Buvons ensemble le calice de la logique libérale jusqu’à la lie

info-baillonneeJean-Luc Mélenchon vient de publier son dernier billet. Toujours aussi (trop) long. Mais comme la première partie rejoint à merveille ma propre pensée à propos d’un événement en Grèce qui m’a particulièrement choqué et que je voulais aborder, avec de plus chez lui l’humour de s’adresser en mode ironique à ses sempiternels détracteurs, je ne résiste pas au plaisir de partager cet extrait avec vous (La totalité est là) :

Le gouvernement grec ferme l’entreprise publique de télévision. C’est-à-dire une chaine internationale, 19 chaines régionales, six radios, un magazine de programmes de télévision, un site internet et la totalité des archives nationales audiovisuelles. Trois mille personnes sont débarquées. Même la dictature des colonels n’avait pas osé. Pourtant cette décision monstrueuse est parfaitement logique. Elle est même sage du point de vue qui guide l’action du gouvernement qui a déjà accepté la dictature de la troïka. (Attention : je suggère au journal « Libération » de recopier les phrases qui suivent pour les citer hors contexte et titrer « Mélenchon trouve sage la fermeture de la télévision grecque »). A quoi sert une télé publique quand il y a déjà des chaines privées qui ne coutent rien à l’Etat ? (un tweet pour Aphatie : « selon Mélenchon la télé publique coute trop cher ! ») Il est logique que le raisonnement du moindre coût, en tout et pour tous les sujets, conduise à cette décision. Il n’y a aucune limite à l’extension du domaine d’application de ce raisonnement. Pour les libéraux, tout ce qui est public est illégitime. Tout ! On entend dire parfois que les libéraux voudraient réduire l’Etat à ses fonctions régaliennes. C’est faux. L’armée et la police par exemple sont d’ores et déjà en voie de privatisation comme le montre la prolifération des officines de sécurité dans tous nos pays et celle des compagnies de mercenaires déjà à l’œuvre en Irak et en Afghanistan. Tout, absolument tout, sera donc privatisé soit par mise en vente des secteurs publics soit par leur disparition pure et simple. Bien sur nous allons dire haut et fort notre indignation et réciter les diverses mantras d’usage sur de tels sujets. Mais il ne se passera strictement rien. (« Le Monde : « Mélenchon pense qu’il est inutile d’agir contre la fermeture de la télé grecque ») L’union européenne et les eurobéats nous ferons dévaler la pente libérale jusqu’au bout.

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