En France, « we can que dalle » ?

impuissanceAujourd’hui, au réveil, mon abonnement électronique à Politis ¹m’a renvoyé en lien vers la revue Vacarme, que je ne connaissais pas. Excellente lecture, aussi dense qu’inattendue, sur l’impuissance politique. En voilà un excellent thème de réflexion et de blogage. C’est de circonstance et m’éclaire certains événements récents d’un jour nouveau.  je vous invite expressément à les lire, même si réfléchir, surtout de si bon matin, ça fait mal à la tête…Là, ça vaut le coup. Que nous dit-on ?

« Quoi qu’on en dise, on a les impuissances qu’on se choisit.« 

Que l’impuissance est une stratégie politique. Que le dossier du droit de vote des étrangers aux élections locales, pour seul exemple, et la manière dont ce Président de la République là choisit de le traiter est tout à fait volontaire, et qu’en agiter le seul projet sert sa cause, pour plusieurs raisons.  Que d’autres impuissances, en matière économique pour autre exemple, sont le fruit de l’incapacité à proposer un projet alternatif. Lapalissade qui en revient à dire que les adeptes de la Croassance manquent d’imagination. C’est vrai. On voit trop bien dans quelle situation ils sont en train de nous fourrer…

Mais il y a pire, et là, c’est moi qui le dit, pas Vacarme. L’impuissance politique française s’alourdit  en ce moment d’une certaine forme de bêtise (ou de couardise ?) solférinienne qui, pourtant sûre de sa suffisance (ces gens là n’ont-ils pas fait les bonnes écoles, pure élite de la nation ?) , se fait l’économie d’une réflexion alternative…   On préfère rester dans les clous quand la situation réclame à corps et à cris de l’innovation, de la rupture, et non du bête réformisme auxquels ces gens là sont plus habitués.

Sur le registre international, la manière dont notre pays gère l’épisode Snowden est tout à fait lamentable et révèle non seulement de l’impuissance, mais de la lâcheté. La peur de déplaire au grand oncle Sam. On brandit son épée de bois, mais on baisse culotte au moindre coup de vent… même fantasmé.  Et l’on va jusqu’à se mettre dans la situation humiliante d’avoir à présenter des excuses à la Bolivie….Les cons.  Pourtant, il y avait là une occasion en or qu’on ne retrouvera pas de sitôt de redorer notre blason, en renforçant un rôle pour lequel de surcroît notre pays avait une tradition : celui de la patrie des droits de l’homme. ç’aurait eu de la gueule, non, si nous avions proposé à Snowden de l’accueillir ?

Mais cette tradition est bien révolue, il est vrai, que ce soit sous Hollande comme sous Sarkozy, à l’heure où c’est un gouvernement bien français, et qu’on nous dit de gauche (vraiment ?)  qui est passé maître dans l’art de la chasse aux roms… en n’étant même pas fichu d’ appliquer  ses propres lois.

Mais pour en revenir à l’affaire Prism, et à Snowden, apprendre qu’ensuite l’Union Européenne, comme si rien ne s’était passé, reprend la discussion sur les accords de libre échange, voilà qui ne manque pas de sel quant au sujet dont on cause. Impuissance, toujours ? Cette façon de faire ne cautionne-t-elle pas ceux qui alimentent la thèse selon laquelle les gouvernements savaient, et n’ont rien fait ?

Alors oui, les gens de Politis,  il faut dépasser l’impuissance. Comment ? je ne sais pas quelle est votre propre réponse, puisque je n’ai pas accès à votre contenu payant ². Mais j’ai ma propre petite idée, qu’un seul mot peut contenir et résumer…

simplement….  OSER.

¹ Pour les geeks, par le biais de Feedly, qui a remplacé comme pour beaucoup de blogueurs je suppose mon ancien lecteur de flux d’informations, Google reader, disparu le 1er juillet… L’importation s’est passée sans encombre merci.

² j’ai souvent pensé qu’on devrait faire des tarifs préférentiels pour les blogueurs, grands consommateurs d’information. Nous n’avons en effet pas tous les moyens de nous offrir des abonnements partout !

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