NON, les allemands ne sont pas retournés à l’âge du charbon !

Voilà une information scientifique précise qui va en défriser plus d’un. Surtout parmi ceux qui ont choisi de ne plus porter ce sujet dans la campagne pour des raisons purement électoralistes de court terme, au mépris de l’intérêt collectif durable.  Probable même qu’AREVA et les lobbies nucléaristes se dépêchent de diffuser rapidement une autre étude beaucoup mieux sponsorisée à l’apparence toute aussi sérieuse qui viendra opportunément prouver le contraire assez rapidement aux ignorants que nous sommes, si la nouvelle s’ébruite un peu trop au goût d’intérêts économiques supérieurs…

La rumeur si généreusement propagée selon laquelle la sortie du nucléaire décidée pour des raisons électoralistes par le gouvernement de Merkel entraînerait davantage de recours au charbon,  et donc davantage de pollution, est erronée, selon les conclusions du travail mené par un chercheur de l’IDDRI (Institut de développement durable et des relations internationales) dont le site du réseau Sortir du nucléaire fait état ici.

La raison essentielle en est train simple, et je l’avais déjà abordée  au moment de la décision officielle allemande : il ne s’agissait  pas d’une décision brutale,  qui aurait été due à l’accident de Fukushima, mais du fruit d’une culture démocratique en terme de réflexion et de concertation écologique plus mûre chez nos voisins d’outre-Rhin que chez nous, où il n’y a jamais eu de véritable débat sur le sujet. Selon les amis du Réseau Sortir du nucléaire, on peut faire remonter la décision à un  projet de tournant énergétique dont l’origine date de 1998, début de la coalition gouvernementale entre le SPD (parti social-démocrate) et les Verts, qui a duré jusqu’en 2005. Ce projet comportait quatre volets principaux :
- substitution des énergies fossiles par les énergies renouvelables ;
- amélioration de l’efficacité énergétique ;
- réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
- sortie du nucléaire échelonnée jusqu’en 2022.

La réforme allemande « du 30 juin 2011 a rassemblé les quatre grands partis (les SPD, les Verts, les conservateurs CDU et les libéraux FDP) autour de la sortie du nucléaire, mettant fin ainsi à 40 ans de conflits sur cette question », avec 83 % des voix. La thèse des défenseurs du nucléaire si largement répandue par notre président VRP du nucléaire français,  soutenu par l’UMP voir au delà,  est donc totalement caduque et relève davantage de la propagande idéologique qui se couvre sous un prétendu pragmatisme (comme toujours chez les libéraux pur jus) que de la stricte réalité.

Et oui, que des railleurs le veuillent ou pas et nous qualifie d’archaïques et rêveurs, un autre monde est possible. Voilà comment nos voisins ont fait : en diversifiant tout simplement le recours aux énergies alternatives, dans les proportions de ce tableau :

Voir la totalité de l’étude de l’IDDRI, en français ?

C’est ici.

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