le front du peuple aux couleurs de Grigny

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« Si vous faites les moutons, vous serez tondus ! »

Hier après-midi, le candidat du Front de Gauche était à Grigny, une commune du sud-est parisien (ici), dans le quartier de la Grande Borne, qui ressemble à ça :

Il est probable que les journalistes n’y soient pas forcément bien aimés car ils ont plus l’habitude d’en parler à l’occasion de ce genre d’événements plutôt que d’autres plus positifs comme il y en a toujours,  et partout – le verre à moitié vide ou plein ! – ou lors de la venue d’un responsable politique d’un tel acabit, plutôt rare en ces lieux. L’une des rares fois où l’on a vu un politique de ce niveau (ou pas…) dans une cité de banlieue, n’était-ce pas pour y mépriser, insulter et amalgamer  les jeunes à une minorité de délinquants qui ne représentent aucunement la population réelle  ?

Cadeau de l'ami Nathanael du blog Le Cri du Peuple

A Grigny comme ailleurs, Jean-Luc a détaillé son programme, de la même manière tout aussi convaincante, motivée, riche de ses fortes convictions, pour lesquelles nous nous sentons si bien représentés, d’où son succès grandissant, qui n’étonne que ceux qui ne sont pas inscrits aussi fortement que nous dans le terreau populaire.

Il a commencé son discours en lançant une boutade à ceux qui tentent de le caricaturer en laissant croire qu’il venait y faire son show, plutôt que d’y partager, avec les gens des cités aussi, des idées. Le candidat a rappelé que Grigny était située à la lisière de la zone industrielle la plus importante et la plus riche d’Europe (la commune est intégrée par l’Insee à la zone d’emploi d’Orly), ce dont les habitants de l’une des villes la plus peuplée, la plus jeune et la plus pauvre du bassin parisien ne profitent pourtant guère…

« ah, vous allez en voir des gens qui ont la solution toute faite, petits groupes ou grands partis, qui prétendront savoir mieux que ceux qui s’y trouvent ce qu’il convient de faire. Des listes de mesures, il y en a, mais en vérité on en trouvera toujours davantage parmi les gens eux-mêmes qui s’organisent. Nous sommes toujours plus forts de notre intelligence collective…« 

Immigration, sécurité, économie, emploi, éducation, les thèmes les plus essentiels ont été abordés pendant ce discours de 39 minutes pendant lesquelles il a voulu s’adresser de manière plus personnelle aux gens rassemblés là : « les parents d’ici valent les parents de partout. Tous aiment leurs enfants et ont envie qu’ils réussissent. »… Chaud au coeur pour ceux que ça fait sûrement plaisir de se l’entendre dire, et qui en ont marre des clichés, des préjugés, et des stigmatisations habituelles…

Il s’en est pris à juste titre, par delà sa seule petite personne et pour tous les gens qu’il représente, à ceux qui en ce moment le désignent à la vindicte populaire sous les prétextes les plus fallacieux et hypocrites, et pour certains, tellement excessifs qu’on aimerait qu’ils soient plus clairement condamnés. Ainsi, la présidente du MEDEF, un syndicat patronal qui a le droit quant à lui de défendre des idées et des intérêts propres à sa caste quand les syndicats de salariés n’auraient pas le droit de le faire, et se voient gravement calomniés par le Président de la République en personne, du jamais vu. « Oui, Madame Parisot, c’est un mouvement révolutionnaire. Cette femme a dit que je représentait la terreur. Pour son portefeuille, j’en conviens. Mais peut-être que son cerveau est réduit comme son cœur a son portefeuille. » … je ne croyais pas si bien dire, ou plutôt écrire, avant que je voie cette vidéo ou lise les commentaires de ce discours, en écrivant ce billet là, hier…

Au moment où les sympathisants du Front de Gauche sont en train de construire ce qui n’est déjà plus le Front de Gauche mais le front du peuple, pour reprendre les mots du candidat, et que nous sommes en train de porter ce mouvement au dessus de Madame Le Pen, au dessus du FN, il est dommage d’assister à « un tir de barrage incroyable »… Qu’est-ce que cela veut dire ? Pourquoi ne s’en prennent-ils pas plutôt au FN et à Sarkozy ? « Fichez nous la paix » ! « Nous avons sorti le chien de garde (du capitalisme : le FN), et nous sommes en train de libérer la parole politique en France grâce à notre travail ! » Vraiment content de le voir dit, et écrit, au moins ici…

Aussi, il est d’autant plus incompréhensible que des journalistes américains de droite, peu inventifs manifestement, comparent Jean-Luc Mélenchon à un singe après avoir fait de même avec Morales, Chavez ou Obama. « je suis fier de faire partie ce club là » ! Il est incompréhensible, honteux et d’autant plus indigne de quelqu’un qui se prétend socialiste comme Monsieur Collomb compare le candidat du front de gauche à Pol Pot, le dictateur sanglant d’un régime qui a engendré un plan d’extermination de deux millions de personnes, ce régime des khmers rouges que Jean Luc a explicité aux habitants de Grigny. Et après, les mêmes vont dire que nous serions nous facteurs de division ? Pourtant, qui porte le plus fièrement la parole de la gauche ?

« Le moment où nous sommes tous des rois, c ‘est celui où se ferme le rideau de l’isoloir« , dira encore Jean-Luc, nous rendant notre dignité perdue…

« Ce pays est à nous. D’où que viennent vos parents, quelle que soit la couleur de votre peau, quelle que soit votre religion, garçons ou filles, la France est grande si vous y êtes ».

Message reçu.

La vidéo est ici :

L’ami Nathanaël, qui lui y était, en fait un billet plus circonstancié et personnel là.

je vous invite également à lire l’intéressante analyse inspirée du concept « agir local pensez global » du P’tit grignois,  organe du Parti de Gauche des Lacs de l’Essonne,  dont j’ai pris connaissance par l’intermédiaire du même Nathanaël. Une brochure de très grande qualité.

Bon, les diées, c’est pas tout, mais moi, il faudrait bien que je pense à manger… Mon corps me rappelle à l’ordre.  Bien le bonjour par chez vous.

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