Ne pas laisser mourir la République à Hénin-Beaumont, un choix de gauche.

« Ca va être une bataille homérique en quelque sorte avec une symbolique extrêmement puissante puisque c’est le berceau du mouvement ouvrier français et que c’est en même temps l’endroit où Mme Le Pen, par bravade, a décidé d’aller s’installer (alors qu’) elle habite le château de Montretout » (dans les Hauts-de-Seine), s’est amusé Jean-Luc Mélenchon ce vendredi, sur France Inter.

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Que Jean-luc Mélenchon veuille donner du sens à sa candidature aux législatives en choisissant soigneusement le territoire sur lequel il œuvrera, voilà qui ne peut que se comprendre quand on connait un peu l’énergumène et ce qui le pousse politiquement à agir depuis qu’il a quitté le PS. Un passage en particulier de l’émission d’hier soir, Complément d’enquête, dans lequel il était interviewé après une séquence retraçant son parcours, m’a donné une clé de ce qui le motive, semble constituer un moteur de son action et de son envie d’en découdre. L’un de ses proches d’alors disait combien il fût ébranlé par l’éviction de Jospin de la scène politique et de la stupéfaction qui fut celle de beaucoup de voir apparaître Le Pen au deuxième tour en 2002… Comme je le comprends. Le camp républicain, ce jour là, s’est pris une belle baffe dans la gueule et nous sommes nombreux à en avoir été affectés durablement.

Aussi, que Mélenchon ne choisisse pas la facilité en acceptant  l’investiture du Front de Gauche sur l’une des nombreuses circonscriptions facilement gagnables par un homme de gauche de son envergure, voilà qui ne peut que se comprendre,  quand on prend en compte sa psychologie particulière. Voilà un homme qui a consacré toute sa vie aux valeurs républicaines, dans l’une de ses plus prestigieuses instances, le Sénat, et voit soudain ses belles valeurs ébranlées par l’irruption d’un ovni politique d’extrême-droite qui les bouscule fortement. Il aurait pu choisir de se comporter comme beaucoup, c’est à dire faire l’autruche, ne rien changer à sa démarche et à sa situation si confortable,  se contentant de considérer que ceux qui se dirigent vers le FN sont tous des cons, point barre. Mais Jean-Luc Mélenchon, compte-tenu de ses origines, n’a pas pu se résoudre à laisser ce peuple qui lui est cher et qu’il aime aux mains d’un clan constitué sur une supercherie intellectuelle, une forfaiture en ce qu’elle abuse de la crédulité des plus humbles. Il est donc sur le point, apparemment, de vouloir croiser le fer là où cela fait le plus mal, là où une défaite du FN et du clan lépéniste serait la plus fortement symbolique, et provoquerait le plus d’impact. Et pour cela, je le félicite,  car « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire« . Extirper le mal là où il se trouve, ce cancer politique là où il tente de se développer, voilà qui ne manquerait pas de panache. Croisons les doigts. Mais en tous cas, quand on voit la pluie d’insultes qui provient du camp adverse, on se dit que cette décision là, si elle se confirmait, serait sûrement la bonne, pour provoquer tant de violence, c’est bien que Jean-Luc touche là où ça fait mal. Et c’est tant mieux. Boutons les fachos hors de France ! Ne les laissons pas s’emparer des territoires de la République ! Et pour cela, Mélenchon n’est-il pas l’homme de gauche le mieux désigné, là où le FN se nourrit de l’aigreur d’un peuple échaudé par les affaires de socialistes corrompus ? Permettons aux habitants du Pas de Calais de renouer avec les valeurs de gauche, vraiment. Quel honneur ce serait !

PS. Gloire à l’ami blogueur d’A gauche pour de vrai qui en parle aussi, et que je n’avais point vu avant d’écrire ce billet, honte à moi !

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