. Car moi, c’est le social, et je sais de quoi je parle. Ce qui a choqué dans les deux affaires en question, ce n’est pas de nommer les choses par leurs noms, les  ouvriers ou les chômeurs n’en déplaise à Monsieur Le Boucher ne sont pas tous des imbéciles, et il conviendrait de ne pas leur dénier ainsi la réalité de leurs sentiments et de leurs émotions. La réalité, c’est que deux ministres, sensés être de gauche, et prétendûment socialistes, en pratiquant des généralisations excessives et par nature stigmatisantes, blessent ce qui devrait être le cœur de leur électorat… mais qui hélas ne l’est plus depuis bien longtemps avec toutes les conséquences fâcheuses que l’on sait. Quand Monsieur Macron dit que beaucoup de salariées de chez Gad sont illettrées, c’est faux. Laissons le bénéfice de la connaissance du problème à ceux qui sont sur place plutôt qu’à ceux, politiques ou journalistes, qui pourraient avoir intérêt à instrumentaliser la question.  Il ne s’agit pas d’éluder le problème qui me tient autant à cœur que ces gens là sinon davantage (j’ai été formateur sur des stages illettrisme, alphabétisation, Français langue étrangère), mais de replacer ces phénomènes dans leur exacte proportion afin de ne pas en faire une globalité dans laquelle enfermer les populations concernées, qui s’en sentiraient par conséquent à juste titre indignées. je n’ai jamais dit ou écrit quant à moi par exemple que tous les journalistes sont à la solde d’un patronat exagérément libéral, purs requins prédateurs financiers… Alors qu’au vu du phénomène d’excessive concentration des médias et de la poignée de propriétaires qui contrôlent en France la plupart des journaux, radios, chaînes de télé, sites d’information, je pourrais éventuellement être en droit de le penser un peu. Mais je m’égare. Simple parenthèse pour rendre à Monsieur le Boucher sa monnaie de singe. Mais je vais le payer cette fois en monnaie sonnante et trébuchante (en étalon or : celui de mes convictions) pour ces propos insultants et ignobles envers une bonne partie de la population que j’entends défendre bec et ongles en y mettant toutes mes compétences, à la fois professionnelles et personnelles. Car un autre propos m’a outré, qui  relève d’une méconnaissance du sujet et d’un à-priori idéologique personnel proprement insupportable :

Le scandale est évidemment qu’en France le système scolaire fabrique 7% d’illettrés. C’est un échec qui devrait faire honte au million de fonctionnaires de l’Education nationale.

Nous y voilà. Il faut dégraisser le mammouth. C’est un poids trop lourd pour nos finances publiques, surtout quand il est aussi inefficient. Sauf que. Quelques détails : CLIS supprimées, postes insuffisants, phénomène d’absentéisme voire d’abandon scolaire… et j’en passe, n’étant pas spécialiste de l’éducation nationale et n’y ayant jamais travaillé. Il faudrait en outre, quand on connait le problème, qu ne relève pas du seul apprentissage, y consacrer des moyens matériels et humains bien plus conséquents que ceux qui y sont généralement consacrés, où l’on assiste un peu trop souvent à une terrible équation : public de bas niveau de qualification = professionnels de bas niveau de compétences = financement public des actions de très faible niveau.  je sais en outre que l’on ne peut pas rendre responsable de l’illettrisme les enseignants pour une bonne et simple raison : celles et ceux que j’ai accompagnés (qui je le rappelle sont une minorité, et ne sauraient représenter la totalité de la population ouvrière !)  lorsqu’ils étaient adultes avaient pour beaucoup de telles difficultés économiques et sociales inextricables, et avaient tant déserté le milieu scolaire, qu’il serait assez  paradoxal de rendre responsables des enseignants qui ne les ont guère vus en classe lorsqu’ils étaient plus jeunes. Et de rendre également responsables ces mêmes enseignants de n’avoir ni la fonction ni la compétence que nécessiterait de pareilles situations : celles d’un travailleur social, d’un éducateur spécialisé, d’une assistante sociale. Et comme pour ces secteurs professionnels là aussi, l’argent public fait défaut, et que les postes sont de moins en moins nombreux (j’en sais quelque chose…), c’est le chat qui se mord la queue. Alors plutôt que de se prendre pour le chien qu’il n’est pas (bien davantage une hyène, à rogner ainsi de si vilains cadavres…. os), Monsieur Le Boucher devrait peut-être affuter davantage ses petits outils de précision, plutôt que d’attaquer des sujets qu’il ne connait manifestement pas à la hache.

