Bruno Roger est tout petit.

C’est pas bien, je l’avoue, je le sais, d’autant plus que mon humanisme, revendiqué de surcroît, devrait m’obliger à un respect inconditionnel pour tous les êtres humains, quels que soient leurs fautes. Mais j’ai toujours eu du mal avec cette sorte de gens là, les faux-culs, les sournois, les lèche-bottes à la langue de vipère, qui font leurs coups en douce et fouillent les poubelles à des fins peu reluisantes. Ces gens qui passent leur temps à nourrir des haines recuites, des rancunes tenaces, de l’aigreur si acide qu’elle devrait leur trouer le cul au point d’en abriter un cancer du colon.

J’ai toujours préféré les attaques frontales. Au moins, on sait à quoi s’attendre, ça me semble plus sain.

J’ai du mal aussi avec les gens trop sûrs d’eux, ceux qui ne doutent jamais de rien, ceux qui ont toujours raison jusqu’au bout du bout du pire. Ils m’ insupportent. Moi, vous savez, je suis un gars simple, je parle pour échanger, partager, sans crainte des confrontations, à la seule condition qu’elles soient respectueuses du point de vue de l’autre, sans agressivité. Avec ces gens là, Monsieur, on ne discute pas : c’est leur monologue qu’il faut absolument subir, sans divergence possible. Sans quoi, vous voilà vite ravalé au rang de simple con, l’insulte ou le mépris n’étant jamais très loin de la langue dans ce qui leur sert de cerveau. Alors, aucun intérêt. Je les évite autant que possible.

Sauf que. Je suis victime d’une étrange malédiction. Mettez moi dans une foule de plusieurs centaines de personnes, et je vous colle mon billet que je ne vais pas tarder à m’en coltiner un qui possède ce genre de qualités, l’une ou l’autre, quand ce n’est pas les deux en même temps. Un imbu de lui-même qui va faire quelque chose d’insupportable à mes yeux, et va donc encore m’obliger à intervenir contre mon gré. Question de salubrité publique. Je ne supporte pas en effet qu’on use et abuse de sa fonction, de son pouvoir, d’une potentielle « supériorité » de je ne sais quelle sorte pour abaisser son prochain. Ou alors qu’on ne pense qu’à sa gueule, vivant et fonctionnant en nombril du monde, genre « je gare ma bagnole en double file dans une rue étroite pendant deux heures et je me fous que ça emmerde tout le monde ». Insupportable. Il faut intervenir, c’est obligé. Je suis comme ça, hélas. Ça ne me crée pas que des amis. M’en fous. Je m’assume ainsi. Je ne suis pas de ceux qui baissent la tête et ferment les yeux, c’est comme ça. Ma grand-mère avait une expression attitrée pour cela : « mets ton poing dans ta poche et ton mouchoir par dessus ! ». Ben non, désolé, j’y arrive pas.

Dernier exemple en date, celui d’un journaliste (et oui, encore  un… Pas fait exprès) dont j’avais déjà remarqué la prose inutile, inintéressante et d’autant moins de gauche (il s’en prévaut. On ne rit pas) qu’il était pro-DSK. Ça vous situe déjà le paradoxe, vu qu’il est incarné, donc plus facile à cerner. C’était lors de ma brève et regrettable apparition sur Le Post (ce truc était d’une médiocrité sans nom) du temps qu’il n’avait pas encore été bouffé par Madame Huffington. La tartuferie du gars est notoire, et pas que pour moi. Ainsi, pour qu’il me range plus commodément dans le sac fourre-tout bien commode des gauchistes pseudo-agitateurs extrémistes de salon¹ dont la violence et le caractère populiste rejoignent, bien entendu (t’as qu’à croire…) celui du FN, comme cela est couramment évoqué parmi ces réseaux là, convoquons illico presto les propos du collègue blogueur CSP. Un vrai de vrai celui-là. La daube de BRP qui aurait voulu être blogueur, à côté : du pipi de chat. Dans un article dont le contenu me semble convergent avec ce que je veux évoquer ici, Les petites lâchetés de Bruno Roger-Petit<, Thierry évoque quand à lui le déclencheur tout aussi minable, un tweet, tout comme moi hier soir.

Décidément, c’est une habitude, chez BRP, ce genre de petits tacles méprisables parce qu’impossibles à contrer par leur, effectivement, lâcheté. Derrière un ordi, on est toujours plus fort, n’est-ce pas ?


