Les contours de la mélenchophobie sont un peu trop roses à mon goût

Source Pascal Colrat (cliquez sur l'image pour en voir d'autres)

Les donneurs de leçon médiatique finissent toujours par être confondus par la réalité. Ce n’est qu’une question de temps. Je le dis pensant à Jérôme Cahuzac dont le pire des déclarations n’est pas le mensonge politicien à propos de négociations qui n’existent pas. Pour en prendre la mesure vous vous souviendrez que j’ai exprimé à plusieurs reprises mes inquiétudes sur les coupes massives dans les dépenses publiques qu’implique le projet de François Hollande. Or , Jérôme Cahuzac, chargé du budget dans son équipe vient de confirmer très précisément l’ampleur de ces coupes dans Le Monde du 28 mars. Cahuzac me donne malheureusement raison là où Patrick Cohen et Libération m’accusaient de tromperie. Le 1er février dernier, sur France Inter, j’avais indiqué que François Hollande prévoyait de baisser les dépenses publiques de 50 milliards d’euros. Je m’appuyais pour cela sur les tableaux présentés dans son programme aux pages 40 et 41. Hollande y propose que la part des dépenses publiques dans la richesse du pays passe de 56,5% en 2012 à 53,9% en 2017. Cela signifie qu’il veut moins de dépenses publiques pour le pays qu’il n’y en a aujourd’hui dans la France de Sarkozy. Son projet représente une baisse des dépenses publiques de 2,6 points de PIB soit 50 milliards environ. A l’époque, dans la deuxième partie de l’émission de France Inter, on se souvient que Patrick Cohen avait contesté ce chiffre. Il s’était fait l’écho de protestations reçues au moment même où nous parlions, en temps réel, de l’équipe de François Hollande. C’était une scène assez surréaliste. Puis, dans la foulée, c’est Libération qui prétendait contrer « l’intox » de Mélenchon en qualifiant mon analyse de « tordue ». Vous pouvez retrouver l’article sur le site internet du journal. Un mois et demi après, le conseiller budgétaire de François Hollande en personne passe aux aveux et me donne donc raison. Bien sûr, vous n’en lirez aucune mention dans Libération et n’en entendrez rien dans la matinale de France Inter. Je vous livre donc la citation exacte de Jérôme Cahuzac dans Le Monde du 28 mars : « François Hollande a choisi, lui, de ramener le rythme de progression, en volume, de la dépense publique, de 1,7 % l’an ces dernières années, à 1,1 %. Avec des hypothèses de croissance assumées, cela diminuera la dépense publique de 2,6 points de PIB en 2017, soit une économie de 50 milliards d’euros. » C’est exactement les chiffres que j’ai donnés, à la décimale près !

Chacun sait donc désormais à quoi s’en tenir quant au programme d’austérité du candidat socialiste. Et si vous n’avez pas bien compris, lisez encore Cahuzac : « Pour annuler le déficit public en 2017, il faut un effort de 4 à 5 points de PIB [produit intérieur brut] dans la mandature. Nous y sommes prêts. » « 4 à 5 points de PIB » représentent entre 80 et 100 milliards d’euros. Puis Cahuzac explique en quoi consiste l’austérité selon Hollande en prenant un exemple concret : « Clairement, cet objectif interdit la création nette de postes dans la fonction publique d’Etat pendant le prochain quinquennat ». Jérôme Cahuzac confirme ce que François Hollande a déjà reconnu : toutes les créations de postes seront compensées par des suppressions ailleurs. Dis autrement, pour créer 60 000 postes dans l’Education et 10 000 dans la sécurité publique, François Hollande va supprimer 70 000 postes de fonctionnaires supplémentaires. Je me permets donc de poser une question simple : où veut-t-il supprimer 70 000 postes de fonctionnaires supplémentaires dans les cinq prochaines années ? Où-juge-t-il que c’est possible ? Pourquoi ne le dit-il pas ?

