Salariés, fonctionnaires, même combat !

Hollande-PSA-Placide

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Aujourd’hui, les fonctionnaires font grève (« encore ! », me direz-vous ?) à l’appel de 3 syndicats (CGT, FSU, Solidaires) pour porter leurs revendications, essentiellement liées à leurs conditions de travail et leur pouvoir d’achat. Et comme ils sont plus de 5 millions, il devrait peser lourd dans la balance commerciale… intérieure.

Pourtant, leur salaire est figé depuis 2010. Ce qui veut dire qu’il diminue, à euros constants. Ils demandent également un moratoire sur les suppressions de postes et l’abrogation du jour de carence sur les arrêts maladie. Au vu de certaines critiques (et pas seulement à droite…) sur leur supposée difficulté à accepter les changements (ainsi, lors du dernier mouvement de grève dans l’enseignement suivi à près de 80 %…), peu de gens semblent connaître les réalités quotidiennes des agents de la fonction publique, et combien les conditions de travail sous la pression de logiques purement technocratiques et comptables se sont considérablement dégradées, au point d’entraîner une augmentation significative des risques psychosociaux dans certains secteurs (suicides, arrêts pour dépression, de longue durée…). La logique austéritaire comporte aussi (ce n’est pas qu’un concept) une dimension humaine dans certains cas plus que dramatique. On ne supprime pas un poste sur deux sans effets sur ceux qui restent en termes de volume de travail à supporter. L’Etat français est en train d’accomplir sous nos yeux sans broncher l’un des plus gigantesques plans sociaux de toute l’histoire sans que ne soit mis en place un accompagnement adéquat des conséquences de cette saignée. C’est criminel, et à mon sens attentatoire à la dignité humaine, au respect de l’être humain, et contraire à la logique de l’action publique.

Toutefois, sous la tutelle d’un gouvernement de gauche, les fonctionnaires devraient donc pouvoir être beaucoup plus optimistes… Que nenni : cet état de fait ajoute en fait à leur rancœur, je le sais. Partout, il manque des postes, des services entiers sont supprimés du jour au lendemain, parfois avec des explications bien peu convaincantes…. La même logique destructrice d’emploi est à l’œuvre partout, dans le public comme dans le privé.

Qui, dans les conditions dans lesquelles ils travaillent et que je connais de plus en plus précisément, pour des pans entiers de ce fonctionnariat, qu’il soit d’Etat ou des collectivités territoriales, peut encore prétendre que les fonctionnaires sont des nantis, des privilégiés qui ne veulent rien changer alors qu’ils bénéficient d’un luxe inestimable : la sécurité de l’emploi ? C’est de moins en moins vrai. Alors qu’ils payaient auparavant ladite sécurité en étant payés jusqu’à 30 % de moins que dans le privé, ils ne sont même plus sereins quant à l’avenir de leur fonction, du service qu’ils rendent à la population. Les exemples les plus frappants peuvent être aisément trouvés, comme dans certains services hospitaliers, par exemple… Mais pas que.

Le gouvernement, pourra-t-il encore longtemps motiver et convaincre les fonctionnaires de la (prétendue)  nécessaire saignée sans aucune contrepartie, d’aucune sorte ? Nous risquons d’assister à des mouvements très durs, dans lesquels la violence n’est même plus à exclure, si rien n’est fait pour assouplir la tendance, dans le public comme dans le privé. Les mécontentements sont de plus en  plus nombreux et intenses, profonds. Tellement que même une promesse de cash sur la table tout de suite  risque de ne pas suffire. Le mal est plus profond. Il y a crise de confiance, à tous niveaux. Le pacte social est en train de se rompre…

Il manque en effet actuellement la seule chose dont l’être humain ne peut se passer : la reconnaissance du service rendu, et le respect. Or, pour reprendre la formule vue hier dans une vidéo du Monde.fr, « on se sent comme de la merde »… Dans le public comme dans le privé. Fonctionnaires, salariés, même combat, face à un état et une oligarchie qui tente selon la bonne vieille formule cynique de vous diviser pour mieux régner. Ne soyez donc pas dupes…

4 réflexions sur “Salariés, fonctionnaires, même combat !

  1. Avant, on gardait les blagues et les clichés sur les fonctionnaires pour le café du commerce. Maintenant, ce sont les politiques et les journalistes de premier rang qui reprennent ça à leur compte, ça permet de liguer le reste de la population contre eux et de tout niveler par le bas.

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  2. @le bien pensant : Effectivement, la soumission totalement aveugle et sans le moindre sens critique est tellement omniprésente que personne ne trouve anormal qu’on puisse voir des diminutions de salaires de 30 %, au risque de voir les gens s’appauvrir et ne plus pouvoir faire face à leurs dépenses de survie,comme c’est le cas en Grèce… Le voir appliquer en France, après tout, pourquoi pas ? Où est le problème ? Puisqu’on vous dit qu’il faut assainir la santé financière du pays, bon sang ! (une vraie dictature qui ne dit pas son nom, oui !)

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