#PS : à force de tant de lâcheté, les hollandais font le jeu de l’extrême-droite

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Nous, front-de-gauchistes,  serions donc des mécréants, des sectaires, des crypto-marxistes faisant le jeu du FN, à mettre dans le même sac à force  de ne rien faire d’autre qu’à taper sur le gouvernement,  qui serait pourtant lui aussi de gauche, et vis à vis duquel nous devrions mieux nous comporter par solidarité gauchiste. Nous n’aurions en outre aucun élément programmatique alternatif sérieux à proposer… Bien sur bien sûr…  Éléments de langage courants ,  archi- rabattus,  qui nous ont un peu trop froissé les oreilles ces derniers temps, et dont se sont fait volontiers complices certains blogueurs dits de gauche sans même vérifier la réalité de ces assertions, au même titre que des journalistes couchés de médias complaisants. Misérable gauchosphère…. Cette thèse hollandaise officielle aurait pu être vraie, plausible, un tantinet crédible,  autrefois. Sauf que. Aujourd’hui, si l’on fait la liste des renoncements hollandais non seulement à la vulgate socialiste, mais également aux propres engagements de l’autrefois canidat, la liste commence à être quelque peu longue au point de  risquer de lasser le lecteur ! Mais je me dois de la marteler pour enfoncer le coin du doute idéologique dans la bûche de la mémoire collective de la gauche non libérale  : TSCG, réforme de la fiscalité, TVA, Nddl, RGPP (à la sauce hollandaise), séparation des activités bancaires,  ANI,  droit de vote des étrangers, sans parler d’une politique de démantèlement des camps de Roms encore plus sévère que celle du sarkozysme, tous ces renoncements un à un évoqués ici commencent franchement à faire tache, et sonner à chaque tocsin comme une marque de mépris de la part de cette ligne sociale libérale un peu trop affirmée et confirmée à chaque décision, qui n’a plus grand chose de démocratique, sauf à considérer que le peuple serait constitué des revenus supérieurs clairement épargnés par ce gouvernement là… Puisque l’on demande de plus en plus de sacrifices à ceux qui ont le moins, sans jamais montrer l’exemple venu d’en-haut. D’où le sentiment général d ‘une fracture générale irréparable, qui fait monter les extrêmes, au risque de la violence sociale. Mais ne la cherche-t-on pas, à force de donner sans cesse des signes de faiblesse envers les forces de l’argent, des messages de compromission avec le Medef, au point de se demander si Laurence Parisot ne serait pas un membre du gouvernement ? C’est à se demander… Derniers exemples en date, le renoncement à lutter plus efficacement et avec davantage de créativité contre le chômage, le renoncement européen quant aux paradis fiscaux et, cerise sur le gâteau que seuls les riches savourent en laissant les miettes aux pauvres, entendre de la bouche même du Président français que Schröder, pourtant de droite, aurait fait de bonnes choses pour le peuple allemand…. oubliant (volontairement ?) quelques petits détails sociaux, ça fait pleurer tout mon hémisphère gauche. Autre avatar des renoncements hollandais, l’exemple du jour à propos de l’abandon de la volonté gouvernementale (malgré plusieurs déclarations d’intentions pourtant bien péremptoires de Moscovici comme de Najat Vallaud-Belkacem)  de limiter les salaires indécents de certains patrons, et alors même que la taxation de ceux ci  a été tellement vidée de sa substance et reportée aux calendes grecques que plus personne n’y croit guère.

Et dire qu’il se trouve même des gens quelque peu dépourvus de sens critique (à moins qu’ils ne soient simplement malveillants)  pour tenter de discréditer le positionnement politique de plusieurs millions de français par l’exemple d’une seule, dont la santé mentale reste à prouver, face à un tel incroyable revirement qui devrait pourtant poser question sur la nature de ses véritables convictions…

5 réflexions sur “#PS : à force de tant de lâcheté, les hollandais font le jeu de l’extrême-droite

  1. Il est plus qu’évident que le Parti Socialiste n’est qu’un parti opportuniste de centre-droite qui s’est servi de la gauche pour prendre le pouvoir tout en enlevant des votes au Front de Gauche. Au Québec l’an dernier, la même chose s’est produite exactement, seuls les noms changent. Un despote du Parti Libéral de droite nommé John James Charest était au pouvoir, toute la gauche espérait le faire disparaître au plus vite, un équivalent de votre Sarkozy.

