Demeure cette tache indélébile

Toute ma vie, je me suis battu corps et âme jusque dans mon entourage proche contre toutes les formes de discriminations : racisme, sexisme, xénophobie, homophobie, et autres déclinaisons phobiques de l’Autre.

Il y a cinq ans, j’ai senti poindre le monstre sarkozyste, et me suis engagé pour la première fois en politique pour de vrai, puisque je combattais autrefois davantage par le biais de l’engagement associatif. C’est donc grâce au Parti de Gauche, puis au Front de Gauche que j’ai pris part à la bataille contre les destructions sociales successives dues au sarkozysme,  à ce délitement du lien social,  et à cette exacerbation de la haine de l’autre, successivement nommé à la vindicte populaire fonctionnaire, puis rom, puis musulman, puis bénéficiaire de minimas sociaux ou chômeur… jusqu’aux syndicalistes les plus méritants qui n’avaient pour seul tort que de vouloir défendre un peu trop visiblement leurs emplois et ceux de leurs collègues. C’en était manifestement un peu trop pour un pouvoir qui ne pouvait accepter qu’on rappelle si visiblement les promesses non tenues du passé.

Il y a un peu plus de trois ans, j’ai ouvert en parallèle ce blog comme un outil militant complémentaire. Puis il a pris de plus en plus de place dans ma vie. J’y trouvais un lieu et un moyen adapté à l’expression de ma lutte politique et à ma personnalité.

Et puis il y eu… hier. Une bombe a explosé. Cet attentat est celui perpétré par une France rance, recroquevillée, haineuse, envieuse, sous emprise de ses démons intérieurs qui en cherche les boucs émissaires, et ignorante, exacerbant tout ce que le pays a de plus mauvais là où il devrait s’agir d’en tirer ce qu’il a de meilleur.

Aussi, aujourd’hui, plus que la déception de voir le score si faible, sans rapport réel avec l’ investissement important de bien des gens que je connais ou pas pour la victoire des idées portées par le front de gauche (nous partions de si loin !), c’est la stupeur de constater qu’une personne sur cinq, en France, puisse adhérer à un parti qui prône l’exclusion comme facteur de rassemblement. Comment digérer le fait de vivre dans un pays où tant de gens refusent ouvertement le bien-vivre ensemble et décident de qui peut vivre ou pas chez nous, qu’ils veulent de manière déterminée faire chez eux, en chassant tous ceux qui ne leur ressemblent pas et en déclarant une guerre ouverte aux idées non conformes, comme par exemple les miennes,aussi,  les nôtres, gauchistes et gauchisantes ?

Ce n’est pas l’idée que je me fais d’un pays correctement géré et sagement gouverné, dans lequel il s’agirait plutôt de permettre à chacun de coexister pacifiquement. Or, j’ai vu les idées de cette frange de la population, certes absolument pas majoritaire, mais qui pourtant prend une part de plus en plus importante dans les discours politiques, jusque dans le quotidien de chacun. La parole raciste a été libérée, par l’exemple malheureux et indigne de leurs fonctions de certaines personnalités politiques au pouvoir qui auraient peut-être du se montrer plus respectueux de la communauté humaine. Mais pire encore, j’ai vu des gens se dire de gauche perdre plus de temps à déverser des tombereaux de boue sur celui qui nous a si bien représenté dans cette campagne, alors qu’ils ont si peu visiblement attaqué, comme nous, si frontalement, les véritables adversaires de la démocratie. Je sais que le sentiment que j’éprouve est partagé par bien des compagnons de lutte. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que nous fassions des cadeaux à cette gauche là. Ils se trompent de combat, et partagent d’ailleurs même parfois le même anti-communisme primaire que ceux que je combats si fermement : les non démocrates, l’extrême-droite. Cela devrait les interroger. Mais ce n’est pas le genre d’individus si imbus d’eux_mêmes, à se poser des questions de nature à les remettre en cause, nimbés qu’ils sont de leurs belles certitudes.

