pourquoi je serais plus fier d’être espagnol que français #okupas

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Déjà, lorsque l’Espagne s’est levée massivement pour montrer son indignation, et que de pseudos-indignés ont tenté d’exporter assez artificiellement ce mouvement en France, avec le succès que l’on sait – c’est à dire un pur échec – je l’avoue, j’ai eu honte.

Puis il y a eu cette longue marche pour la dignité, qui a traversé tout le pays de part en part, sans que les médias français ne se donnent la peine de l’évoquer, sauf à en faire un point de détail de l’histoire, alors qu’en Espagne, ce fut un événement si important, qui marqua le refus de la population de se laisser tondre sans réagir… Là où les français apparaissent si soumis au dogme libéral prédominant.

A présent, voilà que depuis plusieurs jours, un mouvement de contestation significatif est en train de secouer Barcelone, et toujours ce silence étourdissant de l’autre côté de la frontière….  Essayez de taper simplement Barcelone dans votre moteur de recherche et vous trouverez essentiellement sur la première page des événements sportifs, alors que la réalité et l’urgence sont ailleurs…

C’est pourtant la cinquième nuit que des manifestants par milliers protestent contre le projet de démolition d’un squat nommé « Can Vie » (situé près de la gare de Sants) qui accueille sous forme de centre social à la fois des concerts, des projections de films, des débats ou des ateliers de formation. Sauf que les autorités espagnoles ont mésestimé l’intense maillage social et associatif local dont l’immeuble de Can Vie était devenu un lieu d’expression. Résultat : des émeutes impressionnantes.  L’ami des AZA publie sur son blog des vidéos représentant les manifestations du 28 mai, qui se poursuivent depuis. j’ai lu à différents endroits des articles, des réactions et des témoignages qui démontrent à quel point l’erreur est éminemment politique. Il suffit de s’intéresser un peu au phénomène des « okupas« , en Espagne, que décrit si bien ce blogueur,  pour s’en convaincre.  j’ai ainsi lu les propos  d’un commerçant qui  estimait que les autorités avaient créé un problème là où il n’y en avait pas puisque selon lui ce lieu (le squat can vie) avait une importance sociale fondamentale dans la vie et l’identité du quartier. Ce bouillonnement populaire favorisait probablement  ses affaires… Et tout le monde avait à y gagner.

j’entends déjà ceux qui argueront de l’argument légal, et qui me rétorqueront que force doit rester à la loi, et que le droit de propriété doit être respecté… Pourtant, je préfère voir là quant à moi un promontoire d’avant garde de la société alternative que je réclame de mes vœux. Tout doit-il donc toujours être vu sous l’angle purement spéculatif, et motivé par le seul motif (sous forme d’idée fixe) de faire du profit ? Doit-on ignorer aussi superbement, avec les conséquences si négatives que l’on voit dans ce cas de figure, à Barcelone, la dimension sociale et l’utilité sociétale évidente d’un tel projet, réduit à rien par la brutalité inutile et inadaptée d’une démolition  ?

je rêve de politiques plus intelligentes à travers le monde – y compris en France – qui sauraient utiliser ce genre d’initiatives populaires pour en faire des lieux d’exception et d’avancées sociétales majeures, et qui comprendraient qu’ils sont en train par là même de dessiner et de construire concrètement la société de demain.

Mais je suis probablement bien naïf…

Pourtant, j’estime que quand un gouvernement quel qu’il soit n’est pas fichu de donner un logement et des activités sociales utiles à sa population, il ferait mieux de se faire petit, tout petit… Et de laisser des initiatives populaires aussi probantes se développer, plutôt que de les étouffer.