Les suédois vont-ils manger le pain des grecs ?

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Le modèle social européen vire-t-il à la concurrence de tous contre tous ? On pourrait le penser à première vue,  et voir le spectre de la directive Bolkenstein et de son inamovible cliché du plombier polonais venir débarquer dans des pays pourtant touchés de plein fois par la récession et son corollaire,  le chômage de masse. L’agence pour l’emploi suédoise vient en effet d’exhorter ses ressortissants à se positionner sur des postes en Grèce ou en Espagne.   « Des centaines d’emplois estivaux autour de la Méditerranée à prendre pour les jeunes Suédois ». « Kristina Gärdebro Johansson, conseillère du programme des emplois européens (EURES) à l’Agence pour l’emploi. « Nous espérons que nos jeunes Suédois décrocheront chacun de ces boulots. »

 Cette fois, on pourra toutefois rétorquer qu’il ne s’agit que d’un problème d’adaptation des compétences en termes de maîtrise de la langue… Peu d’espagnols ou de grecs maîtrisent en effet le suédois.

 Mais. Quand des politiques au libéralisme avancé commencent par avancer l’argument selon lequel les européens, et plus particulièrement les français, sont beaucoup moins mobiles que les américains en recherche d’emploi, comme je l’ai vu je ne sais plus où, on peut légitimement se voir préoccupé par le chemin que prennent nos sociétés européennes…  Une avancée sociale, celle qui rajoute l’obligation de mobilité et d’expatriation, à celle de la précarité et de la flexibilité à outrance, en stigmatisant de plus en plus durement les chômeurs alors que nos sociétés ne sont plus en capacité de leur donner à tous des emplois  ? Je n’en suis pas sûr…

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