Guaino, l’ennemi de la République

Capture

Voilà un gars qui n’a jamais été élu d’aucune manière pour assumer le rôle qu’il a eu, de premier plan bien que dans l’ombre,  auprès de l’ancien président de la République.

Et pourtant, un non élu que les médias de toutes sortes ne cessent d’inviter actuellement sur tous les plateaux de télé et de radio.  Et voilà qui m’agace prodigieusement, car c’est l’exemple type, le cas essentiellement symbolique de la faillite de notre système républicain, qui démontre très concrètement que la démocratie n’est plus. Actualité oblige, sa présence s’explique en termes de logique médiatique puisque l’ancien président qu’il soutient si aveuglément est au cœur d’un certain nombre d’affaires, et qu’il fut autrefois l’un de ces si occultes conseillers, aux côtés de l’à présent honni Buisson. De quoi ne pas s’étonner qu’il soit aussi actuellement l’un de ses principaux laudateurs. Puisqu’il en a si bien vécu…

Le Monde le surnomme le sculpteur de discours. Celui de Grenoble comme celui de Dakar….  Celui de Grenoble a marqué les mémoires, dans le sens du pire, la marque historique du sarkozysme honteux, celui qui a désigné à la vindicte populaire une ethnie pour sa seule existence prétendûment délinquante. A gauche, et plus largement dans le cercle de l’humanisme français qui le dépasse,  nous n’oublions pas.

Pourtant, malgré sa non légitimité, on continue de l’inviter, on continue de lui donner la parole à des heures de grande écoute, comme ce soir, dans Mots Croisés. C’est lui donner une importance qu’il n’a pas, qu’il n’a plus, et que rien ne justifie ni ne saurait légitimer.

Continuer de le laisser faire l’apologie du sarkozysme auquel il a si activement participé, alors que celui-ci a si gravement fauté en termes de respect des libertés publiques et de la dignité de la fonction présidentielle tout comme de celle de la crédibilité de notre régime républicain, c’est commettre l’irréparable avec la bénédiction du service public.

Antenne 2, je te hais : tu as gravement failli. Heureusement que Vallini était là pour relever un peu le niveau. Car si l’on avait compté sur un animateur aussi orienté et honteusement partisan qu’Yves Calvi pour jouer les médiateurs efficaces, on aurait pu être déçu du niveau d’équilibre d’un débat qui n’en est plus un, mais juste de la pure propagande.

Capture 5 sarko-mots-croises-492135

Yves Calvi, la voix de son maitre, au même titre que Guaino ou ce gars du Figaro dont j’ai oublié le nom mais qui fut si caricatural dans sa prestation de roquet d’une droite trop sûre d’elle qui semble atteinte de la maladie d’Alzheimer quant à certaines, dérives qui ressortent tragiquement aujourd’hui.