Quand la pensée magique du libéralisme social entre à l’hôpital… ça fait mal.

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Cela semble être la clé de sol de toutes les partitions technocratiques des gestionnaires d’établissements publics, qui justifient par là-même toutes les situations, même les plus inadmissibles, sans contestation possible. Un seul maître mot : l’organisation. Vous n’avez pas assez de temps pour faire ce que vous devez faire ? Vous manquez certainement d’organisation ! Même quand vous faites le boulot de 3 personnes pour le prix d’une… Formations, congés, arrêts-maladie, départs en retraite, et autres absences imprévisibles, ou  syndicales,  non remplacées, tout ce qui fait le quotidien d’un salarié de la fonction publique hospitalière, on s’en fout ! L’important, le vrai, ce n’est pas votre état d’âme et la fatigue ou l’usure de ceux qui restent, mais la continuité du service public, à marche forcée, le doigt sur la couture du pantalon. Et gare à qui dénonce la loi du talion et l’omerta de la souffrance au travail dans les établissements publics, et notamment hospitaliers… Il sera d’emblée ostracisé, vilipendé, méprisé, mis à l’écart, entouré d’une bulle de silence condescendant. On ira même jusqu’à se demander s’il n’y aurait pas là une bonne dose de souffrance personnelle qui viendrait s’y mêler, même quand ce n’est pas le cas, juste histoire de le discréditer un peu plus tout en montrant aux autres quelle est la seule voie possible : le silence et le renoncement, quitte à subir des conditions de travail inhumaines et parfois dégradantes. La peur de perdre son emploi dans une époque qui en manque tant agit à plein… Les contractuels sont légion, dans la fonction publique.

Aussi, quand j’ai entendu cette fable de la Fée Marisol qui consiste d’un coup de baguette magique à transformer la situation intolérable des personnels et des patients (chez nous, on dit usagers) des services d’urgence en havre de paix par la seule intervention de sorciers de la planification rationalisée des occupations de lits,  j’ai le droit, un petit peu plus qu’un autre peut-être, de douter. Je sais de quoi je parle. Et j’adresse toutes mes pensées en ce moment à celles qui tentent avec les moyens du bord de nous soigner le mieux du monde quand nous sommes entre leurs mains… Alors que leur monde, qui est le nôtre quand nous sommes souffrants ou blessés, est en difficulté… Il suffit d’aller sur cette page facebook pour s’enquérir de leur état d’esprit face à cette mesure qui manifestement, en fait sourire (jaune) plus d’un(e)… On est tellement à côté de la plaque (certaines me disent que cela se fait déjà depuis des années ici et là..) quand on voit des situations comme celle que je viens de prendre au hasard dans la page des #NB3NP , ne citant pas son nom pour ne pas lui créer d’ennuis… :

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Bon, je sais, ce n’est pas le même domaine, mais avec la fonction publique hospitalière, et l’amélioration des conditions de travail des personnels soignants, Marisol, c’est quand qu’on va où ? Car ce genre de situations commence à se généraliser un peu trop dangereusement… Nous en connaissons tous, et de plus en plus. Allez vous adopter dans ce cas vos plus beaux atours et votre belle voix flûtée pour nous parler de l’amélioration de la qualité dans les services, de la rationalisation de l’organisation du travail, et de ces gestionnaires de lits qui ne nous donneront pas plus de bras ? Assez de belles phrases. Des actes !

Sur le sujet, lire aussi : Comment sauver l’hôpital public ? Une intéressante table ronde qui permet de resituer à un niveau plus global le contexte particulier dans lequel s’inscrit cette mesure partielle (sinon partiale) en un condensé très instructif…. et facile à lire.

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