Moi, aujourd’hui, j’ai beaucoup de doutes. Et notamment un, parmi les autres, plus important : est-ce que je veux continuer à vivre dans un pays aussi pourri de l’intérieur, dans lequel règne un tel climat de suspicion généralisée, et tant de difficultés à accepter l’autre comme il est ? Les politiques, depuis trente ans, n’ont-elles pas échoué à éradiquer ce qui incarne à mes yeux le mal absolu : le refus de l’autre ? Comment se réjouir, dans ce contexte, de la victoire de quelque camp que ce soit ? Demeure cette tache indélébile, qui fait honte à notre propre humanité. Je songe à émigrer. Ici, on ne nous promet en outre qu’un avenir bien sombre, fait exclusivement, de part et d’autre, à droite comme à gauche, d’austérité. Peut-être existe-t-il des pays plus généreux,  ailleurs ?

34 réflexions sur “Demeure cette tache indélébile

  1. Salut, je ne sais pas si 20% de nos concitoyens sont fascistes; par contre, ce que je sais, c’est qu’on essaye d’associer dans leurs têtes, chômage et émigrés. Ce matin encore, j’entendais morano dire que, comme hollande pronait le droit de vote aux étrangers, cela ne rassurerait pas les travailleurs qui veulent de l’emploi, de la sécurité, et patati et patata, et que le durcissement de schengen était la bonne réponse.
    En prenant les gens pour des cons, on en fait des cons.
    Et les media ne facilitent pas le travail d’éducation.
    plus facile de stigmatiser l’étranger, le chômeur, le syndficaliste, que d’accuser le pouvoir de l’argent !
    Mais il ne faut pas baisser les bras, on est 4 millions d’électeurs à croire en autre chose que l’austérité et la misère. Ce chiffre va progresser. J’y crois!
    ne laisse pas tomber ce blog bordel !

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  2. Beau billet.
    Le mal est avant tout social. Les vieux démons ressortent à mesure que l’avenir et le présent s’assombrissent.

    Un mal social causé par 20 ans de TINA. Tant qu’on ne sortira pas de TINA, le FN prospérera…

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  3. @Jack qui t’as dit que j’allais le laisser tomber ? Je me suis déjà prononcé sur le sujet. J’ai un combat à poursuivre. Mais peut-être à présent vais-je m’économiser, pour me concentrer davantage. Besoin de souffler.
    @dpp : je sais. Mais tu ne peux pas demander à la majorité des gens, surtout ceux bien moins politisés et informés que nous, de partager et comprendre cette préoccupation.

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  4. Retour à la réalité (des chiffres)

    Petit rappel : 

2002 Premier tour
    
Lepen (16,86%)+ Mégret (2,34 %) = 19,2 % 



    2012 Premier tour
    
Marine :17,9 % 



    Soit : – 1,3 %…

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  5. JAMAIS je ne donnerai ma voix à un Dalton de l’ austérité et ce ne sera pas faire perdre la gauche , elle a déjà perdu ,car Hollndréou et la majorité du PS ne sont pas à gauche

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  6. Ah je ne regrette pas d’avoir écrit à Hollande que la France ne veut pas d’un Papandréou ! Même si, en fait, cette France est prête à l’accepter si l’on en croit les scores. Quand je pense aux trésors de générosité, d’enthousiasme, d’abnégation, qui se sont heurtés au mur de l’indifférence égoïste et stupide ! Hier soir, au fur et à mesure où les résultats se confirmaient, les camarades étaient KO debout, effondrés et amers. La Gnaque va revenir, mais l’espoir était tellement immense…

    Allez, on ne lâche rien !

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  7. Election présidentielle de 2002 :
    Premier tour :
    Jean-Marie Le Pen : 4 804 713 voix, soit 16,86 %.
    Bruno Mégret : 667 026 voix, soit 2,34 %.
    Total Jean-Marie Le Pen + Mégret : 5 471 739 voix, soit 19,20 %.
    Deuxième tour :
    Jean-Marie Le Pen : 5 525 032 voix, soit 17,79 %.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2002

    Election présidentielle de 2012 :
    Premier tour :
    Marine Le Pen : 6 421 773 voix, soit 17,90 %.

    http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/toute_l_actualite/actualites-elections/presidentielle-2012-tour-1

    Par rapport au nombre de voix de Jean-Marie Le Pen + Bruno Mégret en 2002, Marine Le Pen gagne 950 034 voix.

    Par rapport à leur précédent record de 2002, les fachos ont gagné 950 034 voix supplémentaires.

    Le 6 mai 2012, pas une voix ne doit manquer à François Hollande.

