Hollande ? No future.

Puisque Juan a l’amabilité de nous interpeller si gentiment du fond de ses Coulisses, nous serions fort désobligeants de ne point satisfaire à sa légitime curiosité… Et cela bien qu’elle puisse prendre parfois des contours tout aussi acrimonieux que ceux qu’il reproche à notre gourou tant aimé. La preuve en est que notre illustre blogueur – l’un de ceux que pourtant je respecte malgré nos divergences – s’est senti obligé d’appeler à la rescousse, par le biais d’un lien dissimulé sous le mot « courage »,  un lascar bien peu respectueux des règles de politesse les plus élémentaires qu’il demande pourtant à d’autres.

Et donc, puisque Juan rebondit sur une sentence de Mélenchon qu’il s ‘agit de replacer dans son contexte pour ne pas en dénaturer le sens, puisqu’elle n’est pas tout à fait exacte (le blogueur a certainement eu tort de faire aussi aveuglément confiance au JDD), citons là pour le plaisir : « Jean-Luc Mélenchon, ce dimanche 11 novembre, a exhorté quelques responsables de la gauche dit gouvernementale d’avoir le courage de le rejoindre. ». Et bien ce n’est pas tout à fait cela, la nuance est importante, à moins de vouloir caricaturer volontairement, comme c’est souvent le cas dès qu’on parle de Mélenchon. Faites vous donc votre propre opinion en regardant la totalité de cette vidéo :

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=rKj5aJwavNo&w=560&h=315]

La citation exacte est donc : “Au lieu de servir de décor de gauche à François Hollande et Jean-Marc Ayrault qui n’écoutent rien de ce que vous proposez, qui n’ont repris aucune de vos propositions, est-ce que vous n’êtes pas capables un jour d’avoir le courage que j’ai eu avec d’autres et de dire maintenant ya basta ? »

Ce qu’il fallait démontrer. Et d’une. Il fallait à mes yeux effectivement du courage pour quitter un parti à qui on a consacré – faut-il le rappeler –  autant de temps, avec les avantages qu’il lui procurait, et qu’il lui aurait encore davantage procuré s’il s’était contenté de rester dans les rangs socialistes, maroquin en prime… et emmerdements en moins : certains ministres sont en effet beaucoup moins sur la ligne de front évoquée par notre ami blogueur que d’autres. Qui voudrait de la place de Mélenchon aujourd’hui, lui qui se voit si souvent conspué ? Quand ce n’est pas ridiculisé… malgré l’apport indéniable qui est le sien, à gauche.

Deuxio, à propos de ceci : « Mélenchon a encore beaucoup de travail à accomplir pour faire croire et convaincre que l’alliance des contraires sera une alliance réelle ». Il est une chose qu’aucun commentateur politique sérieux ne peut enlever au co-président du Parti de Gauche : le fait qu’il ait réussi ce qui paraissait invraisemblable il y a encore quelques années seulement : rassembler en une telle force et une telle dynamique une cohorte de partis et mouvements à gauche du PS autrefois irréconciliables, au point que même le NPA dans certaines régions rejoigne cette coalition. Et de deux.  Il n’y a en outre pas de convictions contraires quant on est militants sur le terrain à Notre Dame des Landes, ou contre le TSCG, comme l’évoque Mélenchon dans cette vidéo, pour seul exemple.

Enfin, pour clore là cette réponse à nos détracteurs (elle ne s’arrête donc pas au seul blogueur des coulisses, comme un autre billet ne s’arrêtait pas au seul Melclalex), quant à l’argument purement comptable  du « maigre » tiers que nous représenterions si le rassemblement souhaité par Jean-Luc Mélenchon était effectif, je crois pour ma part davantage à la force d’entraînement de nos convictions et d’un projet de société alternatif qu’à de vulgaires additions purement contextuelles qui ne servent qu’à consolider un statu quo qui nous mène dans une impasse, comme on le voit si bien en Grèce, en Espagne,  et ailleurs. L’austérité, non merci : très peu pour nous. Aucun avenir là dedans.

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10 commentaires

  1. @jacques : je vais changer au fur et à mesure de mes disponibilités certains éléments du décor de l’interface de ce blog afin qu’il soit le plus lisible possible, et je compte sur vous pour me dire si cela vous convient mieux ou pas. Je vais donc commencer par le fond qui manifestement indispsoe, et pas seulement vous, effectivement… je voulais juste donner une impression de papier vieilli, mais la formule ne semble pas heureuse, donc je vais en changer.

