Il ne fait pas bon vivre en France quand on est vieux pauvre et malade

Le dernier rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale est formel : le bilan social de Nicolas Sarkozy est une catastrophe.

Y a-t-il un sujet plus sérieux, une urgence autrement  prioritaire, parmi tous les thèmes de campagne abordés (ou pas…) par les candidats à l’élection présidentielle ? je viens de lire dans son intégralité le rapport de l’ONPES (Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale) et constate que la situation de la pauvreté et de la précarité en France n’a que rarement été aussi préoccupante dans notre pays. Pourtant, qui en parle ? Il est à l’évidence plus facile de brandir les sempiternels épouvantails politiques d’extrême droite… pour lesquels on a toujours des solutions radicales. Mais question d’éradiquer la pauvreté, comme s’y était engagé notre président candidat, qu’en est-il du bilan ?

Le rapport de l’ONPES décrit une nette tendance à la hausse de la pauvreté monétaire constante depuis 2005. Le seuil de pauvreté monétaire, qui s’établit à 954 euros mensuels en 2009 pour une personne seule, concerne 13,5 % de la population, soit 8,2 millions de personnes. Ce pourcentage a augmenté de 0,5 point en un an, ce qui représente presque 350 000 personnes de plus.

Près de 4 millions de personnes disposent d’un niveau de vie compris entre 795 euros et 954 euros par mois.

De 1996 à 2004,  comme on peut le constater sur le graphique ci-dessous, le poids des hauts revenus augmente bien plus sensiblement que celui des revenus moyens et modestes.

Les situations les plus préoccupantes se retrouvent parmi les familles monoparentales. En effet, près d’un tiers des personnes vivant au sein d’une famille monoparentale sont pauvres au sens monétaire, soit une proportion 2,3 fois plus élevée que pour l’ensemble de la population. Les familles nombreuses sont également fortement exposées : en 2009, 21,2 % d’entre elles sont confrontées à la pauvreté. Les couples avec un ou deux enfants sont moins touchés et les couples sans enfant enregistrent, eux, les taux de pauvreté les plus bas (7 %).

Les taux de pauvreté sont supérieurs à la moyenne nationale chez les personnes les plus jeunes et chez les femmes de plus de 75 ans :
• près de 18 %, soit 2,4 millions d’enfants de moins de 18 ans sont pauvres monétairement
• près de 25 %, soit plus d’un million de jeunes de 18 à 24 ans sont pauvres, soit le taux le plus élevé pour un groupe d’âge (22,5 %), taux plus important chez les
femmes (23,7 %) que chez les hommes (21,3 %) ;
• plus de 650 000 personnes de 75 ans et plus (soit 12,4 % de cette classe d’âge) sont en situation de pauvreté, majoritairement des femmes (70 %).

Le taux de pauvreté des moins de 18 ans (c’est-à-dire les enfants et les jeunes qui vivent dans une famille pauvre)  atteint 17,7 % en 2009, ce qui représente 2,4 millions d’enfants.

On constate également une répartition très inégale sur le territoire français des zones de grande pauvreté, que vous pouvez visualiser ici :

Une observation à modérer cependant : bien que la région Île-de-France se situe en dessous de la moyenne nationale, elle concentre le plus grand nombre de personnes pauvres, en raison de son poids dans la population totale.

Le pire du pire à présent : près de 2 millions de personnes sont en situation de grande pauvreté, c’est à dire avec un revenu de moins de 640 euros par mois pour une personne seule en 2009.

Les statistiques publiques appréhendent difficilement la grande exclusion, notamment lorsque les personnes concernées sont sans domicile ou n’ont pas recours aux prestations sociales, ou encore parce qu’elles sont en situation irrégulière sur le territoire. Dans la seconde moitié des années 2000, l’INSEE dénombrait toutefois 133 000 personnes sans domicile, statistique sujette à caution. Quoi qu’il en soit, plusieurs études pointent des changements profonds du profil de cette population. Les jeunes et les femmes avec enfant(s) représentent une part croissante des personnes identifiées par les associations. Les travaux de l’Observatoire du Samu social de Paris montrent, par ailleurs, que pour la première fois en 2010, le nombre de familles a dépassé les personnes isolées parmi celles hébergées, ce qui pose la question de l’adéquation du dispositif d’hébergement à ces nouvelles populations.

Le surendettement a fortement augmenté depuis 2008. Il touche principalement les populations qui cumulent des difficultés économiques et sociales : recours massif au crédit à la consommation pour compenser de faibles revenus, isolement suite à une rupture familiale, éloignement de l’emploi (chômage, invalidité ou maladie). Aujourd’hui, le surendettement constitue un facteur important de maintien ou d’entrée dans la pauvreté et l’exclusion sociale. Le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès de la Banque de France a fortement augmenté. Alors que ce nombre s’était stabilisé entre 2005 et 2007, il a augmenté de 23,3 % entre 2008 et 2011 pour s’établir à 232 500 dossiers.

