#geonpi : lobbies à ciel ouvert. Et bleu. Comme une rose ?

 

 

Rejoignez vite le mouvement d’élimination des pigeons parisiens pour une ville plus saine en cliquant sur l’image

 Modeste contribution à verser au dossier de la lutte contre les dérives colombophiles…

 J’en connais plusieurs en ce moment qui sur la toile dont ils sont prisonniers feraient bien d’expérimenter la proposition de Daniel Vaillant à ses amis socialistes. Le cannabis thérapeutique serait en effet pour ce que j’en sais (c’est-à-dire rien, mon nom me suffira… Ceux qui savent comprendront) une excellente médication, particulièrement adaptée à l’hystérie collective qui s ‘est emparée ces derniers temps des journalistes, des acteurs de réseaux sociaux et  autres blogueurs dits « politiques ».  Je ne voulais pas en parler ici pour ne pas me ridiculiser en me fourvoyant ainsi dans un sujet que je considère franchement comme anecdotique, ainsi que je l’ai commenté chez je ne sais plus qui. En dehors de notre microcosme virtuel, dans l’opinion publique, peu de gens connaissent l’histoire et s’y intéressent, une opinion que semble d’ailleurs également partager (pour une fois, nous sommes d’accord, au moins sur ce point là…) mon meilleur ennemi, Nicolas.

Mais un (très bon) article m’a fait changer d’avis, qui proposait un éclairage différent, battant en brèche la thèse communément admise par de nombreux commentateurs¹  de la reculade gouvernementale face à une poignée de facebookeurs et autres twittos obsessionnels. Le phénomène dont il est question, celui dits des pigeons (#geonpi  en verlan pour les adeptes de la secte twitterienne) qui illustre pourtant finalement bien son époque. Il met en effet en lumière à la fois l’indécision pathologique du gouvernement, le fait qu’il soit piloté comme je l’ai dit depuis le départ par une gauche genre couille molle (et ce n’est pas moi qui le dit, mais une fille !), et les acteurs à l’œuvre dans les processus de décision qui ont court actuellement dans  notre humble basse-cour… :

« Pigeons » : genèse d’une mobilisation efficace

« Une page Facebook et quelques relais efficaces dans la presse auront suffi à leur faire remporter cette guerre éclair contre un gouvernement qui n’avait visiblement pas plus vu venir l’affaire que les syndicats patronaux. »

L’auteur résume très bien l’affaire pour les gens peu versés dans l’art subtil de la colombophilie :

Happy end pour les « pigeons ». Les revendications du mouvement des entrepreneurs contre le projet de loi de finances et l’intégration au barème de l’impôt sur le revenu des plus-values de cessions mobilières, en clair de la revente de parts de société, ont été entendues. Le gouvernement annonce qu’il va revenir sur ces dispositifs et rencontrer des représentants du mouvement issus du milieu des start-ups et des entreprises high tech.

En quelques jours, la mobilisation née vendredi 28 septembre au soir et abondamment relayée sur le Web et les réseaux sociaux, a payé. Les « pigeons » ont su attirer l’attention sur leur cas, que Bercy avait quelque peu oublié : celui des jeunes entreprises et des start-up, dont l’économie repose sur des « business angels » qui investissent dans des sociétés prometteuses avec l’espoir d’en retirer une plus-value quelques années plus tard.

Les « pigeons » ont surtout su fédérer une somme de mécontentements et de frustrations, de la part d’entrepreneurs sincères, qui s’estiment peu entendus et mal représentés par les syndicats patronaux traditionnels, Medef ou CGPME. Pourtant, derrière l’apparente spontanéité de ce mouvement, on trouve quelques personnalités bien connues du milieu high-tech français, dont l’influence a sans doute été déterminante.