Mon prédécesseur en détestation des BRP de service a trouvé une explication à cette conduite aussi fâcheuse que répétée qui révèle effectivement un certain malaise. Nous sommes bien placés tous deux pour en repérer les symptômes, de par notre profession :

« …ça vous affecte l’équilibre… quand tous les autres se sont détournés de leur ancien champion et, écœurés, ont jeté l’éponge et refusent même d’entendre parler de DSK, Bruno Roger-Petit, dans une obstination à la fois sublime et ridicule, continue, seul, verrouillé dans sa monomanie, à vouloir sauver un honneur qui n’a jamais existé nulle part… J’ajouterais à l’explication de Thierry, qu’il s’agit de réactualiser, que son idole ayant disparu de la scène politique, il fallait bien pour les besoins de son carriérisme que le groupie de l’ancien banquier international qu’est BRP montre patte blanche envers son futur maître, en se livrant à ce petit jeu de « Mélenchon bashing », péniblement à la mode dans ces milieux là, cette savoureuse gauche terriblement moderne… Pour tenter de complaire au camp de celui qui pourrait revaloriser sa visibilité peu conforme à ses exigences personnelles ? Cela s’appelle péter plus haut que son cul. Fais-toi donc à l’idée, mon gars : tu n’en as pas les compétences.

Mais ce qui a déclenché mon envie d’en découdre, quant à moi, depuis hier soir sur twitter, c’est surtout et avant tout un billet de la pire espèce qui cumule les deux caractéristiques citées plus haut, au tout début. Ainsi, ce si peu honorable journaliste ose déclarer sans rire que « La position de Mélenchon devrait poser problème à ses soutiens », dont je suis alors que je n’ai rien d’un dangereux facho,  et pose avec un courage inégalé la question suivante : « Mélenchon, Buisson : une convergence d’intérêt ? ». Il a le droit de la poser, c’est sa liberté d’expression… Même si elle me heurte. Rappelons quand même utilement  « qu’elle s’arrête où commence celle des autres ».  Que son accusation totalement gratuite se fasse sans même le début de commencement de l’amorce d’une preuve est plus gênant, car ostensiblement attentatoire aux libertés fondamentales.  Que tout cela ne se base que sur une simple rencontre à caractère officiel, impliquant également Cambadélis, pourtant étrangement passé sous silence par la plupart des médias qui relatent la polémique (à des fins partisanes ? Meuhhh nonnnn !) et que ladite rencontre date de surcroît de 2007, voilà qui est tout simplement scandaleux. A un moment ou les individus avaient en outre des fonctions différentes, et où le contexte n’avait rien à voir, voilà qui relève vraiment d’un grossier amalgame qui ne fait pas honneur à la profession. De la boule puante dans son jus. BRP voudrait-il  « prêter allégeance », démarche de pur courtisan, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Quant à « la clarification nécessaire sur les relations qu’il entretient, ou pas, avec le terrible (souligné par moi, au cas où certains le verraient pas) Monsieur Buisson », pour qui donc se prend ce BRP là, pour exiger d’un candidat à la présidentielle qu’il réponde à ses convocations ?

Le fait que son billet soit de surcroît publié sur un pure-player, dont on sait (ou alors on doit) savoir tout le mal que j’en pense, est une circonstance aggravante. Que celui-ci appartienne à un journal bien peu reluisant, tant il est peu préoccupé de déontologie journalistique, qui a instruit cette semaine un procès en sorcellerie de Jean-Luc Mélenchon, au point de permettre à chacun de voir clairement même parmi les moins futés pour qui il roule, en rajoute une couche. Que le billet de BRP ne soit qu’un ersatz, de seconde main donc (petit joueur…) d’un autre article intitulé « Mélenchon et Sarkozy : l’ami commun, Patrick Buisson », écrit par un autre et rempli de préjugés et de contre-vérités, est le couronnement de tout cet amas d’immondices, indignes du travail de véritables journalistes, dont je me fais comme on le verra plus loin une idée plus noble… Cela m’apparait plus près de la propagande que du souci d’information. Et que BRP juge digne de prêter main forte patte sale à ce genre de stratagèmes méprisables en dit long sur la hauteur du personnage. Décidément bien acharné à vouloir la peau de Mélenchon. On se demande bien pourquoi… Ou pas :

« Regardez-les s’agiter pour mettre en place hâtivement les digues censées arrêter ce surgissement populaire. Après la charge de Parisot contre Mélenchon-héritier-de-la-Terreur, tout l’argumentaire réactionnaire contre les tenants d’une révolution menée par le peuple s’est mis en branle. Revoilà la vieille rengaine, grotesque et usée : la Révolution conduit au goulag ! Et pour les éditocrates, rien n’est bon dans le « phénomène Mélenchon ». Ni le retour aux urnes et à la politique qu’il permet pour tant de nos concitoyens. Ni la rencontre des générations qu’il opère. Ni le retour des ouvriers sur la scène. Ni le large rassemblement des salariés. Ni la possibilité de passer devant le FN. Surtout pas la possibilité que le FN soit renvoyé loin derrière ! Le Monde est contraint ce lundi de publier un rectificatif de la Commission des Sondages suite à une info bidon sur le vote pro-FN des jeunes basée sur un échantillon de 200 personnes ! Une décision rarissime. Faute de pouvoir le contrer politiquement, les tentatives de déconsidérer personnellement le candidat du Front de Gauche se multiplient. Mélenchon à 8%, cela apportait un peu d’animation dans une campagne morne. Excellent pour les ventes de pages publicitaires ! Mais le Front de Gauche devant le FN, culminant dans les sondages à 15 voire 17% c’est autre chose. » (source)

