Quelle éthique, Madame De Menthon !

220px-Sophie_de_Menthon_2012Sophie de Menthon n’est pas n’importe qui, et son comportement public a donc doublement  valeur d ‘exemple : en tant que femme tout d’abord,  et ensuite et surtout en tant que représentante d’un mouvement patronal,  et pas n’importe lequel :  elle est en effet Présidente du mouvement Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance (Ethic), qu’elle préside depuis 1995. De plus, n’est-t-elle pas membre du Conseil économique, social et environnemental ? Il se trouve en outre  qu’elle a également été  membre du comité éthique du Medef, dont elle a démissionné selon sa fiche wikipédia le 9 avril 2009. La raison en est intéressante : Madame De se sentait  « en décalage » avec le mouvement patronal, et entendait marquer son « désaccord fondamental » avec la réflexion menée par Laurence Parisot sur l’encadrement des rémunérations des patrons. « Ben v’la ! », comme on dit par chez nous… Quel sens de l’éthique et de la morale ! Mais si ce n’était que cela… Vous n’êtes pas au bout de vos peines ! Sachez,  Mesdames surtout (une pensée pour Euterpe) que le machisme et les déclarations vomitives ne sont pas le seul fait de la gente masculine, à qui n’est pas réservée la palme de l’indignité. En effet, Rue89 nous révèle aujourd’hui que cette haute pensée de la droite populaire (elle officie aux « grandes gueules » sur RMC, c’est donc qu’ elle l’est un peu !) vient de décrocher la timbale avec cette déclaration de la plus haute distinction aristocratique, à propos de Nafissatou Diallo, la victime de DSK :

  • « Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux » ;
  • « C’est un conte de fées » ;
  • « C’est un tromblon. Elle n’a rien pour elle, elle ne sait pas lire pas écrire, elle est moche comme un cul, et elle gagne 1,5 million de dollars, c’est quand même extraordinaire cette histoire. »

Voilà de quoi alimenter la pensée féministe pour plusieurs générations… Y a encore du boulot. Et pas seulement auprès des hommes. Cette déclaration est franchement une honte et une marque d’infamie pour celle qui l’a prononcée, quel que soit son statut social. Et les producteurs de l’émission devraient en tirer les conclusions qui s’imposent. Tout n’est pas permis sous prétexte de rigolade. Je connais des « bars PMU », pour rependre l’expression de la journaliste de cet article,  un peu plus civilisés dans lesquels on ne se permettrait pas ce genre de privauté… Mais puisque l’animateur des Grandes Gueules défend contre vents et marées ce genre de comportement… Allons toujours plus loin dans la putréfaction.

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