la mort dans la balance

euthanasie

 Deux décisions de justice concomitantes ont relancé hier le débat sur l’euthanasie. D’un côté, la relaxe pure et simple du Docteur Bonnemaison, qui était accusé d’avoir accompagné la mort de 7 patients, et de l’autre la décision du Conseil d’État (gelée par la CEDH) de stopper l’acharnement thérapeutique concernant Vincent Lambert.

Ne me sentant pas obligé d’avoir un avis sur chaque point, surtout quand je ne connais pas le sujet autrement que de manière très superficielle – c’est à dire celle que nous présente en général  les médias – je me garderai bien de me prononcer de manière aussi péremptoire que je peux en avoir la tentation d’ordinaire. C’est en effet un problème trop délicat, porteur d’enjeux sociétaux et politiques fondamentaux. Mais à regarder d’où viennent les critiques les plus conservatrices, virulentes, les plus négatives, les plus ostracisantes, voire violentes (dont la photo qui illustre ce billet se veut l’illsutration provocante, tant cela est ridicule), et où se situe le foyer de la mobilisation contre l’euthanasie, je pourrais presque avoir de la sympathie pour les partisans d’une réforme sociétale réelle sur la question. J’ai pourtant quant à moi une opinion plus nuancée… j’estime en effet qu’il s’agit d’être un peu plus prudent que d’opter pour une généralisation de l’euthanasie qui comporte des risques réels, et d’étudier plus finement la situation au cas par cas. Tenir compte du contexte spécifique de chacune des personnes concernées, dans le respect de leur volonté et de leurs éventuelles croyances, est incontournable. Mais le problème est bien là : encore faut-il qu’elles les aient clairement exprimées… et si possible de manière irréfutable, par écrit, ceci afin de ne pas permettre à des personnes isolées de s’opposer aux souhaits du patient concerné, comme cela semble être le cas dans l’affaire Lambert, où une minorité religieuse intégriste tente d’instrumentaliser la situation de Vincent à son seul profit idéologique. Pour ma part, je me garderais bien de remettre en cause une décision de justice, surtout quand on sait qu’elle a été prise par les 17 juges du Conseil d’Etat,  qui n’ont pas vraiment statué, on le suppose,  à la légère… Décider de la mort d’un homme est en effet toujours douloureux, et une telle décision ne peut être prise de gaieté de coeur.

En outre, sur un plan plus politique, je suis stupéfait d’apprendre qu’alors que c’est justement la loi Léonetti, inadaptée manifestement, qui a conduit en partie de par ses failles à ces deux cas de figure problématique et qui ont fait tant couler d’encre, on puisse commettre l’erreur de lui confier de nouveau (l’antépénultième ?) mission sur ce thème :

« Le président a chargé le 20 juin les députés PS Alain Claeys et UMP Jean Leonetti de présenter d’ici la fin de l’année leurs propositions d’aménagements à la loi Leonetti sur la fin de vie, votée en 2005. « 

Quant aux défenseurs de l’euthanasie, je rappellerai que dans une société démocratique, un sondage ne saurait constituer une loi. Sachons raison garder. Surtout quand le contenu d’un sujet de débat est aussi chargé émotionnellement…

5 commentaires

  1. Nous, on a EXIT qui fait cette fonction pour les résidents en Suisse et SANITAS qui est assez controversée et qui s’occupe surtout des étrangers.
    Chez nous, c’est moins tabou…mais il y a quand même des grenouilles de bénitier qui viennent merdoyer la moindre en prétextant qu’on veut euthanasier tout le monde. Et il y a des fois où je me demande si ce ne serait pas la meilleure solution, vu le nombre de victimes grandissant de la maladie de la connerie!

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  2. Nous avions tous les deux remplis les documents et les avions faits enregistrés à l’administration communale bien avant qu’il ne soit malade, documents à renouveler tous les 5 ans, mes enfants sont au courant et ça ne pose de problème à personne.
    Je suis aussi affiliée à l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité)

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  3. Idem en Suisse où la structure EXIT permet de prendre nos dispositions alors que nous avons encore toute notre tête. On est encadré et je trouve aussi que celles et ceux qui n’acceptent pas ce type de choix gardent leurs convictions pour eux-mêmes. La mort nous appartient!
    Et chapeau Raannemari d’avoir accepté le choix de ton mari, car c’est la plus belle preuve d’amour que de laisser la personne qu’on aime, partir de façon paisible.

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  4. La Belgique autorise le choix de l’euthanasie dans des conditions bien strictes.
    Le choix de sa mort est l’ultime liberté d’un individu et je trouve intolérable que la réponse à ce choix soit le fait d’autrui. Que ceux qui sont contre ne la pratique pas mais qu’ils ne nous imposent pas leur choix.
    Et je sais de quoi je parle, mon mari (Français) avait fait ce choix et il est mort à la maison, paisiblement, dans mes bras. et, si j’en crève encore de son absence, je souhaite à chacun cette mort digne, choisie et sans souffrance.

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  5. Sujet sensible s’il en est un. Pourtant, il serait aisé de prendre des dispositions qui permettraient à une personne en fin de vie de s’épargner d’horribles souffrances que même la morphine ne soulage pas.

    Il faut savoir de quoi on parle, les structures et gardes-fous à mettre en place, et ainsi, de permettre à chacunE d’avoir encore le choix sur la fin de sa propre vie à lui ou elle et ce, malgré les réticences des grenouilles de bénitiers. Car c’est un monde d’hypocrites dans lequel nous vivons. Si nous laissions faire la nature, qu’adviendrait-il de ces gens qui arrivent à bout de souffle. Ce sont les appareils qui les maintiennent en vie qui n’apparaissent pas dans leur bouquin religieux.

    Gene

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