Quand l’Etat brade son patrimoine pour engraisser encore les porcs

 

service_publicLa réponse du gouvernement n’a pas été à la hauteur de cette formidable aspiration. Au lieu de rassurer celles et ceux qui ont permis la défaite de Nicolas Sarkozy il y a un an, Jean-Marc Ayrault a préféré dire une fois de plus sa sollicitude pour les chefs d’entreprise et annoncer la privatisation partielle d’entreprises publiques ! De son côté Manuel Valls joue de la provocation en minorant outrageusement le nombre de manifestant-e-s. (Communiqué du Front de gauche : le 5 mai et ses suites)

 Encore un exemple si besoin en était de la fracture de plus en plus béante entre le PS et le Front de gauche. Et c’est là où certains se trompent, ne parvenant chroniquement pas à prendre en compte la mesure des enjeux sociétaux majeurs. Je veux parler ici de la décision  stupide de ce premier ministre qui au lendemain d’une manifestation exprimant un refus des orientations économiques actuelles, clairement libérales, ne trouve rien de mieux pour calmer le jeu que d’annoncer des privatisations rampantes comme seul le PS en a le secret. On a en effet  déjà connu cela du temps de Jospin, qui se vantait tout autant de ne pas être socialiste qu’Hollande… Une véritable provocation, et un signe de mépris invraisemblable comme on en connaît trop depuis le début de ce gouvernement. Si le PS veut être respecté, qu’il prenne des décisions respectables et concertées, ce qui n’est pas franchement pas le cas dans un temps ou l’on parle pourtant avec tant d’hypocrisie d’union nationale alors que l’on fait tout pour ostraciser le Front de gauche.  Cette fois, trop c’est trop. Oui, nous claquons la porte du débat avec le PS car ce dernier préfère pactiser avec les franges droitières de son électorat qu’avec les 4 millions de personnes qui ont permis l’élection de Hollande, ce dont aujourd’hui il se fout manifestement royalement… dans sa dérive monarchiste. Voire nous crache à la figure. Car autant avec ces privatisations qui ne veulent pas dire leur nom par pure tartufferie, et même si nous y sommes opposés par principe,  nous pourrions concevoir que leurs fruits servent à financer des dépensessocialement utiles, autant nous ne pouvons pas accepter qu’elles servent encore et encore à faire des cadeaux aux entreprises, comme l’espèrent certains prétendants au trône du Medef, ce qui est fort probable. On dira que c’est une aide à l’investissement, que cela créera des emplois, comme on nous en a assez bassiné en Lorraine, où on connaît le sujet de la ré industrialisation… On voit ce que cela a donné : un secteur aussi stragique de nature que celui de l’acier confié à des intérêts pour de biens catastrophiques issues…  En outre, céder des capitaux d’entreprises aux activités aussi stratégiques que sensibles, et à l’évidente utilité collective et d’intérêt public que le sont EADS, GDF-Suez et  EDF ou France Télécoms, n’est à mon sens pas seulement un pêché contre la gauche, mais aussi et surtout d’une bêtise crasse pour des raisons telles que  celles développées notamment par ce blogchévik injustement méconnu. Cela s’appelle ni plus ni moins que vendre ses bijoux de famille et l’on connaît trop bien cette route là, celle de la récession, tracée par nos frères et sœurs grecs. On sait où cela mène : Un désir d’Aube dorée, Monsieur Hollande, peut-être ? Déjà, le FN qui n’avait pas besoin de cela pour se dresser sur ses ergots (de seigle ?) se délecte outrageusement de cette incurie étatique (et je me sens assez triste de me voir contraint d’être en partie d’accord avec ce ramassis de fachos sur certains points précis), à l’heure où Montebourg a tenté bien maladroitement de faire dans le registre de la souveraineté économique nationale avec Dailymotion. Tout cela manque terriblement de cohérence.

