Parce que j’aime la démocratie, je voterai #Mélenchon

Tous ceux qui ont regardé cet excellent reportage hier sur Arte ne peuvent qu’en avoir été profondément marqués. Intitulé « I love démocracy« , vous pouvez en voir des extraits ici, pour ceux qui l’auraient manqué. Je vous le conseille vivement.  Il ne m’ a semblé ni misérabiliste, ni orienté, simplement factuel. Les témoignages marquaient par leur sincérité, quel qu’en soit l’auteur, tous, du portier d’hôtel de la place Syntagma à l’éleveur de moutons dans l’une des nombreuses îles grecques, à un étrange  fleuriste déconcertant et sur-diplômé officiant près du parlement, en passant par… Papandréou. Tous témoignaient du passage de la tornade technocratique européenne, de la duplicité des uns et des autres (ainsi celle du Président français..), et de ce qu’ils étaient en train de vivre à leur grand détriment. Rien ne peut justifier cela. Seuls les plus riches n’ont rien à craindre d’un tel système perverti…

Quand on a regardé ça, on ne peut que ressentir un fort sentiment d’incompréhension envers ceux qui s’apprêtent à voter dimanche pour l’un des deux partis politiques responsables  de cette tragédie humaine. Qu’on m’entende bien, je ne compare nullement la Grèce à la France.  Le contexte n’est pas vraiment le même. Cependant, nul ne peut plus nier que les gouvernements nationaux ressemblent de plus en plus à des marionnettes au service de la Troïka Europe-BCE-FMI, au plus grand mépris de toute démocratie. On ne peut guère nier non plus que le « vainqueur » quel qu’il soit aura à affronter les représentants de ces gens là, qui n’ont aucun état d’âme et se fichent totalement de qui l’emportera, du moment qu’il pratique des coupes sombres et se plie à leur si exclusive vision économique prétendument pragmatique, c’est à dire ultra-libérale et  totalitaire. Ils demanderont très vite des gages d’orthodoxie du nouveau venu. Qui se soumettra ou pas.

Si je vote pour le candidat du Front de Gauche, c’est que je doute fortement et ouvertement – j’ai bien des défauts mais pas celui d ‘être faux-cul –  que celui qu’on tente de nous présenter comme le sauveur du monde ait les capacités d’opposer une quelconque résistance à des gens aussi déterminés qu’une vague de suicides inédite, des millions de personnes sous le seuil de pauvreté, et une si évidente négation de la démocratie, non seulement en Grèce, mais ailleurs, ne fait absolument pas plier. Certains gouvernements européens n’en sont-ils pas réduits à criminaliser toute protestation, même parmi les plus pacifiques ? Face à cette détermination, il n’y en a qu’une autre : celle de ceux qui ne sont pas ou plus  dupes de cette spectaculaire entreprise de destruction idéologique,et qui n’ont pas l’intention de  les laisser faire. Dimanche, j’irai voter pour celui qui les représente, autour duquel nous nous regroupons, contre vents et marées. Car nous n ‘avons pas l’intention de voter pour notre futur bourreau, quelle que soit la sympathie que son apparente bonhommie puisse inspirer par ailleurs… Nous ne votons pas pour un visage, mais un programme.

Et je m’apprête déjà à écrire ici,  hélas,  des lignes tout aussi dures envers le suivant qu’envers le précédent. J’espère me tromper… Mais je ne sais que trop que dans l’histoire, je le sais d’expérience, ce sont toujours les mêmes qui trinquent, et ne sont jamais vainqueurs. Trois francs si sous sur un smic n’y changeront pas grand chose.

Dimanche, j’irai faire mon devoir, certain de ne pas me tromper : je sais pour qui je le fais. Et ce n’est pas pour moi. Sinon, je ferais comme tant d’autres : j’irai voter Hollande.Mais ce n’est tout simplement pas ma gauche à moi.

6 réflexions sur “Parce que j’aime la démocratie, je voterai #Mélenchon

  1. Hollande n’est pas une gauche, il n’est pas vraiment une droite non plus, tout au plus un sac de sable bien pesant, bien inerte, sur lequel on pourra toujours crier et tempêter s’il a décidé de telle façon. Seule solution : l’uppercut qui l’envoie au tapis dès le début du combat. Et le début du combat, c’est le dimanche 6 mai 2012. Boum. A froid.

    L’ami des banquiers ne peut pas être l’ami du peuple français. Ni des autres peuples, d’ailleurs. Fallait pas aller à Londres, Albert !

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  2. Pour une fois ;-), je ne partage pas totalement votre enthousiasme sur le reportage « I love democracy ». Même si, effectivement, les témoignages étaient poignants sans tomber dans le pathos, j’ai trouvé, en particulier lors des entretiens d’abord avec le député socialiste francophone puis avec le journaliste grec, que, encore une fois, on essayait de faire passer le message débile selon lequel la crise grecque s’explique par les « habitudes » de la population qui ont tendance « à ne pas payer leurs impôts ». Or, comme je ne cesse de la répéter, si c’était le cas, si seule une cause locale expliquait la crise en Grèce, aucun autre pays ne serait dans la même situation. Ou alors chacun d’entre eux aurait également une belle petite explication conjoncturelle pour justifier leur crise propre. La seule explication qui englobe l’avènement de crises simultanées dans pratiquement tous les pays européens (lithuanie, espagne, portugal, irlande, slovénie, italie, tchéquie, france, etc) ne peut être qu’une explication structurelle, systémique (sur laquelle je ne reviendrais pas ici). Mais bon, c’est un détail, mais qui m’a quand même gêné.

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  3. @simplyleft : j’ai omis volontairement cette dimension pour ne pas dissuader les gens de s’y intéresser. Le gain du visionnage de ce reportage est plus important que ses méfaits. Je suis en effet d’accord avec toi. Cette dimension là a été surexposée.

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  4. Hollande capitulera devant les marchés mais est-ce pour autant une raison de laisser la possibilité à Sakozy de gouverner une seconde fois ? Je vote Mélenchon au premier tour mais je n’ai pas plus d’hésitations pour le second tour. La politique du pire, ce n’est vraiment pas le moment.

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