Le #PS réinvente le procès en sorcellerie… (et dit merci à #Quatremer)

201008111712_zoomLe PS réinvente le procès en sorcellerie… pour disqualifier un adversaire gênant : Mélenchon, qui pose de très bonnes questions, structurelles et systémiques. Si le PS acceptait un réel débat sur les sujets fondamentaux avec le Front de Gauche, nous n’en serions pas là. Cette situation n’est-elle que de notre fait ? Je n’en suis pas franchement sûr… au vu du refus systématique du PS de dialoguer, si ce n’est pour nous railler, comme nous l’avons vu dans le débat télévisé entre Cahuzac et Mélenchon, où le mis en examen a si stupidement nié la réalité de la lutte des classes qui pourtant s’opère bien brutalement en ce moment. Quelques éléments d’appréciation à l’intention des lecteurs qui ont envie de se poser, sinon les bonnes, du moins tout simplement des questions.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi la polémique de la fin de la semaine ou qui prendraient le train en marche sans avoir lu nos précédents billets sur le sujet, résumons rapidement. Les instances européennes ont mis le couteau sous la gorge des chypriotes en proposant de taxer les épargnants, y compris les petits, pour rembourser la dette du pays. Cela nous a scandalisés, au Front de Gauche, de constater que, alors qu’ils n’étaient pour rien dans cette crise financière (contrairement aux banques et aux dirigeants…), c’étaient les particuliers qui devaient payer les pots cassés. Et voir même la France, en la personne de Moscovici, ratifier une telle demande démocratiquement illégitime nous a fortement indignés. Ceci d’autant plus que Mario Draghi, ancien de Goldmann Sachs et patron de la Banque Centrale Européenne, n’a pas hésité à lancer une véritable déclaration de guerre envers Chypre lorsqu’il a appris que le gouvernement chypriote suivait l’avis de son peuple en refusant le plan de sauvetage des finances de leur pays. Le patron de la BCE a en effet menacé ni plus ni moins en effet que d’organiser un véritable blocus économique, ce qui n’est pas rien. Mon estimé confrère de Politeeks a étudié juridiquement la question et a estimé de bon droit semble-t-il que cette décision était entachée d’illégalité. Qu’importe. Ces gens là ne sont pas à ce genre de détail près, comme on l’a vu sur un certain nombre d’exemples de contournements de la volonté populaire pourtant clairement exprimée à l’occasion de plusieurs référendums, dont chez nous.

Deuxième étape : alors que le Parti de Gauche organisait son Conseil National ce week end, le malfaisant Carvounas lançait sa fatwa envers Mélenchon d’entrée de jeu, sans sommation. Ce travail de sape s’est ensuite poursuivi chez les socialistes inféodés à Hollande et plutôt, il faut le dire, à droite de cette gauche  là, par une très opportune prise de balle au bond. Comme on dit par chez moi, l’occasion fait le larron. Et des larrons, voire des ladres, il n’en manqua point ce week end. Sur la base d’une phrase tirée de son contexte et d’une très mauvaise compréhension (si ce n’est un procès d’intention savamment orchestré par des gens qui y ont un intérêt tout personnel), des déclarations toutes plus indignées les unes que les autres vinrent donc condamner l’anti-sémitisme supposé de Mélenchon. Comme je l’ai déjà expliqué ici, et que d’autres que moi ont pu constater également, un tweet intempestif d’un journaliste de Libération est au cœur de ce dispositif :

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Autour de celui-ci, on a d’autant plus rapidement  franchi allègrement le point Godwin qu’on cherchait l’incident et l’occasion de décrédibiliser un adversaire de plus en plus gênant, qui renvoyait un peu trop directement par un effet miroir les propres contradictions quand ce n’est pas les compromissions des orientations dites socialistes, qui vont à l’encontre des intérêts populaires, comme l’exemple chypriote l’a montré très clairement. Politis vient en tous cas clairement démontrer l’inanité de cette polémique et le caractère diffamatoire de ces accusations. Mais comme l’a dit Mélenchon en répondant vertement à ses calomniateurs, chassez la rumeur, il en restera toujours des traces chez les gens de mauvaise foi… C’est trop tard, le mal est fait. Et notre rancœur envers cette injustice est bien là, qui aura du mal à s’éteindre sans contrition d’aucune sorte de la part des socialistes qui se sont rendus coupables de cette calomnie.

Mais beaucoup plus intéressant à traiter pour développer le nécessaire débat entre front de gauchistes et socialistes (de bonne foi et qui ont une volonté de dialogue, je sais qu’il y en a, malgré les contre-exemples) : un autrefois plus prolifique  blogueur socialiste que je respecte, Abadinte, s’est offusqué dans cette affaire des propos de Mélenchon, non pas sur ce supposé antisémitisme de Mélenchon auquel il ne croyait probablement pas plus que moi, mais de ce que l’on reprochait la trop grande promiscuité entre ce gouvernement et les milieux d’affaires, voire affairistes, ainsi que de faire le jeu des financiers à courte vue. Je m’étonne de cette remarque, car pour nous ce point est on ne peut plus évident compte-tenu des actions et de la composition de ce gouvernement, qui n’a pas franchement visiblement rompu avec ces milieux, et n’a pas fait montre d’une réelle volonté d’affronter la finance internationale, si ce n’est avec un pistolet à bouchon. Quelques exemples :

