Qui nous protégera de la pénibilité du patronat ?

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source : Germinal

Le Medef et son patron particulièrement arrogant s’étaient déjà illustrés par des menaces et autres ultimatums, auxquelles le petit fier à bras qui nous sert de premier ministre a d’ailleurs succombé depuis, malgré sa prétendue fermeté…. Mais comme le dit l’expression populaire à présent familière surtout depuis eux ans, ce gouvernement se montre très fort avec les faibles, mais bien  faible avec les plus forts… Et pour dire que je n’exagère pas, même la CFDT, dont on ne peut pas franchement dire qu’il s’agit d’un syndicat de combat, et qui se montre en général plutôt favorable aux positions du gouvernement,  vient de protester contre ce qu’elle estime constituer une reculade inacceptable :

« Cette interview est une rupture en termes de dialogue social », a déclaré au Monde, mercredi 2 juillet, Laurent Berger. Le secrétaire général de la CFDT réagissait aux propos tenus par Manuel Valls dans Les Echos au sujet de la mise en oeuvre du compte pénibilité, prévu par la réforme des retraites, en 2015.

Pour M. Berger, « le premier ministre a cédé à l’ultimatum du Medef qui n’accepte pas qu’on crée des droits pour les salariés ».

« Ce report est inacceptable, ajoute-t-il. A quatre jours de la conférence sociale, répondre à une menace du patronat, cela n’entre pas dans la conception de la démocratie sociale qu’a la CFDT. Le premier ministre fait une erreur. »

Cela est d’autant plus vrai (et je suis fort aise que la CFDT s’en émeuve à présent, alors qu’elle est en général plutôt encline à accepter l’inacceptable) , que les critères du compte pénibilité ne sont pas franchement des plus contraignants, puisqu’ils ont déjà été adoucis par le gouvernement pour que la pilule passe plus facilement dans la gorge si étroite de ce patronat là…. Alors que ce dossier de la pénibilité devait constituer un élément de compensation de l’allongement du départ à la retraite et de la durée de cotisation, le voilà par la volonté d’un seul (ou de quelques uns seulement) réduits à peau de chagrin.Ce n’est pas très démocratique…. Et l’on parle de conférence sociale ? Voilà qui ressemble de plus en plus à un colloque sur la mise à mort du code du travail….

En outre, l’argument selon lequel cette mesure de prise en compte de la pénibilité serait difficile à appliquer est d’une rare mauvaise foi : des critères comme l’exposition au bruit, par exemple, font déjà l’objet de mesures de protection depuis 10 ans, et ne comportent pas de difficultés particulières pour être prises en compte facilement. Les lobbies du bâtiment, particulièrement efficaces, le savent bien…. Mais pour ce patronat là, moins les salariés ont de droits (souvenons nous : Gattaz ne voulait-il pas supprimer le smic ?),  plus ils sont taillables et corvéables à merci…. Et voilà qui fait leurs affaires.

Si j’étais eux, je ferais pourtant profil bas : le fait que de plus en plus de français qui ont un travail fassent partie des plus pauvres d’entre nous ne les honore pas vraiment, là où la richesse de ceux qui étaient déjà bien pourvus ne cesse de croître… Jusqu’où sauront-ils ne pas aller trop loin ? Et quand l’état se décidera-t-il enfin à jouer son rôle fondamental de garde-fous envers des prétentions aussi déraisonnables ?

Enfin, avec des socialistes comme Hollande et Valls, le patronat et les plus riches peuvent continuer de dormir sur leurs deux oreilles…. Ils ne risquent vraiment rien. Sur ce terrain là, Hollande n’est-il pas allé de reculade en reculade, au point de n’être plus crédible pour personne ?

3 réflexions sur “Qui nous protégera de la pénibilité du patronat ?

  1. « …même la CFDT, (…..) vient de protester contre ce qu’elle estime constituer une reculade inacceptable… »
    Tu m’étonnes : il s’agissait du seul point d’appui, avec la mutuelle santé pour tous les salariés (et quid des chercheurs d’emploi ?), pour justifier la signature de l’ANI et « accepter » la réforme des retraites par la CFDT.
    Résultat : la part patronale de la complémentaire santé est devenue une niche fiscale (c’est comme cela que le gouvernement la définit maintenant) dont les salariés doivent, en fin de compte, s’acquitter (par la déclaration aux Impôts, comme revenus !) !
    Le compte-pénibilité, l’autre sucre-d’orge pour tenter de faire passer le (dés)accord sur les retraites, se retrouve balancé dans les chiottes après avoir servi de PQ.

    Quel élément reste-t-il alors à la CFDT, la CFTC et la CGC pour justifier leur traitrise ?

    Rien !
    Berger n’a plus que cet artefact de la vierge effarouchée pour faire croire qu’il agit pour la plèbe !

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