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5 réflexions sur “Quand l’Etat brade son patrimoine pour engraisser encore les porcs

  1. Il est évident que le démantèlement de l’État a commencé bien avant (dicté par (ou/et copié sur) les USA) et se poursuit envers et contre le peuple. La démocratie c’est du flan. Ce sont les supermarchands qui font la loi.
    Et ceci pas uniquement en France.
    On voit par là que les réunions au sommet dites « G » servent uniquement à se mettre d’accord sur la manière de démanteler l’État pour précariser le peuple et l’empêcher de se révolter. Les élus mentent depuis Giscard/Nixon/Thatcher/Kohl and Co et n’obéissent surtout pas au peuple mais au Bilderberg qui se réunit lui aussi mais en douce avec, entre autres, le représentant de la multinationale gigantissime Unilever et surtout celui de la fondation de ce même Ford qui financa Hitler.
    À l’époque il s’agissait aussi de maintenir les privilèges des élites hors l’avènement du socialisme en Allemagne proche de la Russie devenue communiste menacait les privilèges
    des barons dont la multinationale des bagnoles Ford.
    D’où l’obsession de la bagnole. Comme s’il n’y avait pas d’économie hors de la bagnole.

    Le rôle de l’Etat consiste donc juste à installer une forme de dictature (contrôler l’opinion publique) qui aurait la couleur/l’odeur et la saveur de la démocratie mais qui serait juste un bon anesthésiant pour nous empêcher de voir ce qui se passe réellement. N’oublions pas que DSK et Valls sont membres du Bilderberg et Hollande certainement aussi.
    La menace est toujours la même : les communistes/anars et anticapitalistes.

    Nous sommes toujours dans la même lutte depuis la naissance du communisme et même avant.
    Depuis que l’on cherche à abolir les privilèges.
    A voir et à revoir la vidéo québecoise sur ce lien:
    http://oumma.com/16646/groupe-bilderberg-gouvernement-mondial-video

    Si les Leftblogueurs ne sont pas payés pour faire de la propagande dans l’intérêt des élites alors il y a de quoi mourir de rire. A mon avis, ils ne peuvent que l’être. Sinon illes sont quelque peu sot.te.s.
    Mais il est vrai néanmoins que ne pas être collabos des élites, c’est plus risqué.
    (Du coup, plus courageux).
    Tout le monde en France, parle toujours de Schroeder comme si Merkel ne faisait rien et qu’elle se reposait sur des acquis (sans doute parce qu’une femme……..bref) mais Schroeder était membre du Bilderberg et après avoir fait son sale business, il a obtenu un poste super bien payé de manager dans une multinationale gazière.
    C’est dire qu’il a été bien rémunéré pour avoir bossé pour la poignée de superriches qui possèdent 80% des richesses de la planète et tiennent à les garder voir à s’enrichir encore.

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  2. Pour résumer, c’est toujours la guerre. Celle des possédants envers les prolos, comme au temps de Ford, de Hitler, de Rockefeller, de Prescott Bush : le nationalisme n’est qu’un prétexte. Du moins pour ceux qui attaquent.

    D’où le côté surréaliste et pervers du 8 mai, qui n’a rien résolu.

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  3. Mouais, d’un autre côté vivre dans un monde merveilleusement égalitariste où chacun aurait sa ration de semoule et ses 5 légumes bio selon le plus rigoureux végétarisme, le niveau de vie et la dépense énergétique d’un ouvrier du Bengladesh mais quand même l’assistance médicale de base, on est des humains, d’abord, pas des chiens, (comme le préconisent certains « penseurs », et je caricature à peine, ça me rappelle un peu la « révolution culturelle » chinoise, va savoir pourquoi) ça ne me séduit pas vraiment non plus. C’est un peu arriver à la même chose que ce que mijote cette coupole mondiale maffieuse qu’est le Bildermachin, mais par des voies inverses, et qui n’épargne pas davantage des moyens assez sinistres pour y parvenir.

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  4. Bien sûr, s’il n’y avait pas cette sinistre « publicité » (lisons propagande) pour insuffler des besoins qu’on n’a pas ; s’il n’y avait pas des très riches qui profitent des efforts des autres ; les choses ne se poseraient pas du tout dans ces termes.

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