Sondages truqués : les raisons de la colère… du Front de Gauche

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   source de l’article : Gaétan Supertino, dans l’Express

Le Front de gauche entend dénoncer les sondages par Internet devant le Conseil d’Etat ce mercredi 25 janvier 2012.

Raquel Garrido, avocate de Jean-Luc Mélenchon, met en cause ce mercredi la Commission des sondages devant le Conseil d’Etat. Elle l’accuse de ne pas répondre à ses obligations de transparence et de cautionner des sondages erronés. Explications.

« Nous sommes face à une manipulation de très très grande envergure. » Raquel Garrido, avocate de Jean-Luc Mélenchon et porte-parole du Parti de gauche, est bien plus remontée que n’importe quelle cote de popularité. « Il y a des vagues de sondages complètement erronés qui se baladent en prétendant refléter l’opinion publique. Et ni les médias, ni la commission des sondages ne préviennent les citoyens », fustige-t-elle.

Elle vient de mettre en cause la Commission des sondages devant le Conseil d’État, et l’audience se tient ce mercredi. À l’origine de sa colère: une enquête Harris-Interactive réalisée par Internet, datant de septembre dernier. C’est le traitement par la Commission de cette dernière qui est mis en cause. L’avocate reproche à l’organisme public, chargé de contrôler les sondages et de vérifier qu’ils n’influencent pas l’opinion à partir de données biaisées, d’avoir bafoué la loi. La commission n’aurait pas été en mesure d’expliquer au public les critères sur lesquels Harris-Interactive s’est basé pour parvenir aux résultats parus dans la presse.

« Selon le sondage, l’abstention approche les 0%, c’est impossible! »

« Or la loi impose à l’institut de sondage de déposer une notice à la commission, pour que celle-ci puisse expliquer à n’importe quel citoyen lambda comment l’enquête a été réalisée. Mais nous avons demandé, à plusieurs reprises, à la commission de nous présenter cette notice. Et elle s’est contentée de nous faire parvenir un document de quatre pages incompréhensibles, qu’elle a copié-collé à partir du site de l’institut », déplore Raquel Garrido.

Et, selon elle, le sondage en question, « et c’est le cas de beaucoup d’autre, notamment ceux réalisés à partir d’Internet », serait tout simplement faux. Dans les résultats par exemple, le taux d’abstention approche les 0%. « C’est tout bonnement impossible », estime l’avocate. Ce sondage ne reflète pas la réalité. »

Les sondages réalisés sur Internet en effet, se font en réponse à des mails reçus par un panel d’internautes. Les sondés acceptent d’eux-mêmes de répondre à l’enquête, et ne sont donc pas convoqués au hasard par téléphone. Ceux qui acceptent de répondre le font généralement car ils ont déjà une idée de leur candidat. Ce qui fait qu’il n’y a jamais d’abstention. De plus, les sondés sont rémunérés. « Et cela biaise le jugement », assure Raquel Garrido.

« La Commission des sondages a des moyens ridicules »

Du côté de la Commission, « on ne comprend pas bien » ce qui est reproché. « Le sondage en question respecte les règles, nous l’avons contrôlé. Et la notice du site de Harris Interactive que nous avons envoyé au Front de gauche respecte les critères d’information et de transparence prévu par la loi », explique une source proche du dossier.

« Cette notice est imbuvable. On ne comprend rien à leur panel de sondés, ni à leur méthode. Et ni la commission, ni les médias qui ont relayé le sondage, ne l’ont décrypté au public. Or la commission doit être en mesure de la faire. C’est la loi. C’est grave, car ces sondages influencent massivement l’opinion. Et la commission et sans cesse du côté des sondeurs. Elle ne leur dit jamais rien, contre-attaque l’avocate de Jean-Luc Mélenchon. Mais c’est aussi une question de moyens. Ils ne sont que deux à la Commission des sondages. Et ils ont un budget ridicule. »

« C’est une question très technique, il est difficile de dire si Mme Garrido a juridiquement raison, admet Stéphane Penaud, avocat praticien dans le droit électoral. Et même s’il serait bien que la situation change, car les sondeurs se basent sur des notions très vaguement scientifiques, je ne vois pas un juge condamner la Commission au vu de ces arguments. »

Faire du bruit autour de ceux qui situent Mélenchon à la cinquième place

Le but de Raguel Garrido est de faire annuler le sondage. Le Front de gauche a déjà demandé son éradication auprès de la Commission. Mais celle-ci refuse, assurant que les critères sont parfaitement légaux. L’avocate espère prouver auprès du Conseil d’Etat que la Commission ne connaissait même pas ces critères. Et constituer une jurisprudence, afin que tous les sondages Internet aux critères flous et incompréhensibles pour le public passent à la trappe.

Et si le Conseil d’Etat va dans le sens de la commission, le Front de gauche aura au moins réussi à se rappelerau bon souvenir de ceux qui placent encore Jean-Luc Mélenchon cinquième de la course, à plus de 15 points de Nicolas Sarkozy, et donc du second tour de la présidentielle.

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Résultats de l’entrevue avec le rapporteur du Conseil d’État

1. Triple admonestation du rapporteur public au Conseil d’État: aux journalistes, aux sondeurs, à la Commission des sondages

2. Aux journalistes, le rapporteur du Conseil d’État rappelle qu’ils doivent  mentionner le droit d’accès à la notice pour tout citoyen

3. Aux sondeurs, le rapporteur public rappelle qu’ils doivent déposer une notice avec toutes les mentions obligatoires

4. A la Commission des sondages, le rapporteur public rappelle que #Mélenchon a raison de dire que Harris Interactive a violé la loi de 1977

Maintenant c’est à chaque citoyen de rester vigilant et de systématiquement demander les notices à la commission des sondages

Les citoyens doivent également saisir la commission des sondages dès que les journaux ne mentionnent pas le droit d’accès a la notice

et maintenant.. Place au peuple !

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Sondage truqué par samueldebure

4 réflexions sur “Sondages truqués : les raisons de la colère… du Front de Gauche

  1. Aaaaah! Que c’est bon! On a beau se douter que ce genre de truc existe, cela va mieux en le disant. Cette propagande par les sondages est une arme de destruction massive de la démocratie, insister là-dessus est fondamental, merci de l’argumentaire.

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