#Mittal : la NATIONALISATION ou la mort… de nos compétences sidérurgiques françaises

L’Etat français, à travers la représentation d’un gouvernement qui apparaît de plus en plus maladroit et cacophonique avec toutes ses voix discordantes, va-t-il se retrouver de nouveau cocufié comme il l’a été à maintes reprises dans le passé par d’autres sacro-saints « investisseurs étrangers » aux pratiques malheureusement trop connues en Lorraine ? Le cas de Daewoo, en termes de cynisme industriel, est encore ici bien présent dans les mémoires… et a laissé des traces indélébiles.

 Aussi, plus que jamais, le communiqué du Front de Gauche qui suit, auquel j’adhère sans réserve, me semble plus que jamais d’actualité. Mr Ayrault doit s’attendre ce soir à un comité d’accueil chauffé à blanc de la part de syndicats plus que refroidis par les tergiversations au plus haut sommet de l’Etat.  Le fossé assez impressionnant entre les promesses et la réalisation du gouvernement passe très mal ici, d’autant plus que l’accord a déjà été rendu public malgré la pusillanimité du gouvernement envers cette demande des syndicats…  Certaines failles dans le processus de contractualisation nous laissent songeurs, tant les droits de Monsieur Mittal semblent beaucoup plus larges que ses devoirs… et ses engagements, réduits au strict nécessaire.

 Ce dossier ressemble de plus en plus pour bon nombre de lorrains, et particulièrement les mieux informés, comme un marché de dupes, et risque de se révéler comme le Gandrange de Hollande. C’est pourquoi je suis si fier de partager ce communiqué du FdeG :

 

Le Front de gauche dénonce un marché de dupes avec Mittal 
et réaffirme la nécessité d’une nationalisation

Jean Marc Ayrault et son gouvernement ont renoncé à la nationalisation et préféré le scénario d’un mauvais film dont la fin est déjà connue. Les salariés sont déçus et en colère : ce n’est pas un sursis ou une mort lente qu’ils revendiquaient mais un vrai engagement de l’Etat dans le capital de Florange, garantissant une intervention publique forte et créant les conditions d’une démocratie salariale pour un projet industriel d’avenir.

Au lieu de cela, le Premier Ministre leur a tourné le dos en pactisant avec « le diable de l’acier » sur de vagues promesses.

Un vrai tour de passe-passe où le loup reste dans la bergerie et promet de ne plus attaquer !

Comment le gouvernement peut il nous faire croire aux promesses du milliardaire L. Mittal quand celui ci dans tous les sites belges, luxembourgeois et français privilégie une stratégie financière contre l’investissement productif ?

Comment peut il défendre le chiffre de 180 millions d’euros d’investissements sur le site (moins qu’à Gandrange) quand le rapport ministériel Faure préconisait plus de 600 millions d’euros nécessaires pour relancer un projet industriel ambitieux avec Ulcos en ligne de mire ?La presse annonce que seuls 53 millions d’euros, sur 180 millions d’investissements promis sur 5 ans, seront consacrés à des « investissements stratégiques ».

Enfin, comment a-t il pu renoncer à la perspective du redémarrage des hauts fourneaux dans l’accord avec Mittal, en acceptant simplement un entretien qui couterait 8 millions d’euros par mois, 96 millions par an ?

Une nouvelle fois, les décisions prise au plus haut niveau de l’Etat sont une reculade devant les marchés financiers et devant le MEDEF qui ne veut pas entendre parler de nationalisation.

Pour le Front de gauche, la partie n’est pas terminée ! 

Nous avons besoin de production d’acier en France et cela doit passer par l’amélioration des conditions de production en intégrant les contraintes d’économie d’énergie et de moindre émission de gaz à effets de serre. C’est pourquoi la volonté de mettre en œuvre le projet Ulcos doit être confirmé.

Le Premier Ministre doit s’expliquer. Le contenu de l’accord entre le gouvernement et Mittal doit être entièrement rendu public. Le gouvernement ne doit pas se cacher derrière cet accord de dupes où le seul vainqueur est Mittal. Comme à Liège, c’est la fermeture annoncée. Il faut en finir avec les tractations opaques, les mensonges : les négociations doivent être transparentes.

Pour le Front de gauche une solution durable passe par la mise sous contrôle public et sous celui des salariés du site de Florange

Le Front de gauche est solidaire du combat des travailleurs d’Arcelor Mittal : avec eux nous disons « on ne lâche rien » et exigeons la nationalisation immédiate. Nous appelons d’ailleurs à signer la pétition des sidérurgistes qui porte cette exigence.