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  8. Moi le score ne m’étonne pas tant que cela à vrai dire.
    Les communistes (et toute la partie de la gauche qui est prête à partager) n’ont jamais été majoritaires dans le pays, sauf en 1945, et pour cause.
    Mais cela ne signifie pas qu’il faut perdre espoir.
    En 1940 non plus ils n’étaient pas très nombreux.
    Et même en 1789.
    C’est déjà un exploit d’avoir réussi à fédérer de nouveau la « vraie » gauche.
    Nous avons progressé par rapport à 2002 et à 2007 (je compte avec les résultats FO et LCR).
    Nous atteignons même notre meilleurs résultat depuis 1981 et nous sommes maintenant presque touts regroupés.
    Nous pouvons désormais entrer en action.
    D’abord parce que nous sommes une minorité agissante, contrairement à d’autres, et que nous sommes capables de nous lever en masse : souvenez-vous de cette campagne !
    Ensuite parce que nous avons commencé à déconstruire la lente et méthodique lepénisation des esprits, en marche depuis des années via des médias comme TF1…: l’ennemi n’est pas l’immigré mais le banquier. C’est d’ailleurs parce que cela devenait maintenant visible que Le Pen a commencé à son tour à aller sur ces thèmes.
    Le plus dur commence. Nous avons l’état de l’opinion. Il faut que le thème du partage des richesses soit au coeur du débat.

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  9. le français aime se rouler dans la fange et manger du caca pour pouvoir ensuite dire que, finalement, ce n’est pas si bon… pauvre absurdité cérébrale… ce n’est meme plus une question de raison

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  10. Désolé de te contredire mais pour moi ce n’est pas une personne sur 5 mais presque 2 si on considère que les idées racistes, individualistes germent encore largement dans l’électorat UMP. Le mal était déjà flagrant il y a cinq ans et c’était à ce moment qu’il fallait réagir. Certains ne l’ont pas compris et ont laissé tout cela s’insinuer plus que jamais dans notre société.
    Pour moi, le pli est malheureusement pris et si la lutte doit continuer contre ces idées (que je rencontre paradoxalement dans la protection animale, autre forme de lutte contre un racisme, l’antispécisme), il faut prévoir des lendemains bien pires dans tous les cas de figure. Car si Sarkozy est viré, la désillusion n’en sera pas moins grande et souvenons nous des leçons de l’histoire du 20ème siècle….
    En mémoire de nos parents qui ont déjà lutté contre cela, le combat continue mais pour ma part, il ne prendra pas la forme d’un bulletin PS, pardon Hollande…. Il y a d’autres formes de lutte à préparer dès maintenant. Dont celle de proposer dès maintenant un contre pouvoir de l’information qui conduit à cette situation.

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  11. LA NAUSEE ! France 2012 le parti Néo-fasciste atteint 18% !

    la semaine passée une presse dite de « gôche » s’est déchainée contre le FdG, le Nouvel-Obs, le Monde, Libération,…en se tenant au bord du caniveau pour relancé Le Pen….sans parler des « attaques » du PS, des « écologistes » du NPA etc…et des bruits de chiottes qui ont parcouru le « net »….

    le smic à 1.700€, la retraite à 60 ans, la planification écologique, une Constituante pour aller vers une 6ème République etc…approuvé par un peu plus de 11% des citoyennes et citoyens – seulement !!

    À gauche, les plus de 11% et quelque 4 millions de voix crédités au candidat commun du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon représentent un score inédit.

    Seule « satisfaction » : Nicolas Sarkozy sanctionné par les électeurs et en échec pour son discours ultra-sécuritaire et anti-immigré qui a fait monter le FN….

    Combattre et mettre en échec les idées xénophobes et racistes de Marine Le Pen demeurent d’une brûlante actualité. Le Front de gauche peut être fier du travail qu’il a entamé, bien seul dans cette campagne, pour faire reculer les idées du FN. Amplifier le score du FdG dans les élections législatives à venir.
    Aucun député de ce parti néo-fasciste ne doit être élu à l’Assemblée nationale.

    Je pense à ces militant(e)s qui ce matin comme moi sentent les périls monter : l’Histoire n’est pas finie, les combats continuent !! je vous salue très fraternellement !

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  12. Oh oui la déception est grande !
    Mais baisser les bras serait la pire des attitudes, la murène et toutre la droite auraient encore plus les coudées franches. Et, comme dit justement Morvandiau, le score du FDG n’est pas si mal compte tenu de son programme extrêmement novateur !
    Essayons de digérer cette mauvaise soupe et au travail !
    Ne lâchez pas votre blog !