La pauvreté en emploi touche un travailleur sur quinze. Si l’emploi reste un rempart contre la pauvreté, disposer d’un emploi n’est plus une condition suffisante pour franchir le seuil de pauvreté. Le taux de pauvreté en emploi en France est de 6,7 % de la population en emploi en 2009. Il est particulièrement
élevé pour les jeunes (7,2 %), les personnes isolées (9,1 % pour les hommes et 9,3 % pour les femmes) et surtout pour les femmes seules avec enfants (15,5 %)

Les renoncements aux soins pour raisons financières ont tendance à augmenter et s’expliquent principalement par un cumul de vulnérabilités sociales. Selon le rapport de la commission des comptes de la santé29, le renoncement aux soins pour raisons financières concerne, en 2008, 15,4 % de la population adulte. Le renoncement aux soins se concentre sur les soins dentaires (10 %) et, dans une moindre mesure, l’optique (4 %) et les consultations de médecins généralistes ou spécialistes (3,4 %)

Un panorama préoccupant que nos politiques devraient étudier plus attentivement,  et nous annoncer très vite les mesures concrètes qu’ils proposent pour lutter contre cette infamie française. Le degré d’évolution d’une société se mesure en effet à l’attention et à l’accueil qu’elle réserve à ses pauvres. Et à ses vieux. Et quand on est l’un et l’autre… On vous laisse crever ?

Oui, un autre monde est possible, et c’est parce que je pense profondément que seul le programme du Front de gauche peut apporter des solutions à cette situation indigne que, le 22 avril, je voterai pour Mélenchon, et personne d’autre.

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7 réflexions sur “Il ne fait pas bon vivre en France quand on est vieux pauvre et malade

  1. voilà le résultat de cette société dirigée par des égocentriques sans foi ni loi qui se foutent pas mal du sort de leur contemporains!
    Liberté Égalité Fraternité ne veut plus rien dire dans la France actuelle!
    Aucune excuse aucun argument ne peut être accepté, c’est indigne du genre humain!

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  2. Jeudi 29 mars 2012 :

    Le « système » Bettencourt évoqué par son ex-homme de confiance Patrice de Maistre.

    Patrice de Maistre, ex-homme de confiance de l’héritière de L’Oréal Liliane Bettencourt, a évoqué en sanglots jeudi un « système » de retraits massifs d’espèces pour demander sa remise en liberté à la cour d’appel de Bordeaux.

    La décision, mise en délibéré à vendredi matin, est très attendue car la tension est vive dans ce dossier à moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy étant désormais explicitement mis en cause dans ce dossier. Le parquet général requiert un maintien en détention.

    Patrice de Maistre a été placé en détention à la demande d’un juge d’instruction qui a évoqué deux retraits de 400.000 euros chacun sur la fortune Bettencourt au premier semestre de 2007. L’argent, soupçonne le juge dans son ordonnance, pourrait avoir financé frauduleusement la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy.

    Lors d’une audience publique où les juges ont refusé le huis clos demandé par le parquet, Patrice de Maistre est apparu fatigué. C’est en sanglots qu’il s’est exprimé sur ces retraits.

    « Je n’ai rien fait de ce qui m’est reproché. Ce que je n’ai pas fait, c’est d’arrêter un système qui existait depuis quarante ans », a-t-il dit.

    « Je ne comprends pas, ni de près ni de loin, pourquoi je dois être incarcéré », a-t-il ajouté, évoquant ensuite longuement la souffrance ressentie dans sa cellule de Gradignan (Gironde).

    Me Pierre Haïk, son avocat, a abondé dans son sens dans sa plaidoirie, suggérant aux magistrats de s’adresser ailleurs pour savoir où était allé l’argent. « La destination des fonds retirés c’était M et Mme Bettencourt ou Mme Bettencourt seule. Ce qu’ils en ont fait, ce n’est pas à Patrice de Maistre qu’il faut le demander », a-t-il dit.

    WOERTH DÉJÀ MIS EN EXAMEN.

    Patrice de Maistre est mis en examen pour « abus de faiblesse » notamment car Liliane Bettencourt, 89 ans aujourd’hui, 15e fortune mondiale et placée sous tutelle depuis octobre dernier, souffrait de démence depuis 2006 au moins selon une expertise médicale versée au dossier.

    Les trois juges bordelais chargés de l’affaire depuis début 2011 soupçonnent une ponction de sa fortune à usage privé, notamment pour le photographe François-Marie Banier, mais aussi à usage politique.

    L’ancien trésorier de l’UMP et de la campagne Sarkozy 2007, Eric Woerth, est ainsi déjà mis en examen pour recel d’une autre somme de 150.000 euros, dont il nie l’existence.

    Membre à l’époque des faits de l’association du « Premier cercle » regroupant les donateurs fortunés de l’UMP, Patrice de Maistre a été écroué après le retour d’une « commission rogatoire » (demande d’aide) du juge Gentil à Genève.

    Elle a fait apparaître des retraits en espèces ordonnés par Patrice de Maistre sur la fortune Bettencourt en Suisse de quatre millions d’euros au total entre 2007 et 2009, dont deux retraits de 400.000 euros chacun au premier semestre de 2007, le 5 février et le 26 avril, donc très près du scrutin.

    Le premier retrait précède de deux jours une rencontre Maistre-Woerth, remarque le juge.

    Par ailleurs, dans un carnet saisi par la police, François-Marie Banier rapporte à l’autre date du 26 avril une phrase de la milliardaire : « De Maistre m’a dit que Sarkozy avait encore demandé de l’argent. J’ai dit oui ».

    http://www.latribune.fr/depeches/reuters/le-systeme-bettencourt-evoque-par-son-ex-homme-de-confiance.html

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