Pour faire un bon gauchiste ? Une bonne droite et une vraie gauche

je.voteC’est Sand, sur twitter, qui m’a donné l’impulsion nécessaire à l’écriture de ce billet. C’était hier… Genèse des prémices d’un débat qu’il ma semblé utile de vous voir partager :

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Elle faisait référence à ce billet, dans lequel je mettais en lumière différents exemples de fréquentations étonnamment conciliantes, pour qui ne les connait pas, de membres et électeurs du FN avec des néonazis  :

#RBM = Rassemblement Brun Marine ? #FN #antifa

Sa réaction m’est apparue frappée sous le coin du bon sens :

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ma réponse :

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je suis conscient que cela nécessite quelques développements. A une époque où le paysage politique était  un peu plus clivé, où les orientations politiques de la droite et de la gauche plus nettes et divergentes, chacun pouvait se positionner en connaissance de cause, et même les moins éclairés de la chose politique et des programmes des uns et des autres savaient où choisir en fonction des priorités et de la sensibilité qui étaient les leurs. Or, aujourd’hui, bien de l’eau (plus que saumâtre) a coulé sous les ponts de notre république agonisante. Le Mitterrand de 83 est passé par là, puis la gauche mal assumée de Jospin. A droite, la rupture du barrage républicain du désastreux passage du  Sarkozysme, qui a repris les mêmes thèses et les mêmes éléments de langage que le FN, notamment sous l’impulsion d’un personnage peu recommandable qui fait la une des actus en ce moment… et qui en provenait. Et après, on va s’étonner de la confusion qui règne, et de la désaffection pour les élections des gens peu politisés, qui préfèrent s’abstenir. Ou crier au « tous pourris », ce que pour ma part je n’ai jamais prétendu.

La découverte de ce sondage est venue à l’instant étayer mon propos :

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Alors oui, si le PS était plus socialiste, moins acquis aux thèses libérales, si l’UMP était plus « gaulliste » et moins désireuse de prendre des parts de marché à l’extrême droite en reprenant ses thèses puantes,  et que la gauche à laquelle j’appartiens était un peu moins cantonnée aux habituels 11 % pour cause de manque de visibilité médiatique réduite à ses outrances et à ses tiraillements internes, quand ce n’est pas aux calomnies de prétendus cousins de gauche qui tentent si volontiers de nous renvoyer dans d’outranciers goulags, alors le Fn en serait réduit à la portion congrue. Il basculerait ainsi dans la légitime proportion du vote anecdotique et protestataire qu’il n’aurait jamais du quitter sans le concours du confusionnisme politique qui règne aujourd’hui, et de la recherche névrotique du buzz auquel se livrent tous les médias, participant d’une dédiabolisation frauduleuse d’un parti d’essence fasciste, ce qui les rend si coupables à mes yeux de collusion avec l’ennemi.

C’est mon intime conviction : si chacun, chaque parti, chaque mouvement politique jouait plus clairement, plus visiblement son rôle, de manière plus significative, plus nourrie de convictions profondes, avec davantage de possibilités pour tout un chacun même peu politisé de le situer, alors le jeu des structures politiques divergentes, globalement, contribuerait à davantage de démocratie. Car chacun se sentirait mieux représenté. Et les intérêts collectifs seraient mieux préservés.

Mais pour l’instant, tel n’est pas le cas, de toute évidence.  A chacun de faire en sorte que cela change et d’éliminer du champ politique les tenants d’une offre politique qui génèrent de la confusion préjudiciable au légitime et nécessaire débat public.

Comment ? Par vos votes. Faites le ménage. Il est temps.