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  13. Le Pen à 17,90 %
    Sarkozy à 27,20 %

    Au total l’extrême droite anti-républicaine est à 45,10 %

    Ca craint, ça pue. La France est devenu un pays de merde peuplé de gros cons apeurés

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  14. En fait, je crois qu’on a tort de se focaliser sur le score du FN, qui est davantage le fruit d’un bourrage de crânes que d’une réelle réflexion. Et le bourrage de crânes est insidieux, subliminal, à tous les étages de nos vies, sur tous les murs, les écrans publicitaires, les devantures, les supermarchés que nous alimentons de nos pourtant maigres deniers, les centrales nucléaires dont nous brûlons allègrement le surplus de production quand il fait chaud, qui sont insuffisantes à nous réchauffer quand il fait froid, etc.
    J’arrête car la liste est interminable, vraiment, car chaque centimètre carré de nos vies pourrait ainsi être passés au peigne fin et montrer toutes nos incohérences, tellement humaines, toutes nos contradictions.
    C’est contre nos contradictions que nous devons lutter si nous voulons vraiment que les choses changent. Et lutter contre nos contradictions, cela veut dire interroger notre quotidien. Réfléchir à nos envies, à nos besoins, à ce que nous cautionnons quand nous prenons nos voitures pour aller acheter une baguette de pain  » pesticidés  » à 1€ la baguette industrielle, lorsque nous nous alimentons dans les supermarchés, sous couvert d’économies, alors qu’ils nous font acheter tant de choses superficielles, dont nous n’avons pas besoin, qui nous font croire que le bonheur c’est de les avoir, alors que nous pourrions faire fonctionner le commerce de proximité, de préférence sans intermédiaire, alors que nous pourrions pédaler, alors que nous pourrions co-voiturer, etc. Mais évidemment, cela implique de ne pas nous endormir sur nos lauriers, de réfléchir, de perdre du temps, de tenir compte de l’autre et donc d’être moins indépendants…
    La solution est dans le panier du consommateur. Le consommateur a la clé du changement, par-delà même les volontés politiques, par-delà même le pouvoir des politiques, le pouvoir des financiers.
    Pour étayer mon propos, je prends un exemple utopique, utopique non parce qu’il est inaccessible, utopique parce qu’il n’existe pas. Une usine produit des voitures en France. L’équipe de direction de cette usine, particulièrement son président directeur général, largement influencé par les actionnaires de l’entreprise, poussé par des charges patronales qui pourtant sont bien faibles actuellement, décide une première vague de licenciements, justifié par tous les arguments possibles et imaginables que de toute façon personne n’aura les moyens d’aller vérifier. Puis une deuxième vague. Puis la fermeture pure et simple de l’entreprise, sous couvert, éventuellement d’une liquidation judiciaire, ce qui, en plus l’exonérera des dettes qu’avait contracté l’entreprise. Et que va-t-il faire notre pauvre PDG ? Et que vont-ils faire nos pauvres actionnaires ? Ils vont délocaliser ! Et ils auraient même tort de ne pas le faire dans la mesure où ils ne sont là que pour faire de l’argent, sur le travail et la sueur humains, sur la vie humaine pourrions-nous dire, à n’importe quel prix pourvu qu’ils gagnent toujours plus et travaillent toujours moins ! Et c’est là que nous avons du poids : qui nous oblige à continuer à acheter ces mêmes produits ? Il suffirait que nous en les achetions plus pour qu’ils ne les vendent plus (ce n’est pas de moi, c’est de Coluche) ! C’est pourtant simple. Et l’autre là-bas, au bout du monde, avec ses actionnaires, à qui les vendrait-il, ses voitures à 300€ de SMIC mensuels ? Certainement pas à ses ouvriers, car ils n’en ont pas les moyens ! Pas aux pays voisins si tout le monde y met du sien ! À personne ! Et croyons-nous qu’ils pourraient ainsi continuer à procéder de la sorte, ne vendant plus ? Bien sûr que non ! Ils seraient obligés de travailler, sauf si une fortune personnelle… en Suisse ou à Monaco… mais là aussi, il y a à réfléchir… mais je ne veux pas prendre toute la couverture pour moi… j’en laisse aux copains…
