D’un journalisme idéologiquement orienté qui se « quatremerdise »

Permettez moi de vous confier mon sentiment, Monsieur Quatremer : vos coulisses sentent.

Puisque cet ersatz de journaliste,  qui viole régulièrement la déontologie de sa profession ¹,  se permet d’utiliser le patronyme  du candidat du Front de Gauche (qui quant à lui rappelons-le représente plusieurs millions de personnes là où ce Monsieur ne représente que lui-même) comme une forme d’insulte, qu’il me permette d’opérer de semblable façon sans qu’il ne s’en offusque avec une trop évidente mauvaise foi. Entre blogueurs politiques, c’est de bonne guerre. Mais qu’il me permette toutefois d’élever le débat qu’il à lui même posé en me basant davantage sur la qualité des arguments produits que sur l’amalgame utilisé à des fins idéologiques contraires à sa profession. Il est en outre difficile d’oublier que Libération fut autrefois un journal de gauche… Comme quoi le libéralisme est une idéologie transversale à bien des partis… Ce que nous dénonçons. Mais là n’est pas le propos.

De prime abord, qu’il me permette de le féliciter pour le petit nettoyage de printemps réalisé sur son blog au look plus clair que celui que ma mémoire avait gardé lors de ma dernière visite. Ce ravalement de façade ne parvient pourtant que difficilement à illuminer l’indigence de la pensée.

En effet, le ressort de l’analyse, si l’on peut appeler cela ainsi,  comme l’homme est un peu creux…  (« Est-ce que ça fait du bruit, là-dedans, quand j’la remue » dirait Jean Yanne… D’où le cadeau bonus de la fin du billet). Jugez plutôt  :

« Aujourd’hui, place de la Concorde, à Paris, Sarkozy n’a pas hésité à faire écho aux propositions du leader de Front de Gauche sur l’euro, lui qui se posait jusque-là en « sauveur » de la monnaie unique. Il a ainsi promis « d’ouvrir le débat » sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE)« .

Avant d’écrire une telle ânerie, cet humble correspondant local affecté aux bruits de chiottes couloirs de la technocratie libérale européenne dans laquelle il doit certainement nager comme un poisson dans l’eau (indéniablement, il a des dispositions…) aurait dû s’aviser – c’est un peu tard – de ce que celui dont il cherche peut-être à capter l’attention ² par un anti-sarkozysme bien tardif ³a prononcé exactement la même idée avant le Président candidat sans que Monsieur Quatremer ne songe à s’en émouvoir, et n’a pas que je sache stigmatisé de même manière François Hollande. Dont acte : on sait à présent pour qui roulera le courtisan…

  Puis-je me permettre en outre de faire remarquer sur ce point à notre illustre éditocrate libéral que ce n’est pas la première ni la seule  idée reprise par un candidat à la présidentielle depuis quelques semaines ? J’observe d’ailleurs avec une certaine ironie le fait qu »il n’y ait pas que ce seul Sarkozy qui semble apprécier les idées de Jean-Luc Mélenchon tout en nous dénigrant, mais l’ensemble de la classe politique qui pille allègrement ces derniers temps notre programme. Nous nous en félicitons car c’est le signe de la popularité de nos idées, et de ce qu’elles ne sont pas si irréalistes et archaïques qu’une certaine élite journalistique, dont Monsieur Quatremer,  tente de le faire croire… C’en est la preuve irréfutable.

Ensuite, entrons dans le vif du sujet : le rôle de la BCE. « Il peut difficilement dénoncer les taux de la BCE qui sont à 1 % », nous dit Monsieur Quatremer. C’est aller un peu vite en besogne car si les taux ont effectivement baissé depuis peu (pour ne pas donner prise à la critique, si prévisible ?), il semble soit mal informé, ce qui est plus grave pour un journaliste que pour un quidam comme moi, soit sujet à des pertes de mémoire pour lesquelles il devrait peut-être consulter. Je me souviens très bien quant à moi du travail respectable de ses confrères new-yorkais qui ont révélé que la ruine de la Grèce – comme la rumeur populaire  s’en répandait déjà bien avant – n’a pas fait le malheur de tout le monde, et notamment d’une certaine banque qui n’est pas pour rien dans la crise des sub-primes pour le peu que je sache du sujet. Cette même banque dont on retrouve comme par hasard un nombre de dirigeants significatifs à la tête de gouvernements de plusieurs pays européens, pour y appliquer la même démarche dont on tente de nous faire croire qu’elle est motivée par un pragmatisme indéniable là où je penche davantage quant à moi pour une idéologie qui ne dit pas son nom. N’éreinte-t-elle pas la plupart des peuples européens sans aucune considération pour l’être humain au cœur de ces politiques désastreuses, au point de ne même plus lui laisser de quoi vivre dignement ? Ne s’apparente-t-elle pas à une forme sinon de fascisme – connoté idéologiquement et historiquement – du moins de tyrannie qui avance masquée ? Ne possède-t-elle pas les mêmes caractéristiques, dans la mesure où elle applique aux peuples d’Europe toujours le même mécanisme qui les fait si visiblement souffrir, au point que les suicides se multiplient ? Je serais ainsi curieux de voir un billet de Monsieur Quatremer répondre à ce sujet qu’il me semble éluder alors qu’il est central dans l’esprit de l’opposition à la ligne idéologique dont il est l’un des rouages,  plutôt que de s’ingénier à se perdre en polémiques perpétuelles et lassantes envers l’un des rares politiques français qui combat avec fermeté cette doxa libérale dominante qui nous entraîne vers le pire plutôt que le meilleur.

