gauchiste et fier : l’espoir nous porte, et porte un nom : #Mélenchon

Lentement mais sûrement, le candidat du Front de gauche grignote des parts de marché dans celui de sondages tellement contradictoires qu’ils en deviennent ridicules, leur profusion ne faisant qu’ajouter à l’impression de pourrissement de la démocratie.

 Si j’y croyais un tantinet, je me laisserais volontiers griser par le fait que ces mêmes sondages laissent entr’apercevoir un effritement des intentions de votes pour les candidats favoris des médias, qui ne sont que les leurs et non ceux des électeurs qui jugeront le moment venu ce qui est le mieux à leurs yeux seuls, dans le secret de l’isoloir.

 Pourtant, ces mêmes médias dominants tentent sans relâche de nous les imposer, à la force d’un temps de parole démesuré s’il le faut. Ainsi, TF1 qui prétend donner une heure trente à la candidate du FN quand il en donne généreusement une demi heure à Mélenchon, et se voit contraint au dernier moment – quel aveu de faiblesse et d’iniquité ! – de porter à une heure son intervention tant il séduit même les plus réticents par une prestation de haute tenue. TF1 finira par se laisser piéger par ce qui fait son talon d’Achille : l’appât du gain lié à l’audimat.

 Antenne 2 ne l’a pas encore compris, ou plutôt ce brave Monsieur Calvi au front bas, dont les opinions politiques finissent par se laisser trop facilement deviner tant il s’obstine à ne surtout pas laisser ce candidat là (ou l’un des autres représentants du Front de Gauche) venir chez lui, alors qu’il invite si volontiers la même sauterelle pérorante, aussi bouffie de certitude et d’orgueil qu’elle est dénuée de principes moraux, ce représentant de commerce du FN vu hier sur la chaîne dite publique. On en arrive à se demander si ce Calvi là ne serait pas atteint plus volontiers d’un anti-communisme primaire que d’une sainte horreur du fascisme… Là où l’on sait, sur la même chaîne, la réticence de Ruquier à inviter Madame Le Pen, ce qui est tout à son honneur : le FN, contrairement au Front de gauche, n’est pas un parti démocratique, il se sert de la démocratie pour mieux la piétiner, et j’en veux terriblement au système politique et médiatique dans son ensemble de se laisser imposer par ce parti puant là les thèmes de la campagne de 2012, au point que nos concitoyens s’en retrouvent dégoûtés. Voudrait-on favoriser l’abstention qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Même Hollande, bien qu’à son corps défendant, en arrive à se prêter à ce jeu ignoble dans le sillage sarkozyste de la stratégie volontaire du choc des civilisations.

 Ne souffrant pas du syndrome journalistique hélas trop répandu de la mémoire courte, je me souviens qu’hier, des socialistes, parmi la frange la plus libérale et la plus proche de la droite¹, nous méprisaient, nous traitaient plus bas que terre, nous jetaient l’insulte suprême du populisme à la figure, comme si le peuple était soudain devenu honteux. Puis voyant que cela ne fonctionnait pas, ils ont tenté pour les plus intelligents d’entre eux de nous faire le coup du vote utile, nous prenant par les sentiments, nous accusant parfois de faire le jeu du front national… lorsqu’ils étaient à court d’arguments plus élaborés. La suite a prouvé assez combien ce point Godwin là en est un qui ridiculise aujourd’hui ceux qui l’emploient : qui est en train de forcer Marine Le Pen à mettre genou à terre et l’a réduite peu à peu au silence ? Qui se coltine les fachos sur le terrain et dans les débats, quand ces gens là acceptent d’y venir, de peur d’avoir à fournir une argumentation plus construite que celle qu’ils servent comme une soupe populaire à des gogos qui n’avaient auparavant pas de points de comparaison, tant l’offre politique était affligeante et l’insulte coupait court à l’échange ?

 Aujourd’hui, et encore plus demain, il va falloir compter avec nous. Les socialistes ont commis une erreur grossière, et se sont laissés dépasser par l’évolution de la réflexion et de l’action, populaire justement. Ils n’ont pas su voir que le monde changeait, qu’une partie grandissante du peuple était en capacité de se forger ses propres opinions, de se construire sa propre gauche, moins réformiste, plus sociale, davantage porteuse de projets de rupture et d’alternatives au libéralisme triomphant. Il ne suffit pas de dire et d’écrire que le changement c’est maintenant pour qu’il advienne. Encore faut-il le porter en soi, le nommer, le réfléchir et le construire, en ayant parfois le courage de s’opposer pour qu’il ne constitue pas un simple cataplasme sur une jambe de bois. Ce changement que nous espérons et qui s’avère nécessaire, il apparaît de plus en plus clairement que ce n’est pas Hollande qui l’incarne… de plus en plus mal au fur et à mesure que ses renoncements économiques, sociaux et écologiques apparaissent : le roi est nu… comme le fut hier le président déjà élu par les médias…. je n’oublie pas.

 ¹frange du PS qui ferait mieux de se rallier à Bayrou pour que les choses soient enfin plus claires pour tous.

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5 réflexions sur “gauchiste et fier : l’espoir nous porte, et porte un nom : #Mélenchon

  1. Eh ! Oui, le discours performatif qui crée la réalité qu’il énonce (« Le changement c’est maintenant » du candidat Hollande) apparaît pour ce qu’il est aux yeux des électeurs … du vent !
    La grave crise, le creusement des inégalités, la direction autoritaire de l’Europe … tout cela exigeait une réflexion du PS, mais il n’en a plus les moyens (c’est l’astre mort).
    Vive le Front de Gauche !

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