Ikéa, l’arbre qui cache la forêt… (de nos libertés bafouées).

Aux bonnes âmes qui ne trouvent guère à s’émouvoir devant le phénomène de multiplication des fichiers, qui constitue pourtant une atteinte sans précédents et si peu maîtrisable contre nos droits les plus élémentaires,

à ces gens politiquement si corrects qui estiment que lorsqu’on n’a rien à se reprocher, on n’a pas à craindre la télésurveillance et autres flicages du net comme Hadopi et autres STIC,  je leur laisse méditer l’exemple d’Ikéa, scandale sorti aujourd’hui par le Canard en chaîné, qui publie d’étranges correspondances, dénuées de scrupules quant à la légalité de l’échange de certaines informations théoriquement confidentielles…provenant notamment de fichiers de police.

Ce ne doit cependant pas être l’arbre qui cache la forêt, car cette pratique n’est pas le fait de cette seule société, mais de bien d’autres groupes, comme l’histoire le révèlera plus tard… Extrait, depuis l’angle de tir de  20Minutes.fr :

Le Canard Enchaîné reproduit ce mercredi matin «quelques spécimens» d’emails «parmi la centaine» échangés par le directeur de la gestion du risque chez Ikea France et plusieurs responsables de ces officines. Ces emails contiennent des demandes précises sur certaines personnes, notamment des salariés, mais aussi des clients en litige avec le fabricant de meuble: le responsable d’Ikea réclame à ses interlocuteurs casier judiciaire, nom du propriétaire d’une voiture précise, nom du propriétaire d’un numéro de portable…

En réponse, les patrons d’officines acceptent de fouiller dans les fichiers de la police (Stic, cartes grises, permis de conduire, opérateurs de téléphonie mobile…). Selon le journal satirique, chaque consultation coûtait 80 euros à Ikea. Cette révélation pousserait aujourd’hui les salariés d’Ikea à se tourner vers la justice, selon Le Canard Enchaîné: une dizaine d’entre-eux, syndiqués, va porter plainte pour utilisation frauduleuse de données personnelles, passible au maximum de 5 ans d’emprisonnement et 300.000 euros d’amende. »

A mon grand étonnement, j’ai entendu en revenant du boulot tout à l’heure sur France info l’ex-commandant Pichon, ce « courageux lanceur d’alertes » plusieurs fois évoqué ici, nous mettre en garde contre le risque de stigmatisation de la seule société suédoise, et affirmant qu’il s’agissait d’une pratique courante partagée par bien d’autres grand groupes. Nous voilà rassurés.

Comme de bien entendu, la société Ikéa se décharge de toute responsabilité,  et joue la carte de la totale transparence en arguant du fait  que ce genre de pratiques auraient été commises à l’insu de son plein gré… La suite nous dira quel crédit accorder à cette si  noble posture. Si la justice  et les journalistes font leur boulot.

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11 réflexions sur “Ikéa, l’arbre qui cache la forêt… (de nos libertés bafouées).

  1. La réponse d’Ikea je peux vous l’écrire d’avance: »Initiative isolée d’un salarié que nous réprouvons vivement, contraire aux valeurs de notre entreprise…suite à l’enquête menée par un audit externe (qui je l’espère ne rendra pas son travail à la branche française mais à la direction internationale du groupe) on mettra en place un groupe de travail pour enterrer l’affaire…à la rigueur un ou deux fusibles sauteront aux rh qui devaient être les premiers demandeurs de ce genre de renseignements…le dg actuel dira qu’il est trop récent et que ces pratiques remontent à avant son arrivée…la Suède fera un bon petit sermon luthérien à la direction française » et les affaires reprendront.

    Les magasins continueront à chercher les poux dans les têtes qui les dérangent, tant que l’argent rentre les petits chefs ont de beaux jours devant eux. La fin justifie encore trop souvent les moyens dans cette entreprise.

    A lire la page Facebook d’Ikea France, des clients crient au scandale et à la tentative de déstabilisation de cette si belle entreprise, mais quand comprendront ils qu’Ikea est une entreprise comme les autres, dont l’objectif premier est le profit et ce quels que soient ses discours très politiquement corrects.

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