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  2. Je voudrais bien lire tous vos articles,mais est-ce ma vision défectueuse,ou la couleur orange du fond d’écran?Je ne peux jamais aller au bout de la lecture.Je voudrais vraiment savoir si d’autres personnes sont dans mon cas.Je vous remercie d’avance de votre réponse.

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  3. Amis Socialistes, libérez le Juan que l’on aimait, le Juan lucide qui ne se laissait impressionner par aucun argument foireux de l’équipe Sarko. Nous ne sommes pas des pigeons, nous avons tous compris qu’il ne s’exprime pas librement et que sa femme, ses enfants, voire les deux, sont menacés par des Solferinados enragés pour qu’il tienne ce discours lénifiant…
    Sauvons le soldat Juan !

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  4. Juan et les autres gagas sur le tard du hollandisme oublient combien représentait leur chouchou avant la chute de DSK…
    M’enfin, donner de l’importance à des bloggeurs prêt à renier tout ce qu’ils ont dit, très peu pour moi. D’ailleurs, je ne les lie plus, puisqu’ils ne veulent même pas amorcer une discussion avec leurs détracteurs mais se contentent d’applaudir ceux qui les louent.
    Donc perso, les Melcalex, Juan, Seb.Musset, je les laisser à leur adoration pseudo critique et je saurais leur rappeler quand ils pleureront devant le désastre qu’ils nous préparent. En attendant, il y a encore des choses à sauver,

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  5. ce que j’ ai commenté chez Juan , il n’ y a que les remarques sur ses remarques qui sont de moi

    En finir avec la gauche qui écœure

    Voilà une vision, une analyse, une réflexion décapante qui bouscule que ceux qui ne veulent pas voir, qui se contente de jouer aux autruches. Cela fait mieux ressortir le caractère hors sol et hors propos du projet de base commune qui nous est proposé par les dirigeants du PCF. Base qui n’est absolument pas à la hauteur, et des enjeux et des possibles. Faute de prise en compte des phénomènes que décrit André Tosel (comme le fait la base commune proposée) nous ouvrons un espace inespéré à ce qu’il y a de plus réactionnaire, de plus rétrograde dans notre pays. Faute d’occuper l’espace national seul pertinent pour l’exercice de la souveraineté populaire, nous courons le risque énorme de livrer l’électorat populaire aux adeptes du F.N. A moins de se placer dans un horizon social-démocrate comme indépassable ? Opinion respectable, si elle est assumée !

    Bernard Trannoy

    Humanité Dimanche 9 au 14 Novembre 2012

    André Tosel

    Dans ces extraits que nous publions (1), le philosophe André Tosel dénonce le principal danger induit par écœurement face à une gauche qui refuse de mener la politique pour laquelle elle a été élue: racisme, xénophobie, atteintes à la démocratie. Selon lui, « le recours ne peut venir que des mouvements de résistance capables de converger ».

    Nous avons beau savoir que la tradition du parti qui se nomme encore socialiste pour capturer un électorat populaire consiste à ne jamais appliquer le programme des réformes sur lequel il a été élu, et qu’une fois au gouvernement il se rend sans combattre aux diktats du néolibéralisme, cette conception du monde organique du capitalisme mondialisé. Aujourd’hui, ce grand écart structurel n’a aucun avenir. Il n’a d’autre effet que de démoraliser tous ceux qui ont cru au changement et d’ouvrir un boulevard aux forces qui font partie du bloc dirigeant au service de la stratégie de l’accumulation pour l’accumulation et de l’enrichissement sans limites d’une oligarchie aussi cynique que cruelle. Si quelques réformes sociétales ne sont pas négligeables, si certaines mesures sociales sont acceptables, tout ceci s’opère à la marge consentie par le bloc hégémonique qui domine l’Europe, dévaste les peuples et impose des sacrifices irrationnels. (…) La gouvernance néolibérale est le lien qui arrime le PS à ses concurrents politiques et qui fait de lui une aile du même parti unique du capital (avec le chantage au choc des compétitivités, avec l’hymne permanent à la réduction du travail au rang d’une variable d’ajustement à merci). (…)