    Le Parti Québécois dans l’opposition depuis longtemps – un parti opportuniste se disant « social-démocrate » comme le PS en France – s’est servi de l’électorat indépendantiste et de gauche pour prendre le pouvoir, par la peau des dents, passant de justesse devant notre parti d’extrême-droite, la CAQ (Coalition Avenir Québec), équivalent au Front National chez vous … Aussitôt élu, le Parti Québécois ayant à sa tête la très droitiste Pauline Marois, s’est empressé de prendre un net virage à droite, trahissant ainsi toute la gauche lui ayant permi de prendre le pouvoir pour se débarrasser du monstre Charest. Le Parti Québécois est devenu encore pire que votre PS, dans les faits « Parti Libéral = Parti Québécois », comme « bonnet blanc = blanc bonnet ». Aux élections l’an dernier, le PLQ fédéraliste, le PQ indépendantiste et la CAQ nouvellement formée étaient presque à égalité …

    Votre Front de Gauche a aussi son équivalent au Québec, c’est le parti Québec Solidaire qui se fait toujours soutirer la majorité des votes de la gauche par le Parti Québécois. Il n’obtient que 5% des votes aux élections mais quelquefois, en période de crise au PQ, les intentions de votes pour ce parti dans les sondages montent à plus de 15% … Le problème au Québec est le double clivage politique, gauche/droite et indépendantiste/fédéraliste, cette combinaison divise complètement la gauche et les électeurs de gauche se font toujours avoir.

    Nous avions aussi deux partis communistes (un marxiste-léniniste et l’autre à tendance plutôt maoïste) qui ne récoltaient chacun que 0,05% des votes, mais comme celui « plutôt maoïste » à récemment été officiellement dissout, ses membres se sont réfugiés dans un collectif au sein de Québec-Solidaire, un parti de gauche modéré. Ces deux petits partis communistes peuvent être considérés comme équivalents en France au Nouveau Parti Anticapitaliste alliant communistes et anarchistes ainsi que le parti Solidarité et progrès qui a malgré tout de bonnes idées pour combattre le capitalisme …

    Le problème de la gauche est donc partout pareil, elle est divisée. « Diviser pour mieux régner » est la devise des riches et puissants contrôlant le système capitaliste qui appauvri tous les peuples et leurs pays, ils sont bien au-dessus de la politique. Pour anéantir leur système pourri, c’est principalement à leur système bancaire usurier qu’il faut s’en prendre, il serait plus que temps que tout le monde s’en rendent comptent et arrêtent de penser « en capitaliste ». En ce qui me concerne, je crois qu’aucun parti politique ne devrait « avoir le pouvoir », je suis un partisan du « pouvoir total au peuple » par le biais d’une démocratie directe bien organisée, ce que tentent actuellement de faire les Cubains malgré leurs moyens très limités. La démocratie représentative est le pire des systèmes car elle permet tous les abus de la droite.

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  2. Bon, mais alors quoi ? Rien de surprenant là dedans ! Quand t’as vu une fois la gueule à pépère tu sais à quoi t’attendre non ? Menteur, sans couilles, même Judas doit se prosterner devant ce maître de la traitrise. Cahuzac avait raison quand il disait que la lutte des classe est finie. La preuve par Hollande, la classe de gauche mange dans la main des patrons. il n’y a pas de lutte des classes, il n’y a que l’exploitation grandissante d’une classe par une autre, l’exploitation d’une majorité de plus en plus fragile par quelques nantis.
    Alors ?
    Alors, faut laisser faire. Aller jusqu’au fond du trou, passer dans le tuyau, finir dans la fosse septique, puis dans l’égout. rien ne sert de s’exciter. Faut que çà macère, que çà enfle doucement mais sûrement.
    On passera ensuite par une phase fasciste. Classique. Y’a toujours une mauvaise pioche au début. Y’a qu’à regarder autour de nous, chez nous et ailleurs.
    Et ensuite, çà va péter. C’est sûr.
    Quand ?
    Ça, c’est comme le fût du canon pour refroidir. Qui peut prédire. J’espère vivre assez vieux pour le voir et y participer. C’est la seule chose qui m’anime encore aujourd’hui.

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