    Si pendant un temps, un petit temps seulement, nous n’achetions plus que des produits de première nécessité, de préférence chez les agriculteurs près de chez nous, de préférence chez des producteurs le moins loin possible de nous. « Vous n’avez pas le temps car vous avez des horaires difficiles, des enfants à gérer… pas de problème, faites votre liste, puisque j’y vais, j’achèterai pour vous… » En plus, ça ne fera qu’une voiture au lieu de deux, voire zéro si j’y vais à bicyclette… Si pendant quelques jours, quelques semaines, voire plus si affinités, nous nous mettions ainsi à être consom’acteurs, je pense que nous pourrions influer grandement sur tout le circuit de production.
    Bien sûr, notre quotidien ne doit pas nous empêcher d’être militants par ailleurs, de participer à des actions de revendication, des actions citoyennes, à des manifestations, etc. de participer à la vie politique, syndicale, associative de notre pays, notre région, notre localité…
    Ma pensée ne s’arrête pas à cet instant, elle est en mouvement, perpétuel, et elle attend la pensée de l’autre, qui la rend plus forte, car ouverte. Et j’attends des réactions, considérant que tout ce que je viens d’écrire n’est pas définitif, comme rien d’ailleurs, mais que cela attend des rebondissements, des arguments contraires, pourquoi pas. Car je sais bien que tout le monde ne peut pas être consom’acteur de la même façon, mais ce n’est pas grave ; il y a autant de façon d’être consom’acteur que d’individus sur terre. Et les idées de chacun ne peuvent qu’enrichir l’autre, les autres. Je pense que le principal est que nous prenions conscience, chacun à notre niveau et en fonction de nos propres possibilités, si faibles nous paraissent-elles a priori, pour justement agir en conscience. Je ne dis pas qu’il faut se prendre le cerveau et le presser en permanence et ne plus rien faire d’instinct. Je dis qu’il faut s’arrêter de temps et temps et se demander ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Car il nous faut aussi écouter nos désirs. Il faut aussi être heureux. Mais peut-être qu’en s’interrogeant, ne serait-ce qu’un peu au début, peut-être davantage après, quand l’habitude sera prise, peut-être pas, nous découvrirons que le bonheur n’est pas forcément à 10000 km de chez nous mais dans notre maison, dans la salle de spectacle à deux pas de là, dans notre jardin, etc. tous les goûts sont dans la nature et c’est tant mieux.
    Non, vraiment, je pense que l’argumentation « front national » ne tient pas une seconde. La France aux Français ! Car s’il faut ne plus payer pour les arabes, pourquoi payer pour les autres étrangers ? Pourquoi payer pour ceux qui ne travaillent pas ? Pourquoi payer pour les handicapés ? Pourquoi payer pour les vieux ? Pourquoi payer… ? Sauf que, comme le disait Fernand Raynaud dans un sketch, humoriste des années 50-60, pas spécialement démocrate, je crois, « Il faut qu’il parte, cet étranger, il vient manger le pain des français. Alors, il est parti. Et les villageois ne mangent plus de pain. Il était boulanger ! »
    Il faut recréer la solidarité, contre toutes les tentatives de divisions, même dans un même corps de métier. Il nous faut être plus intelligents, et voir plus loin que ce que nous perdons ponctuellement, pour que toute l’humanité y gagne à terme. Et cela doit passer par une autre école, où il ne s’agirait plus d’être concurrents mais coopérants. Une école émancipatrice, dans laquelle chacun aurait la meilleure chance de tirer la quintessence de sa potentialité, indépendamment ou plutôt avec et grâce à celle de l’autre, des autres…
    Désolé pour la longueur…
    Jean

