le Nouvel Obs, organe de propagande de l’UMP

CaptureEn lisant le titre de cet article, je m’attendais à trouver un minimum de réflexion de nature sociologique, ou politique, des éléments d’information qui auraient enrichi ma réflexion sur un thème qui m ‘importe beaucoup. En effet, défendeur du Non en 2005, j’ai toujours revendiqué mon européanisme farouche, mais quelque peu plus humaniste que cette Europe qu’on nous impose, purement technocratique et à visée trop exclusivement économique. Et promotrice de surcroît d’une économie uniquement libérale, sans possibilité d’alternatives, alors qu’elles deviennent essentielles et urgentes. Aucune réflexion sociale ou socio-économique dans le projet unilatéral européen, qui n’est pas le nôtre, qui plaque sa marche forcée contre la volonté des peuples, qu’il écrase sous le rouleau compresseur des politiques austéritaires, sans aucune considération pour les êtres humains  qu’il condamne à la famine et au désespoir, sans autre perspective plus glorieuse que le tour de vis budgétaire permanent. Beau projet.

Aussi, quelle ne fut pas ma stupeur d’apprendre que si les peuples, en Europe, se soulèvent, c’est uniquement par haine de l’autre, par suivisme populiste, par xénophobie (notamment envers l’Allemagne), et que les mouvements de protestation feraient le jeu des mouvements fascistes comme Aube Dorée :

[…] dans ce climat délétère, la montée du populisme – hier grec avec la néonazie Aube dorée, aujourd’hui italien avec le Mouvement 5 Etoiles de Grillo – est imputée à l’austérité imposée par une stratégie européenne d’inspiration allemande. Dans la crise politique qui perce après les convulsions financières et économiques, l' »Europe austéritaire », comme la qualifie Paul Krugman, le Nobel d’économie, serait le problème et non la solution. Et, dans son glissement progressif dans le populisme, mélange d' »antieuropéisme », d’antiparlementarisme, de détestation des élites et de xénophobie, l’intransigeance de la « vertueuse », l’Allemagne, aurait une responsabilité à la mesure du « Merkel bashing ».

Plus loin, la conclusion est sans équivoque possible quand à la responsabilité des tenants du refus de l’austérité sur l’avènement de l’extrême droite :

Marine Le Pen convaincue de « faire un tabac » aux européennes

Le résultat est là : l’austérité, en gagnant, fait le lit du populisme. Surfant comme Grillo sur un « triple refus de l’euro, des élites et du système », dans un climat de défiance comparable à celui de l’Italie, Marine Le Pen est convaincue de « faire un tabac » aux européennes, puis aux municipales. « Les populistes sont comme les hackers, ils « plantent » le système comme ils veulent », prévient Dominique Reynié.

Nous y voilà… Dominique Reynié, grand adepte de la religion libérale, et accessoirement directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, un groupe de réflexion de tendance libérale fondé en 2004 proche de l’UMP… Mouvement qui lui-même ne rechigne pas aux thèses lepénistes, qui le dérangent si peu, et dont on verra aux prochaines municipales qu’il est particulièrement miscible avec l’extrême-droite.  La boucle est bouclée. Dis moi qui tu cites, je te dirai qui tu es, et d’où tu parles… Monsieur Fredet ! Le point de vue, même politique, peut avoir une acceptation plus qu’idéologique : géographique… La géographie des dominations intellectuelles, et de la proximité des intérêts économiques. En effet, comment penser autre chose que du mal de la révolte des peuples quand on sert soi-même de si mauvais maîtres : ceux du monde de l’argent, et des intérêts dominants ? Qu’on est si proche des européistes étriqués et sans aucune considération sociale qui nous gouvernent si mal ? 

J’avais autrefois du beau métier de journaliste une conception plus noble, dans laquelle je me plaisais à penser que cela devait se mériter, par une qualité de réflexion, un souci de rigueur et d’exactitude dans les informations délivrées, et qu’elles devraient à minima en être, des informations… Aujourd’hui, plus rien de tout cela. Des gens qui n’ont pour mérite (tout comme moi et bien d ‘autres, innombrables aujourd’hui plus qu’hier),  de savoir écrire se dissimulent derrière des paravents journalistiques pour asséner leurs propres vérités et celles de leurs maîtres. Et cela sans aucune considération et probité intellectuelle envers leurs lecteurs. Ces gens là feraient mieux d’annoncer d’emblée la couleur et d’écrire sous leur titre non pas Journal d’information, mais organe de propagande de l’UMP. CQFD. 

Aussi, j’invite les rédacteurs de la fiche wikipédia à peaufiner leur article, de toute évidence inexact :

Le Nouvel Observateur (un temps intitulé France Observateur) est un hebdomadaire français d’information générale, dont le premier numéro sous son nom actuel a été publié le 19 novembre 1964, dix ans après sa création sous le nom de France Observateur. Il appartient au groupe PerdrielLe Nouvel Observateur est un journal de gauche (considéré de sensibilité sociale-démocrate)[réf. à confirmer]1

La référence est effectivement à confirmer… Drôle de gauche que voilà, qui déconsidère les peuples en les faisant passer pour ce qu’ils ne sont pas.  Mon peuple à moi, il est bien plus compliqué que cela…. Celui qui a pris la Bastille aurait-il été considéré par les journalistes libéraux de l’époque comme un ramassis de fachos ? Et Robespierre comme un vulgaire coupeur de têtes

Comme on dit sur twitter, #jedisçajedisrien…

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7 réflexions sur “le Nouvel Obs, organe de propagande de l’UMP

  1. Nouvel Obs, journal de sensibilité « sociale démocrate » ? Je ne me doutais pas que les journaux people avaient une sensibilité autres que racoleuse. Suffit de voir ses dernières Unes. Alors, comment peut-il faire des… « analyses et/ou réflexions approfondies » ?

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