Sarkozy invente une nouvelle étoile jaune : l’étiquette syndicale

Source : Le blog de Fañch

A présent, en Sarkozie, l’ennemi n’est plus seulement l’étranger, de préférence arabe donc forcément islamiste à tendance si possible radicale, ou le fonctionnaire, le gréviste, l’anti-nucléaire,  l’écologiste, le bénéficiaire de minimas sociaux -assisté, le socialiste… mais également le syndicaliste. Il ne va bientôt plus rester grand monde pour voter pour lui, si ça continue !

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Comme je ne comprends pas tout, j’aimerais bien que quelqu’un m’explique : quel intérêt  peut avoir le Président de la République à calomnier, injurier, mépriser et faire huer les syndicats par ses auditoires dans ses meetings. On se souvient tous du fameux (il a laissé des traces dans nos cœurs…) « quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit« , d’une  ironie méprisante et méprisable – qui n’a fait rire que les gens de droite parmi les plus obtus – fort regrettable  pour un élu du peuple  garant devant lui de son unité nationale.  C’est d’ailleurs cette attitude qui a permis ensuite aux syndicats de trouver un contexte favorable pour entraîner des millions de français dans la rue,  face à une réforme aussi stratégique que celle des retraites. Dans ce combat, qui  contribua à révéler le visage autoritaire de la manière de gouverner du Président de la République et de l’UMP, ne furent-ils pas quelque peu perdants, malgré les apparences, puisqu’ obligés de passer cette réforme en force, sans véritable négociation, ni particuliers égards envers une masse populaire qui dans trois semaines, au moment de voter, saura s’en ressouvenir ?

En outre, n’y a-t-il pas une certaine mauvaise foi et une grande cohérence intellectuelle à railler les syndicats sur leur peu d’efficacité pour ensuite passer son temps à leur taper dessus, s’ils ont si peu d’importance ? C’est un peu contradictoire, non ? La seule hypothèse que je puisse esquisser pour expliquer cette étrange violence présidentielle envers des syndicats qui représentent, qu’on le veuille ou non, des millions de salariés, c’est qu’il tente de nouveau, comme avec l’immigration et la sécurité, de faire un appel du pied à l’électorat réac et frontiste, qui je le sais pour l’avoir subi à mes dépends, ne hait rien davantage que les étrangers, sinon les syndicats et les fonctionnaires, quand il ne met pas tout le monde dans le même sac, plus habitué à l’amalgame facile qu’à une réelle finesse d’esprit et de jugement. Le portrait idéal du gauchiste fantasmé, pour ces gens là, peut en effet se résumer à un fatras de lieux communs qu’on m’a maintes fois balancé à la figure, sur mon blog ou ailleurs : islamophile-collabo, fonctionnaire, syndicaliste, bon à rien et Jean foutre d’une oisiveté coupable, et de surcroît, abominable et insupportable perversion, de gauche… Vraiment.

On ne rit pas. Et on m’explique : c’est quoi son intérêt, dans l’histoire ? Car s’il repassait, il lui faudra bien compter avec les partenaires sociaux pour gouverner, sous peine de nous retrouver tous les lundis de chaque semaine à voter pour tel ou tel référendum sur tout et n’importe quoi, faute de corps intermédiaires.

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 En complément : en réponse aux attaques de Sarkozy,  lire :

la réponse d’Edouard Martin, syndicaliste CFDT d’arcelor-Mittal Florange

la réponse de la CGT Filpac (métiers du livre et de l’édition, mis en cause à l’occassion du meeting de Nantes par le président/candidat)

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4 réflexions sur “Sarkozy invente une nouvelle étoile jaune : l’étiquette syndicale

  1. Faut voir le bon côté des choses, ils tape moins sur les arabes et les chômeurs, quand il emmerde les syndicats. (Quoi ? Comment ça je suis pas drôle ?)

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  2. La lie du peuple : femme lesbienne petite réunionnaise fonctionnaire et syndiquée… manque plus qu’il commence à taper sur les handicapés. Ah, quand même, avec la RGPP, on peut rajouter future chômeuse au pédigrée !

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