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  15. Merci Gérard Collomb. Merci Arnaud Montebourg. Merci Cécile Duflot. Merci Jean-Vincent Placé. Merci Jérôme Cahuzac. Merci Eva Joly. Merci au PS et à EELV pour m’avoir permise de mettre Mélenchon loin derrière moi. Signé : Marine Le Pen

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  16. Bah! Il ne faut pas se laisser abattre!
    Regarde, cela fait plus de deux ans que j’ai mis FAICMFSF (Front Apolitique International Contre la Montée du Fascisme sous toutes Ses Formes) qui se voulait avoir comme vocation, la possibilité de relayer au plus juste les mouvements fascistes et nationalistes qui montent dans tous les pays du monde. Simple, je suis dépassée.
    Ce n’est pas un fait français, mais bien une ère sociétale qui frappe tout le monde, hélas!
    C’est d’ailleurs pourquoi j’ai si peu d’adhérents 😉
    Courage!

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  17. Relativisons. Pour Annie de Pensée Libre, j’ai fait quelques calculs sur les chiffres pratiquement définitifs désormais. Je redonne mes résultats ici.

    Je reprends les chiffres réels, y compris le facteur « blancs et nuls ». A cette lueur-là je rapporte le pourcentage de votants par candidat à la population inscrite. Edifiant, par sa mise en perspective.

    Hollande 22,32%
    Non exprimé 22,05%
    Sarkozy 21,19%
    Le Pen 13,15%
    Mélenchon 8,66%

    Il s’agit là d’une élection avec un taux élevé de participation. Encore faut-il se dire que 500 000 personnes environ ne sont pas inscrites.

    Que valent vraiment des élections ?

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  18. Il faudrait enfin ouvrir les yeux, sortir du déni et appeler un chat, un chat.
    NON, le vote Le Pen n’est pas un vote protestataire. NON, le vote Le Pen n’est pas une réaction épidermique de rejet de l’ordre établi. NON, comme le chante l’ump les électeurs du FN ne sont pas des gens respectables et leur vote ne doit pas être respecté.
    La vérité c’est que ces gens la sont des racistes, des xénophobes en phase terminale. N’oublions pas la cagoule des années 30, n’oublions pas que une grande partie du peuple Français a donné les pleins pouvoirs à Pétain, qu’un grande partie de la population a allègrement collaboré.
    2002 c’était hier et pourtant tout le monde semblait l’avoir oublié. La droite par calcul a flatté les bas instincts de cet électorat, la gauche hormis Mélenchon, comme d’habitude (et par lâcheté viscérale et incurable) a fait mine de ne rien voir. Les médias dominants à la solde du pouvoir ont invité la Pen à longueur d’émissions et lui ont décerné des brevets de respectabilité. Quand aux centristes on pourrait penser qu’ils ne s’étaient pas aperçu de son existence.
    Nos responsables (irresponsables) ont laissé s’ancrer dans le pays cette droite nauséabonde, ils ont laissé passer les idées les plus ignobles, quand ils ne les encourageaient pas ou ne les reprenaient pas à leur compte. Ils ont laissé se banaliser un discours ordurier dont la colonne vertébrale est le rejet de l’autre, la haine de ce qui est différent, et le besoin viscéral d’avoir à disposition des boucs émissaires.
    De cela Sarkozy est responsable au premier chef, mais le sont aussi tous ceux qui ont accompagné son discours et aussi au moins autant ceux qui ne sont pas entré en guerre contre cet état de fait.
    La haine, la xénophobie, le fascisme , ont déclaré la guerre à la démocratie et ceux qui en auraient du être les gardiens ont capitulé.
    Maintenant cette saloperie est solidement installée et si l’on ne prend pas conscience qu’il s’agit d’une guerre, le peu de démocratie qui nous reste, la faible lueur restant du pays des lumières et des droits de l’homme, l’honneur de ce pays seront balayés

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  19. Le score des 2 premiers ne m’a pas surpris, pour le fn, je ne m’attendais pas à un score équivalent à celui de 2002 (en ajoutant mégret).

    @Astap66
    « Ensuite parce que nous avons commencé à déconstruire la lente et méthodique lepénisation des esprits, en marche depuis des années via des médias comme TF1…: l’ennemi n’est pas l’immigré mais le banquier. C’est d’ailleurs parce que cela devenait maintenant visible que Le Pen a commencé à son tour à aller sur ces thèmes.
    Le plus dur commence. Nous avons l’état de l’opinion. Il faut que le thème du partage des richesses soit au coeur du débat. »
    Je confirme.

    Pour lutter efficacement contre le fn, il faut aussi montrer que le fn n’est là que pour favoriser l’umps en poussant au « vote utile » et canaliser une partie des mécontents.

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  20. Ce qui me pose problème, c’est que les résultats ont peu évolués par rapport à 2002, malgré les pénuries qui s’annaoncent et le bilan des 10 ans de droites.
    Si les Français ne changent pas dans les 10 ans à venir, et ne se prennent pas en main comme les Islandais. Nous suivrions les Grecs et les Portuguais et dans 10 ans nous aurions le niveau de vie des Roumains ou des Egyptiens.

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