Autrement dit, si j’ai bien compris, une simple question de lobbying… Misère de la pensée (et de l’action !) contemporaine. Là où, autrefois,  ce genre de choses se faisait discrètement dans les antichambres des arrières bureaux de secrétariats des ministères concernés, à coups de négociations feutrées, avantages en nature discret nonobstant, ce gouvernement hollandais s’est laissé piégé par une poignée d’individus déterminés. Il faut dire que contrairement aux gauchistes désargentés que nous sommes,  ils avaient à la fois la motivation (financière) et les moyens (financiers, relationnels, techniques et politiques) de commanditer une agence de com (start up elle aussi ?) pour amplifier leur action intéressée.  Plus futée que les autres, l’idée lui est venue, à la p’tiote boite de com qui avait tout à prouver,  qu’elle pourrait  s’inspirer (l’appât du gain achète toutes les consciences morales de l’époque, semble-t-il…)  du mouvement des indignés…  en plus intéressé et moins utile à la collectivité, puisque c’est uniquement pour le profit de quelques uns au détriment du plus grand nombre, comme s’en émeut à juste titre Melclalex (c’était avant qu’il ne emtte de l’eau dans sa bière…). Gloire à lui. Et dire qu’il est des individus pour tenter de minorer la portée de l’action de ce (pourtant si petit) lobby… Ils négligent cependant un léger détail : c’est trop tard. Quelle que soit la réponse du gouvernement, sur le terrain de la com lui aussi, et avec d’autres moyens (les nôtres ?) qui martèle à qui veut l’entendre que les roucoulades des pigeons ont été heureusement mieux vaut tard que jamais entendues, ce qu’en retiendra la postérité, c’est que les bataves se sont fait baiser, qu’ils ne savent pas dire NON. Et dans l’histoire, en matière de communication politique, c’est la représentation que s’en font les gens qui comptera, pas la réalité. Et que se diront-ils ? Qu’une petite dizaine de créateurs d’entreprises exilés à l’étranger qui ont du pognon seront toujours plus forts pour convaincre un gouvernement que des millions de va-nus-pieds – crève la dalle,  ou de sidérurgistes qui défendent leur emploi. Et le fait qu’ils puissent penser cela, c’est grave. Combien même (oui, c’est vrai, faudra suivre, on verra…) les pigeons n’obitendraient-ils qued es miettes. Ces anecdotes mises bout à bout de servilité publique « soumises aux diktats des intérêts financiers et oligarchiques dominants » auront forcément un impact sur la volonté de survie ou à l’inverse l’état de déliquescence du sentiment démocratique dans notre pays.  Que je voudrais bien voir renaître de manière un peu plus constructive et soucieuse, enfin, de l’intérêt collectif pérenne. Mais pour l’instant, tout ce que je vois, c’est que c’est toujours le plus fort qui tire la couverture à lui sans qu’aucun gendarme n’intervienne. Et ça, c’est mal.

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PS. J’en profite pour remercier au passage mon meilleur ennemi, dont j’ai eu l’honneur de me voir gratifier d’un billet rien que pour moi tout seul (gloire !), et non exempt de l’humour si exquis dont il est coutumier. Qu’il médite donc cette phrase, puisqu’il en a : « Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet » (Jules Renard).

PS2 : Madame Parisot n’y va pas de main (langue ?) morte en laissant suinter dans ses propos les origines de son inspiration idéologique… Après le racisme anti-blanc, le racisme anti-entreprises, vraiment ? Etait-ce bien nécessaire, cette surenchère de xénophobie, d’homophobie, et  de tous ces trucs en phobe ?  La France aurait-elle peur, par hasard  ?

 

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¹ … Des commentateurs qui, comme cela m’arrive parfois aussi, n’ont sans doute pas pris le temps de creuser le sujet, et de lire davantage. En un mot, s’informer.

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Lire et s’informer, de gauche à droite :

Qui pigeonne qui ? (Ou l’émergence d’un néo-poujadisme) 

 Pigeons : des craintes, beaucoup d’approximations

A l’UMP, les libéraux en pointe pour soutenir les « Pigeons »

Auto-entrepreneurs, des craintes en partie infondées

Pigeons, la grogne des entrepreneurs gagne la Toile

L’UMP veut accompagner la « jacquerie » des « pigeons »

Drôles de « pigeons 

LO tance la « servilité » du gouvernement Actualité et informations

Les pigeons envahissent Facebook et Twitter

Réunion ministres – entrepreneurs : les “pigeons” entendus, mais dans l’attente

Rue89 : le gouvernement va tuer les start-up…

Recul sur les plus values : les Pigeons attendent de voir

#geonpi entrepreneurs, ne vous faites pas rouh rouuuuhler !

 « Pigeons » : une manipulation médiatique qui montre la faiblesse du pouvoir socialiste ?

Les « pigeons » doivent faire de la politique

Bellacio :  deux millions huit cent mille pigeons

Le site des pauvres petites victimes, sur FB : « Les Pigeons, mouvement de défense des entrepreneurs français« 

Un groupe d’entrepreneurs plutôt classés à gauche a publié dans Libération une tribune

 Rire :

 Craignant la fiscalité, des patrons de start-up mettent en vente leur logement

 

Les blogueurs pris dans les mailles du filet 

(liste réactualisée en direct par GdeC… quand il peut)

 Source : Pierre Chappaz, kelblog, ici

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12 réflexions sur “#geonpi : lobbies à ciel ouvert. Et bleu. Comme une rose ?

  1. J’en retiens une chose : un gouvernement perdreau de l’année s’est fait pigeonner (on peut aussi utiliser un autre mot en forme de boules) par une bande de pigeons qui ont tout pigé.

    Les boouuuuules ! Rouuuu-rou ! Rouuuu-rou !

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