Jean-Luc Mélenchon, face à l’artillerie lourde

Il est effectivement surprenant d’entendre la sempiternelle caricature se faire de plus en plus violente envers le Front de Gauche, constituée par,  sans cesse,  les mêmes éléments de langage : programme inexistant, peu crédible (alors que plusieurs économistes de renom le soutiennent…), archaïque (le pire des archaïsmes n’est donc pas celui qui plonge la Grèce, l’Italie, et maintenant l’Espagne dans cette folie austéritaire contre-productive ?), violence de Jean-Luc Mélenchon (la pire des violences n’est-elle donc pas celle que le système capitaliste est en train de faire subir aux peuples ? A-t-il déjà frappé quelqu’un ? Ne confond-on pas ici violence avec passion et force des convictions ? ), et cet éternel risible argument du vote utile alors que l’utilité irréfutable de notre intervention dans cette campagne est de plus en plus indéniable… Comme je l’ai lu sur le billet (voir ci-dessous) de Rodolphe, on se demande bien pourquoi, si nous sommes si ridicules, petits et méprisables, si insignifiants, si démodés, on dépense ici et là tant d’énergie à nous taper dessus et à nous faire la leçon de l’exemplarité du comportement et de la méthode… que l’on n’applique en outre qu’aux autres et surtout pas à soi. Ainsi, j’ignorais cette terrible anecdote (mais elle ne m’étonne guère) citée par Jean-Luc Mélenchon dans ce même billet qui cite « Gérard Collomb, le maire de Lyon, vieux complice de Hollande dans les grandes manœuvres d’appareil au PS. Dans Le Figaro du 29 mars, il explique à mon propos : « Le modèle qu’il défend, on l’a essayé en URSS, au Cambodge, ça ne marche pas ». Jusqu’ici on n’entendait ces âneries que dans la bouche des soutiens de madame Le Pen. Désormais, le FN et le maire PS de la deuxième ville de France utilisent les mêmes mots contre le Front de Gauche. « 

Tout est dit. Et écrit. Nous autres, électeurs du Front de Gauche, saurons nous rappeler de ces paroles inutilement blessantes. Elles ne sont d’autant plus pas un cas isolé que ce n’est pas la première fois qu’on tente de nous faire passer pour les fachos que nous ne sommes pas, nous qui luttons pied à pied contre les idées nauséabondes du FN et d’ailleurs, alors qu’une partie de l’intelligentsia socialiste tente de nous amalgamer avec ce parti extrémiste. Rappelons, c’est utile, que nous ne sommes pas d’extrême gauche, mais de gauche, tout simplement, là où le PS s’est laissé embourber dans les sables mouvants du libéralisme, ce qui lui vaut d’être déserté par les couches populaires… et son centre de gravitation se déplacer insensiblement vers le centre, que l’on croit plus mobilisateur pour attirer davantage d’électeurs, alors que c’est tout l’inverse qui se produit, comme l’ont prouvé amplement les dernières élections présidentielles, dont l’une d’elles a même vu, Ô grand exploit particulièrement socialiste du parti hégémonique, le Front National lui ravir la seconde place sur le podium du deuxième tour… Bel exploit ! Et ces gens là nous donneraient des leçons sur le mode du  Comment gagner les élections ? Allons, allons, un peu plus de réalisme, s’il vous plait, chers cousins… On eusse assez apprécié que vous réserviez vos critiques acerbes et votre violence verbale envers ceux que le candidat et les militants du Front de Gauche sont en train, sinon de terrasser, du moins de réduire à une proportion plus limitée… Qu’avez-vous fait, à ce sujet, pendant ces vingt dernières années ? Sinon vous complaire dans de beaux discours mondains…

ça suffit comme ça ! Front contre Front !

Amis  socialistes, à votre tour, ne vous trompez pas de colère…

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Sur ce même sujet, il est également utile de lire (et certainement bien d’autres…)  :

Mélenchon, sujet unique de la campagne, de Rodolphe Pourrade

Apathie, Barbier, Raffy : le Front de Gauche vous dit merci, le Cri du Peuple

La mode du Mélenchon bashing !  de Letang-moderne

Le Front de Gauche, ça agace ! de Romain Jammes

Le PS dindon de la farce Sarkozy! d’A gauche pour de vrai!

Quatremer, ou du hasard en journalisme, d’ Oskar K. Cyrus

et comme il n’y a pas de raison de s’accorder moins de considération qu’aux autres, oserais-je me citer ? Pour en finir avec Barbier, de votre humble serviteur…

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