Qu’il y ait environ 8%-10% de fraudes, selon les données disponibles, par définition imprécises, est une vérité qu’il ne faut pas dire. Les «frondeurs» ont pris la défense des fraudeurs en France, cela rapporte toujours médiatiquement de faire la belle âme

Attaquons nous donc à présent à ce deuxième sujet évoqué par l’éminent journaliste : les « chômeurs fraudeurs ». je vais tenter de passer à côté de mon exemple personnel qui, tant cela me fait mal au ventre, me ferait lever un monceau d’injures, d’indignation et de colère envers cette insupportable  stigmatisation à visée globalisante à l’heure où, oui Monsieur qui ne savez pas de quoi vous parlez, la plupart des chômeurs sont les victimes d’un système économique qui les broie sans le moindre état d’âme, n’ayant que faire de cette chair à canons d’une guerre économique dont on sait très bien qui sont les vainqueurs, qui ne s’en cachent nullement. Et à moins de rendre responsables tous les chômeurs de France de leur état, je dis et j’écris ici de toutes mes forces qu’il m’est insupportable qu’un ministre appuie si ostensiblement (surtout quand il se prétend socialiste !)  sur cette manette que les gens de votre sorte qualifieraient en d’autres cas et à propos d’autres personnes de « populiste », à défaut d’être très populaire, puisqu’il donne tant de caution (et donc un soutien moral implicite) aux pires forces politiques de notre pays qui n’en réclamaient pas tant. De plus, je veux bien qu’on brise ce que vous pensez être un tabou, alors qu’il n’en est franchement pas un tant il alimente les discussions de café et les suspicions généralisées cantonnées il est vrai pour l’instant à l’entre-soi où ne manquent pas de surgir ces exemples sans visage de chômeurs ou de bénéficiaires du RSA qui roulent en Mercédés ou BMW, qui font les délices du FN si l’on y rajoute comme cela en passant l’ingrédient explosif de l’origine étrangère… Mais qu’on en brise également un autre, de non-dit, que vous ne faites qu’effleurer en faisant allusion à ce rapport de la Cour des Comptes, qui lui pointe du doigt les fraudeurs d’en haut, à propos desquels je n’ai pas entendu Monsieur Rebsamen nous annoncer ce qu’il allait mettre en œuvre pour réduire ce qu’il convient d’appeler un véritable détournement de fonds de plus de 20 milliards d’euros de cotisations sociales, ceux là mêmes qui manquent peut-être pour conduire une véritable politique sociale plus digne des enjeux, réduite à peau de chagrin sous Sarkozy et qui n’est guère plus brillante sous Hollande tant on privilégie davantage le pur rendement économique en laissant sur le carreau des millions de personnes… Les mêmes dont il est facile ensuite de désigner publiquement telle ou telle difficulté sociale ou personnelle pour s’excuser collectivement du désastre humain que constitue le chômage, contre lequel les politiques de tous bords sont si tragiquement impuissants. Un système déficient dont vous, Monsieur Le Boucher, n’êtes qu’un rouage, celui de cet engrenage économique et politique de pure propagande qui produit tant de souffrance et d’incompréhension. Ce que vous faites n’est à mes yeux aucunement de l’information et je vous invite instamment à relire la charte de déontologie du journalisme que vous trouverez gratuitement ici, par exemple… et dont je ne résiste pas à livrer à mes lecteurs deux courts extraits, qui suffiront à l’édification des masses laborieuses qui pourront constater par elles-mêmes à quel point notre presse nationale est tombée bien bas… si l’on se base sur vos seuls écrits médiocres  (heureusement que j’ai d’autres références !!)  :

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Au plaisir, Monsieur Le Boucher, de ne pas avoir le bonheur de vous connaitre.

Nota-bene : je tiens à préciser que je n’ai pas éludé votre tentative d’analyse avortée qui consiste à prétendre qu’en France, notre perception de la réalité serait plombée par le social qui surplomberait l’économique, si j’ai bien compris. Mais je pense encore assez naïvement il est vrai que si quelque chose doit déterminer notre perception du monde, c’est très certainement l’humain, plutôt que l’argent. Question de principe, au sens le plus authentique du mot socialisme, qu’on perdu de vue un trop grand nombre de ceux qui se sont perdus dans le parti qui porte ce nom, à mon sens usurpé. Je ne suis pas dénué de culture économique, mais je dis qu’un système qui ne prend plus en compte la dimension humaine et l’intérêt d’un peuple pour se consacrer exclusivement à la dette d’un pays dont l’origine est très justement le même système et les mêmes acteurs qui aujourd’hui en réclament la résorption m’apparait proprement délirant. Ce n’est pas ma réalité. Suis-je pour le coup moins pragmatique que vous ? je ne crois pas. Juste plus conscient de la mécanique des stratégies des forces en présence, et donc plus combatif au profit des classes sociales que j’entends défendre, voilà tout. E vous, quel est votre combat, hum ? Je ne voudrais pas juger hâtivement au vu de ce seul écrit qui m’apparait si terriblement élitiste…