    Si le mouvement populaire ne reconstitue pas des forces capables d’une insurrection civile, l’échec du PS est à l’horizon proche. Les partis qui constituent l’expression politique du bloc hégémonique capitaliste sont en recomposition et leur alliance tacite ou expresse avec le Front national est une affaire de jours. Le mécontentement populaire est en passe de se transformer en écœurement et ce dernier inclut aussi les forces de la gauche de la gauche qui n’ont pas réussi à réorienter le déplacement des opinions populaires. À terme se profile une solution de type nouveau, une dé-démocratie néo bonapartiste qui légitimera les atteintes à la démocratie en s’appuyant sur des majorités apeurées. (…) Cette dé-démocratie donnera une version institutionnelle aux thèmes d’un nationalisme exclusif, raciste et xénophobe, et elle sera non seulement compatible avec les forces dirigeantes du capitalisme transnational, mais acceptable. (…) Une première conclusion s’impose. Elle est sémantique et intellectuelle. Le mot de gauche est durablement démonétisé et ne recouvre rien de pensable avec rigueur. Il faut abandonner les illusions rémanentes d’une union de gauche encore présente dans l’idée datée et fantomatique d’un Front populaire style 1936. (…) Le PS étant résorbé et digéré dans le parti multiple et unique du capital, il faut faire son deuil de tout espoir en sa transformation. Il faut surtout développer des analyses permettant de comprendre le monde de la globalisation capitaliste et explorer des stratégies débarrassées de ces fantômes. (…)

    Ce n’est pas de l’entité « la gauche » que viendra une réponse.

    Cette gauche est subalterne. Le recours ne peut venir que des mouvements de résistance capables de converger, d’une politique capable d’interpréter les transformations du monde en traduisant le multivers bigarré de ces résistances en un univers pluriel où il s’agit de traduire les raisons des uns dans les raisons des autres. (…)

    Aux militants socialistes actifs dans ces fronts d’œuvrer pour une mutation du PS. Mais nous n’avons pas à les attendre, à regarder le derrière des socialistes pour des raisons électorales. (…)

    Il s’agit notamment de nouer des liens avec tous ceux qui sont hors politique représentative et sont marginalisés durablement pour qu’ils puissent s’inscrire comme forces dans le travail qui redéfinit le travail. Maintenir une alliance sans principe pour une politique mort-née peut conduire à une survie électorale, à sauver des sièges, mais cela ne conduit pas à produire un surplus de vie politique à la base, ni à inventer des partis autrement révolutionnaires.

    (1) Nous publierons dans notre édition de la semaine prochaine l’intégralité du texte d’André Tosel.

    mes remarques à moi
    1 Si soutenir une politique de droite c’ est courageux alors là moi j’ ai peur
    2 la politique proposée ne peux étre en aucun cas celle des sociaux libéraux dont le Parti Sournois qui font la preuve partout dans le monde que cela ne marche pas
    3 Mélenchon n’ a jamais souhaité l’ alliance des contraires mais un éco socialisme vraiment à gauche
    4 Toutes les ?.£¨L^$ ? fourguées par ce gouvernement font la preuve que le vote utile n’ était pas la solution .On ne t ‘attendra pas pour faire une autre république

    Résistance

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  6. Ah bahh…. Politeeeks aurait-il encore frappé ? Sans doute veut-il sous-entendre que faire ami-ami avec les accros au parti soumis serait encore vraisemblable ? Mais ceux qui sont encore aujourd’hui là, n’en bougeront plus désormais. Nous parlons bien entendu de ceux, et ils sont nombreux, qui y ont intérêt. Le bon vieux système du clientélisme fonctionne à plein régime, et le ps n’est plus guère que cela, une imbrication d’intérêts.

    C’est pourquoi la gauche (c’est-à-dire toutes les tendances qui récusent le libéralisme, y compris certaines individualités des Verts) doit se serrer les coudes, en ne regardant plus du côté d’un pouvoir solférinien définitivement dans le mauvais camp.

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  7. bobchezmoi : Juan a dit ceci : le Front de Gauche comme d’autres feraient mieux de bien réfléchir à ne pas antagoniser trop durement celles et ceux qu’ils espèrent convaincre de les rejoindre. Manifestement c’est trop violent pour certains ?

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