-la signature du TSCG, qui a clairement démontré que contrairement à ses engagements, Hollande entrait dans le jeu de l’austérité alors qu’il avait prétendu pendant sa campagne le contraire
– l’ANI, qui va dans le sens du Medef d’instaurer plus de flexibilité et moins d’obstacles aux licenciements, et va à l’encontre du code du travail, poursuivant l’œuvre de détricotage opérée par Sarkozy,  alors que le contexte exige le contraire, et que le fait de mettre en place une plus forte protection des salariés pourrait être source de davantage d’indulgence du front de gauche envers ce gouvernement. En quoi et sur quel point, s’il veut être à l’abri de nos critiques acerbes, ce gouvernement nous  a-t-il en effet  jusqu’à présent donné satisfaction, sur quel point ? Pour l’instant, je n’en vois guère… Intransigeant jusqu’à nous laisser penser à nombre d’entre nous qu’il fait une politique de droite, c’est dire

– la timidité excessive avec laquelle ce gouvernement a opéré ce qu’il avait pourtant promis également, tout comme le candidat Mélenchon, à propos de la séparation des activités des banques pour mettre les petits comptes à l’abri des spéculations excessives. Une telle timidité que même à Londres, la patrie des banquiers, on a été plus fermes, c’est dire.

– le Cercle de l’Industrie, lobby patronal français dont DSK est à l’origine,  a compté parmi ses membres jusqu’en 2012… Pierre Moscovici, l’actuel . Didier Migaud, actuel président de la Cour des Comptes et accessoirement socialiste, en fait toujours partie.

– Enfin, les maintenant fameux dîners du siècle rassemblent toujours à en croire la fiche wikipédia un certain nombre de personnalités politiques du PS dont plusieurs présents dans ce gouvernement. Je vous laisse les découvrir…. Qu’ils figurent aux côtés de Laurence Parisot ou d’Ernest Antoine Seillière, dernièrement mis en cause par la justice lui-aussi,   n’est pas du meilleur augure vis à vis de l’impartialité qu’on pourrait attendre de nos gouvernants, ni des éventuels conflits d’intérêts que cela pourrait entraîner.

Aussi, comme Eva Joly, j’appelle de tous mes vœux à un assainissement du paysage politique et public par un grand coup de balai dont je l’espère encore (c’est urgent et j’ai envie d ‘y croire dans ce qui me reste de naïveté), le président de la République lancera le ton à l’occasion de son allocution de jeudi prochain. C’est une question de survie de notre démocratie. A  moins que l’on ne souhaite voir se répéter le bien triste scénario des législatives partielles de l’Oise… Les socialistes ne tireront-ils donc jamais aucune leçon de l’histoire ? Ce n’est pas moins mais plus de gauche, et en tous les cas davantage de créativité et de fermeté qu’il nous faut. Seule une politique plus volontariste tirera les milieux populaires des griffes du FN. Le PS et ce gouvernement leur donne en effet actuellement bien peu d ‘espoir… Si ce n’est la promesse de toujours plus d’austérité. Et cela n’est pas très rassurant, franchement.

NB. J’ai appris ce matin que Quatremer se serait plus ou moins amendé, rejetant sa faute sur l’AFP… Quel courage ! Mais cela ne change rien : il réïtère dans son billet les sempiternels procès d’intention sur la supposée violence de Mélenchon alors que c’est un passionné qui estime tout comme moi que la violence des milieux financiers et des grands industriels est bien plus grave et calamiteuse pour les milieux populaires que nous défendons,  qui n’ont pas les mêmes moyens pour se défendre, puisqu’il est démontré que certaines élites dirigeantes, publiques ou privées, se côtoient bien volontiers, et sortent des mêmes moules,  des mêmes espaces de formatage de pensée. Et toutes ne voient aucun inconvénient à saigner le peuple à blanc. Et la boucle et bouclée…

NB 2 ; j’apprends que la décision du gouvernement chypriote est notamment de liquider l’une de ses banques plutôt que de taxer les épargnants. Voilà une décision qui me semble, sous réserve d’informations ultérieures, bien plus sage et moins injuste pour les plus modestes. Sauf à considérer le sort des employés de cette banque… La suite au prochain épisode.

NB 3. Quatremer est allé jusqu’à menacer de son épée judiciaire plusieurs copains blogueurs. Voilà qui ne le grandit pas, d’autant plus qu’il brandit chez Nathanaël l’insulte qu’il reproche à d’autres, et se prévaut de ses moyens financiers pour faire taire de pauvres petits blogueurs désargentés…. Nous, devant la 17 ème chambre ? J’espère que, dans mon (encore) grande naïveté, nos amis blogueurs et lecteurs seront nombreux à nous faire de la pub en nous soutenant et en médiatisant notre combat… envers ce pseudo journaliste idéologue pourfendeur de gauchistes patentés, adepte probable du Mac Carthysme. Je vois bien les titres dans la presse : un journal de gauche, Libération, attaque des blogueurs de gauche…. belle pub pour un journal qui révélera la supercherie de sa ligne éditoriale autrefois… de gauche, réellement. Au plaisir, Monsieur Quatremer…. hum !

NB 4 : on attend également les excuses d’un autre célèbre anti-mélenchonniste primaire : j’ai nommé le Sieur Apathie, qui nous a pondu ceci :

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