Celui-là, je le garde précieusement, c'est pour ma collec... Il a lu ce billet, au moins, avant de pleurer et calomnier ?

J’en profite pour condamner avec la plus vigoureuse des énergies ce procédé mesquin et indigne, qui nous blesse tous inutilement, auquel nous avons déjà été confronté de la part des mêmes acteurs, qui consiste à nous amalgamer avec le Front National, comme ce fut également le cas à l’occasion de l’épisode du NON de 2005. Alors que nous faisons partie de ceux qui combattons l’extrême-droite avec la plus grande ténacité, non seulement dans les discours mais au quotidien,  autour de nous, nous sommes outrés et las de voir œuvrer cette paresse d’esprit dont le fameux dessin de Plantu s’est fait l’interprète. Il ne correspond nullement à la réalité puisque là où le Front National tend à se recroqueviller sur l’idée fantasmée d’une nation entourée de barbelés et rejetant toute idée de différence, nous sommes quant à nous universalistes, et fiers de ce mélange qu’a magnifié Mélenchon à l’occasion du discours de Marseille. Que Quatremer consulte donc son propre journal pour y trouver la confirmation de cette ode à la diversité qui nous fait tant plaisir et réveille nos tripes. Tout cela pour dire que la démonstration qu’entend apporter le journaliste de Libération (de gauche, vraiment ?) de la convergence de vues entre le FN et le Front de Gauche est mensongère, même sur le point qu’il indique. Nous entendons clairement demeurer européens, nous tenons à cette appartenance. Simplement, nous ne voulons pas de cette Europe là, celle qui est mue et structurée exclusivement au travers du prisme étriqué des seuls intérêts financiers, et non du bien-être des populations. Nous voulons davantage de démocratie dans une Europe qui pour l’instant avance à marche forcée contre les êtres humains avec des institutions centrales dont la plupart des dirigeants ne sont même pas démocratiquement désignés, alors que leurs décisions influent si considérablement sur le sort et la vie quotidienne de nos concitoyens européens. Dans ce contexte, remettre en cause le rôle de la BCE n’est donc pas si ridicule, dramatique et impossible que Monsieur Quatremer veut en accréditer la thèse. D’ailleurs,  c’est un débat qui n’est pas le seul apanage de la France, et prend vie dans bien des pays actuellement. N’est-il donc pas choquant pour Monsieur Quatremer que, contrairement à ce qui se passe aux états unis ou la FED prête directement aux états, la BCE passe par des intermédiaires privés, les banques, qui se réservent le droit de prêter au taux qu’elles ont décidé, au vu des observations d’agences de notations dont on a pu voir à quel point leur fonctionnement est sérieux, fiable et indépendant… sans même parler d’éventuels conflits d »intérêts dans lesquels elles sont potentiellement impliquées, comme certains experts l’ont démontré. Monsieur Quatremer trouve-t-il donc normal que le culte du marché roi dont il se prévaut puisse demander aux contribuables de supporter un poids de la dette à des taux bien supérieurs à ceux pratiqués aujourd’hui en cas de  méfiance desdits marchés envers un gouvernement, par exemple de gauche, qui n’appliquerait pas sa seule idéologie restrictive et aliénante ?

Enfin,  pour ne pas alourdir davantage le poids de ce billet devenu illisible par sa longueur, laisser croire aux lecteurs de Libé que Sarkozy et Mélenchon, c’est la même chose, puisque ce sont les mêmes idées, relève d’une risible tautologie. qui n’éclaire que votre propension suspecte à vouloir à tout prix salir le candidat du Front de Gauche.  Celle-ci est en outre aggravée par l’obsession de Monsieur Quatremer de nous classer par le biais de Monsieur Mélenchon dans le camp de ceux qui prônent des régimes totalitaires, puisqu’il  termine de surcroît son billet par l’influence de conseillers occultes en provenance directe de la droite extrême, ce qui tend à valider la thèse du « FN et Front de gauche, mêmes extrêmes populistes ». La thèse est fausse. Réveillez vous, elle est même largement dépassée. Nous, nous avançons..

¹ je vous inviter d’ailleurs à décompter par vous-mêmes le nombre d’items violés…( Revoir la charte d’éthique du journalisme). Personnellement, j’ai relevé au moins 6 points, un autre étant en ballotage…

² … sinon à s’attirer les bonnes grâces dans une perspective carriériste… Comme s’y préparent je l’observe bien de futurs courtisans. Mais je ne voudrais pas être médisant.

³… Ceci d’autant plus que le Monsieur faisait bien moins le malin devant le Président, et s’est montré bien plus lèche-bottes diplomate si mes souvenirs sont justes.

3 réflexions sur “D’un journalisme idéologiquement orienté qui se « quatremerdise »

  1. Lundi 16 avril 2012 :

    Sarkozy, sa montre à 55.000 euros.

    « Si à 57 ans, on n’a pas une Patek Philippe, on a raté sa vie ». Tel pourrait être le slogan séguéliste du candidat Sarkozy version 2012.

    « Patek Philippe », c’est la marque de la montre que le président-candidat (du peuple) portait au poignet, hier, et qu’il a manqué de perdre lors d’un bain de foule à l’issu de son meeting, place de la Concorde.

    La montre, en or blanc, modèle 5140 G de l’horloger suisse – l’un des plus prestigieux -, lui a été offerte par son épouse Carla Bruni en janvier 2008. Son prix ? 65.000 francs suisses, soit environ 55.000 euros.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/le-reveil-politique/20120416.OBS6230/sarkozy-sa-montre-a-55-000-euros.html?google_editors_picks=true

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