On se souviendra en outre, pour compléter le propos sur les motivations de BRP, que les adversaires politiques les plus acharnés de DSK ne se situent pas véritablement dans le camp du candidat du PS actuel… Une revanche bien mesquine pour quelqu’un qui a une si haute opinion de lui-même.

Il m’a pourtant semblé lire quelque part, à l’occasion d ‘un précédent billet à destination de l’un de ces confrères, dans une certaine charte éthique régissant théoriquement le travail des journalistes, et ce quel qu’en soit le support (un blog n’est pas une circonstance atténuante) sur lequel ils s’expriment qu’ils n’avaient pas que des droits, comme celui de la liberté d’expression qui ne devrait peut-être pas être confondue avec celle de calomnier sans sanctions, mais également des devoirs :

  1. Citer leur sources
  2. Ne pas se substituer à la justice
  3. Respecter la dignité des personnes et la présomption d’innocence ;
  4. Tenir l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tenir l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ;

Arrêtons là, au risque d’assommer le lecteur… La violation de la plupart des règles fondamentales est si flagrante qu’il est inutile d’en rajouter. C’est à la « faveur » de tels agissements que la crédibilité et l’honorabilité d’une profession que je respecte infiniment plus que ce Monsieur sont si dépréciées dans l’esprit populaire… Au point que ce pourtant si noble métier puisse devenir l’un des moins appréciés. Que les journaleux qui pratiquent de semblable manière, quel que soit leur sensibilité politique, s’interrogent donc sur leur responsabilité collective. Elle est réelle et mon interrogation, de même que mon écœurement, ne sont probablement pas isolés. D’ailleurs l’un de ses propres lecteurs n’est pas dupe de ses agissements,  et je lui laisse volontiers le dernier mot, et d’autant plus qu’il vient compléter mon argumentation  :

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¹ de salon, mais desquels il n’esquisserait même pas l’ombre d’un sourire s’il était devant nous par crainte de s’en manger une. Généralement, mes 1m90, 95 kgs, et mon air un peu trop sérieux, ça calme. Surtout quand je suis énervé. Faut pas faire ça, c’est dangereux. Je suis non-violent… en général, mais faut pas me chercher.

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8 commentaires sur “Bruno Roger est tout petit.

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  1. Je n’ai pas tout lu, car je connais BRP par ses écrits pendant l’élection 2007: fervent strauss kahnien il a beaucoup « démoli » la candidate de la gauche lors de cette élection cruciale. Cette candidate qui a commencé à apparaitre dans les medias tandis que toute la gauche (et moi!) se demandaient si enfin le PS allait annoncer leur prochain candidat.
    Ont-ils « donné » la France à SKZ pour que la droite fasse des réformes indispensables mais impopulaires? …J’ai mon opinion…
    Le fait est que des réformes ont été faites, d’une manière qui n’est pas celle qu’aurait employé la gauche de S. Royal.

    IL NE FAUT PAS QUE CELA RECOMMENCE!

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  2. … Ceci dit il faut maintenant cesser avec cette litanie qui se diffuse à tout propos: antisémitisme, ou danger islamiste. Assez avec ces manipulations mediatiques.

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  3. c’est Onfray qui va être content!!

    Après s’etre pris un contre-argumentaire vidéo en bonne et due forme dans la poire, il pourra revenir en hurlant!!! « je vous l’avais dis que Mélenchon était pas bien!! gna gna gna!! »

    ET on lui balancera encore un SCUD dans la tronche!!!!!

    LOL
    PS: merci Causeur!!

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  4. C’est marrant tous ces journaleux prêt à tout histoire de s’attirer les bonnes grâces du nouveau maître des lieux. On en vient presque à souhaiter la victoire de Sarkozy, histoire de récompenser les larbins restés fidèles alors que tout est cuit.

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  5. @jocegaly 17 avril 2012 à 14 h 30
    J’ai suivi très précisément ce que racontait BRP sur le blog « FM2007 » : il est mensonger de dire qu’il a « beaucoup “démoli” la candidate de la gauche lors de cette élection ». La seule chose qu’on pouvait lui reprocher c’est de ne pas assez pousser la candidate (trop souvent il se contentait de dézinguer Sarko). Mais jamais il n’a dit un mot contre la candidate PS (les acrchives sont dispo tu peux vérifier http://francois-mitterrand-apotres.hautetfort.com/archives/date/200703.html )

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